Jean-Jacques Boissard, en latin Janus Jacobus Boissardus, né à Saint-Hippolyte en 1528 et mort à Metz le 30 octobre 1602, est un antiquaire et poète néolatin franc-comtois. Il est aussi dessinateur, graveur et éditeur. Il est le neveu de l’helléniste Hugues Babet.
Boissard naît a Saint Hippolyte dans une grande famille de magistrats. Il est d'abord instruit très jeune par son oncle Hugues Babet, puis continue ses études à Besançon. Il entreprend ensuite un voyage en Allemagne avec son oncle, enseignant de grec ancien itinérant, où il suit ses enseignements dans les universités de Strasbourg, Heidelberg, Cologne et Louvain. C'est à Louvain qu'il quitte son oncle pour se fixer définitivement à Metz d'où il entreprit de nombreux voyages à travers l’Europe (Italie, Grèce...) jusqu'à la Syrie à la recherche de sites antiques, qu'il dessine et reproduit dans des ouvrages.
Il épouse, en 1587, Marie Aubry, fille de l'éditeur Jean Aubry.
Boissard a fait connaître de nombreux monuments et inscriptions antiques et sa réputation a été grande jusqu'au XIXe siècle. Lors des travaux préparatoires de la rédaction de son Corpus Inscriptionum Latinarum, toutefois, Theodor Mommsen s'est rendu compte que ses publications comportaient des interpolations et des impostures. D'autres, après Mommsen, ont montré l'importance du travail de faussaire et de plagiaire de Boissard.
Habitus variarum gentium, Metz, 1581 avec figures ;
Emblematum liber, Francfort, 1593, avec figures ;
(avec le graveur Théodore de Bry) Icones quinquaginta virorum illustrium, doctrina et eruditione præstantium, parties 1 et 2, 1597–1598 ;
Topographia urbis Romae, Francfort, 1597–1602 ;
De divinatione et magicis praestigiis, Oppenheim, 1615 ;
Parnassus biceps, Francfort, 1627.
Auguste Castan, Jean-Jacques Boissard, poète latin, dessinateur et antiquaire, enfant de Besançon et citoyen de Metz. Étude sur sa vie, ses ouvrages et ses portraits, Besançon, Imprimerie Dodiviers et Cie, 1875, 32 p.
Johann Baptist Keune, « Fälschungen römischer Inschriften zu Metz und die neuesten Funde in der Trinitarstrasse », Jahrbuch der Gesselchaft für lothringische Geschichte und Altertumskunde, vol. t. VIII, 1896, p. 1-118.
Christian Hülsen, « Un nouveau recueil manuscrit de Jean-Jacques Boissard », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, no 49, 1905, p. 544-555 (lire en ligne).
« Jean-Jacques Boissard », dans Encyclopædia Britannica, 1911.
Paulette Choné, Emblèmes et pensée symbolique en Lorraine, Paris, Kilncksieck, 1991, p. 661-724.
Philippe Hoch, « Emblématique et art du livre. L'exemple de Jean-Jacques Boissard », Cahiers Élie Fleur, no 7, 1993, p. 23-44.
Alain Cullière (dir.), Bibliothèque lorraine de la Renaissance : les cent livres, 2000, notices 82, 84, 85, 87, 89, 91-94, 97-98,100.
Jeanne-Marie Demarolle, « Jean-Jacques Boissard », dans Isabelle Guyot-Bachy et Jean-Christophe Blanchard (dir.), Dictionnaire de la Lorraine savante, Metz : Éditions des Paraiges, 2022, p. 62-63.