Jean-Jacques Naudo, également connu sous le pseudonyme de Jacquouille la Fripouille, est un joueur de rugby à XIII né le 8 février 1959 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et mort le 15 juillet 2026 dans la même ville. Principalement actif dans les années 1980, il occupe le poste de demi d'ouverture au XIII Catalan.
Après sa carrière sportive, il devient gangster, et rejoint la Dream Team avec Karim Maloum, pilier de l'USA Perpignan.
Début dans l'entreprise familiale et rugby à XIII
Jean-Jacques Naudo est né à Perpignan. À l’âge de six ans, il commence la pratique du rugby à XIII. Sa mère décède quand il a douze ans et il est élevé par son père.
Jeune, il travaille dans l'entreprise familiale fondée par son père, dans le quartier du Bas-Vernet. Avec ses frères Thierry et Michel, ils développeront ensuite l'entreprise à d'autres quartiers de Perpignan et du département. Il décide de passer un CAP dans le domaine de la boucherie.
Demi d'ouverture, il évolue en Championnat de France de rugby à XIII sous les couleurs de Pia et du XIII Catalan. Ses performances lui permettent alors de côtoyer la sélection tricolore.
En 1978, il est convoqué en équipe de France pour la tournée de l'équipe d'Australie en France, mais ne joue aucun des matchs internationaux, au contraire de son frère Michel.
Le 25 mars 1979, il est sélectionné par l'équipe de France des moins de 19 ans, pour une rencontre contre les Colts britanniques. Naudo inscrit un essai, et les bleus s'imposent 22-5 à Perpignan. Entre 1980 et 1981, il joue deux matchs avec les moins de 24 ans français contre les homologues britanniques. Titulaire comme centre droit puis demi d'ouverture, il inscrit deux drops, soit deux points.
En 1985, évoluant sous les couleurs du XIII Catalan, il réalise le doublé Coupe de France et Championnat avec son frère Thierry.
Au début des années 1990, il décide de mettre un terme à sa carrière, et retourne dans l'entreprise de son père. Cependant, le rachat d'une entreprise à passif provoque le dépôt de bilan pour impayés, mauvaise gestion, et crédits en 1991. Il crée ensuite le Tio Pepe, avec l'aide du rugbyman Philippe Fernandez et du footballeur Edson Carpeggiani, et voyage en Amérique du Sud, et à Madrid, où il rencontre un ancien talonneur désireux de gérer un restaurant en Catalogne.
En août 1996, il participe au braquage d'un Airbus A320 d'Air Inter Europe, en provenance de l'aéroport d'Orly, à Perpignan. En deux minutes et trente secondes, l'équipe entre dans la soute et dérobe 4 200 000 francs, l’équivalent de 670 000 euros, soit près de 27 kg de billets de banque.
En mai 1997, il participe au braquage d'un coffre-fort à Courbevoie, et s'empare de 10 millions de francs. Une semaine plus tard, Jean-Jacques Naudo est interpellé par l'OCRB à Narbonne, alors qu'il fuyait vers le Nord. Il est retrouvé en compagnie d'une Kalachnikov, de cartouches, et d'un casque antibruit similaire à ceux retrouvés sur la scène de crime. Il est alors déjà suspecté de faire partie de l'affaire de Perpignan de août 1996.
Le 26 décembre 2000, avec la Dream Team, il prend d'assaut un fourgon de la Brink's rempli des recettes de Noël des grands magasins et de Disneyland Paris. Ils volent 41 millions de francs. Dès le lendemain, les agents de la brigade de répression du banditisme, après qu'un témoin ait pris en filature les voleurs, lancent un assaut à Paray-Vieille-Poste et arrêtent Jean-Jacques Naudo et trois autres membres de l'équipe, endormis sur 16,5 millions de francs. Après quatre heures de cavale en Espagne, il est donc arrêté par la Police française.
Il est soupçonné en décembre 2000 d’une série de braquages dans la région parisienne et d'être un membre de la Dream Team. La justice réclame alors 13 ans d'incarcération. Naudo est pendant deux années sous libération conditionnelle.
En 2006, il comparait devant la justice pour l'attaque d'un fourgon blindé à Gentilly. Le procureur qualifie Naudo comme l'un « préparateurs et organisateurs » du braquage, et requiert 15 ans de prison. Après six années de détention provisoire, il décide ne pas faire appel afin de purger sa peine, après 14 transferts en maisons d'arrêt.
Trois ans plus tard en 2009, il obtient par la Cour européenne des droits de l'homme, la condamnation de la France pour une durée excessive de sa détention provisoire pour le braquage du fourgon de la Brink's.
En 2010, l'analyse ADN d'une casquette kaki tachée de sueur sur le tarmac révèle l'identité de Naudo. En octobre 2014, il obtient un non-lieu, malgré la présence de deux empreintes digitales identiques.
Pendant sa condamnation, il devient peintre. Il devient ensuite gérant d'un restaurant, le Fried Bar à Canet-en-Roussillon.