Alcide Vital Lataste, en religion Père Jean-Joseph Lataste, né à Cadillac (Gironde) le 5 septembre 1832 - mort le 10 mars 1869 à Frasne-le-Château (Haute-Saône), est un prêtre dominicain, fondateur des Sœurs dominicaines de Béthanie. Déclaré vénérable le 1er juin 2007, il est béatifié par le pape Benoît XVI le 3 juin 2012. Il a été appelé « l'apôtre des prisons ».
Dernier d'une famille de sept enfants, Alcide Vital Lataste est né le 5 septembre 1832 à Cadillac. Ses parents, Vital Lataste et Jeanne Grassiet, tous deux originaires de la région étaient propriétaires d'un négoce de tissus et de quelques arpents de vigne. Bien que libre-penseur, Vital Lataste ne s'opposait pas à la piété de son épouse, qui éleva chrétiennement ses enfants.
Alcide est baptisé le lendemain de sa naissance, sa sœur Rosy, qui rejoindra plus tard les Filles de la Sagesse sous le nom de sœur Saint-Crescentien, fut sa marraine..
À la suite de graves problèmes de santé, Alcide dut quitter Cadillac pour aller vivre à Loupiac, où il restera trois ans. Il en revint guéri, et attribuera ultérieurement cette guérison à ses profondes et nombreuses prières à la Sainte Vierge.
Après avoir étudié à l'école maternelle des Filles de la Sagesse et à celle des Frères du Saint-Esprit, il fut envoyé par ses parents au petit séminaire de Bordeaux, où il fit sa première communion et sa confirmation. C'est là qu'il rencontra Henri Lacordaire pour la première fois.
La vocation sacerdotale grandissait dans l'esprit d'Alcide, mais, par humilité, il craignait d'en être indigne. Admis au collège de Pons pour la poursuite de ses études, dans la section laïque, sur ordre de son père, ses supérieurs ne l'encouragèrent pas à approfondir sa vocation. Seule sa sœur Rosy le soutint et l'empêcha d'abandonner et de devenir indifférent à toute forme de vie religieuse.
En 1850 Alcide passa avec succès son baccalauréat, et retourna chez ses parents pendant une année durant laquelle il écrivit des poésies, consacrant beaucoup de temps aussi à la lecture.
Encouragé par son père, Alcide décida d'intégrer la fonction publique en prenant un poste de contrôleur des contributions. Il travaillera pour l'administration des impôts de 1851 à 1857.
Avec son ami Léon Leyer, il fréquenta le Cercle Fénelon, groupe de jeunes gens chrétiens. C'est là qu'il découvrit pour la première fois l'adoration nocturne du Saint sacrement. C'est là aussi, et toujours par l'intermédiaire de Léon Leyer, qu'il fit connaissance avec la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
Les conférences de saint Vincent de Paul
Le 4 août 1852, Alcide est présenté officiellement à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul où il est accueilli à l'unanimité. Pendant les six ans qu'il passera dans l'administration des Contributions, il sera parallèlement un membre très actif des Conférences, que ce soit à Privas, Pau ou Nérac, où il exerçait son métier.
Le chanoine Mercier dira de lui : : « Doué d'un cœur bon et compatissant, il ne fut pas longtemps novice dans l'exercice de la charité. Se dévouer était pour lui un besoin ; il s'efforça de le satisfaire, à Bordeaux d'abord, et ensuite à Privas. Au dire d'un respectable ecclésiastique qui exerçait alors le ministère dans cette ville, Alcide Lataste ne se contentait pas de se rendre chez les malheureux dont la visite lui était assignée, pour leur porter, en simple commissionnaire, un bon de pain ou de viande : il s'attachait à eux et se les attachait. Ses visites étaient longues et respiraient la plus franche cordialité ; aussi étaient-elles attendues avec impatience et accueillies avec joie. »
Dans toutes les villes où il passait, soit il participait activement aux Conférences existantes, soit il en fondait là où il n'y en avait pas encore, et c'est au sein de ces groupements caritatifs qu'il approfondit et médita les bases de la vie chrétienne tels qu'il les vécut tout le restant de sa vie : la vie communautaire, le souci des pauvres et le culte de l'Eucharistie.
« Faites, ô mon Dieu, que notre Société se consolide, s'étende et se perpétue, avec son esprit primitif de piété de simplicité et d'union fraternelle, afin que ses œuvres, pleinement dégagées des intérêts de la terre, deviennent de plus en plus fécondes pour le ciel. [...] »
Alcide et ses compagnons participaient aux séances d'adoration nocturne, fondement et force de leurs actions caritatives, les deux émanant l'un de l'autre ne pouvant être dissociés dans leur esprit.
En février 1853, Alcide Lataste fut nommé à Privas. C'est là qu'il rencontre Léonide Cécile de Saint-Germain. La jeune fille n'a que 16 ans, elle est très pieuse et admire profondément la charité d'Alcide, tandis que ce dernier appréciait l'élévation de caractère de Cécile.
Vital Lataste, son père, les trouvant tous les deux beaucoup trop jeunes, s'oppose à l'union envisagée et fait muter son fils à Pau afin de l'éloigner de la jeune fille. Il ne la reverra jamais, elle mourra en 1855.
Malgré son chagrin, Alcide continue ses activités au sein des Conférences, et réfléchit de plus en plus profondément à l'orientation religieuse de sa jeune vie, s'interrogeant sur ses motivations profondes :