Jean-Guy Talbot, né le 11 juillet 1932 au Cap-de-la-Madeleine au Québec au Canada et mort le 22 février 2024 à Trois-Rivières au Québec au Canada, est un défenseur de hockey sur glace ayant joué 1 066 matchs en saison régulière dans la Ligue nationale de hockey avec cinq équipes différentes.
Il est l'un des douze joueurs de l'organisation des Canadiens de Montréal qui participent à chacune des cinq Coupes Stanley remportées consécutivement par la franchise à la fin des années 1950.
Lors de sa carrière junior, il met fin à la carrière de Scotty Bowman en lui donnant un coup à la tête. Dans la Ligue senior du Québec, il participe à deux reprises à la finale pour le trophée Edinburgh et gagne l'une des deux. Il devient joueur pour les Canadiens en 1954 et il reste avec Montréal jusqu'en 1967 ; entretemps, il remporte sept fois la coupe Stanley. Il est choisi lors du repêchage d'expansion de la LNH 1967 par les North Stars du Minnesota, après quoi il change souvent d'équipe avant de prendre sa retraite de joueur. Il se reconvertit en devenant entraîneur des Spurs de Denver dans la Western Hockey League avec qui il remporte le championnat. Il prend par la suite le poste d'entraîneur des Blues de Saint-Louis dans la LNH. Après un nouveau passage avec les Spurs, qui sont devenus les Civics d'Ottawa, il reste une saison avec les Rangers de New York. Il arrête sa carrière d'entraîneur professionnel en 1978.
Talbot est considéré comme un membre important de la défensive de son équipe pendant son époque. Il utilise son physique pour mettre en échec ses adversaires et lors d'une confrontation, il ressort souvent de là en contrôle de la rondelle pour contrattaquer. Son physique lui donne une présence dans la zone défensive de son équipe.
Il est considéré comme faisant des passes précises tout en ayant un coup de patin dans la moyenne, ce qui fait qu'il est utilisé des deux côtés de la patinoire, c'est-à-dire à la fois pour la défense mais également lors des phases d'attaque de son équipe. Talbot passe également pour un bon vivant dans les vestiaires, n'hésitant pas à faire rire ses coéquipiers ; cette attitude permet d'enlever le stress chez les joueurs vu les exigences élevées des partisans à leurs égards. Mesurant 1,80 m (soit un peu moins de six pieds), Talbot est considéré comme un grand joueur.
Ses débuts et la blessure de Bowman
Jean-Guy Talbot débute en tant que junior avec les Reds de Trois-Rivières dans la Ligue de hockey junior du Québec en 1949-1950. Au cours de la saison suivante, il joue avec les Reds mais participe également à une rencontre dans la Ligue senior du Québec avec les Cataracts de Shawinigan-Falls. Lors de cette nouvelle saison, il comptabilise jusqu'à 136 minutes de pénalités, le plus haut total de toute la ligue. Au cours de la saison 1951-1952, le 6 mars 1952, il met fin à la carrière de Scotty Bowman. L'entraîneur des Reds, Jack Toupin, donne le conseil à Talbot de le frapper sur le bras. Alors que l'équipe du Canadien junior de Montréal est sur le point d'être éliminée des séries éliminatoires, Bowman fonce vers le but des Reds en échappée lorsque Talbot lui donne un coup. Cependant, Bowman, plus petit, reçoit le coup à la tête alors que la palette du bâton de Talbot l'atteint au front, ce qui lui fait une plaie d'une douzaine de centimètres (cinq pouces) ainsi qu'une fracture au crâne. Des années plus tard, Jean-Guy Talbot affirme toujours que cet évènement n'était pas intentionnel :
« J’ai toujours dit que je n’avais pas fait exprès. Mon entraîneur de l’époque disait « frappe sur le bras tu vas voir il ne te contournera pas. » Lui, il était petit et trop penché, mais le coup était parti. Ça lui est arrivé directement sur la tête. Le Canadien m’a alors offert de jouer dans un de ses clubs affiliés pour les séries. J’ai refusé et j’ai été suspendu un an. »
À la suite de l'incident, Talbot rend visite à Bowman à l’hôpital dans le but de s'excuser. Ce coup est la cinquième pénalité de Talbot de la partie. Bowman revient au jeu pour deux saisons mais il ne sera plus jamais le même et finalement, il devient entraîneur pendant de nombreuses années. Les deux hommes se retrouveront même au sein des Blues de Saint-Louis.
En 1952-1953, alors qu'il est âgé de 20 ans, Talbot rejoint l'équipe des As de Québec de la Ligue senior du Québec ; il compte six points en 24 rencontres jouées. Lors de la saison suivante, les As remportent les séries de la LSQ après avoir fini à la quatrième place de la saison régulière. Ils battent les premiers au classement, les Saguenéens de Chicoutimi, puis les Sénateurs d'Ottawa dans une série de neuf matchs. Ils affrontent ensuite les Stampeders de Calgary de la Western Hockey League pour le trophée Edinburgh. Cependant, l'équipe de Québec perd face à ceux-ci en ne remportant qu'une partie contre cinq
En 1954-1955, Talbot joue toute la saison avec Shawinigan-Falls. Après avoir remporté la ligue, autant en saison régulière en devançant les Remparts de Québec qu'en série en battant les Royaux de Montréal en finale, Talbot est nommé avec son coéquipier Jean Lamirande pour faire partie de la première équipe d'étoiles de la ligue. De plus, les Cataracts et Talbot affrontent en finale les Flyers d'Edmonton de la WHL pour remporter le trophée Edinburgh. La série se conclut avec une victoire des Cataracts en ne laissant que deux victoires au gardien Glenn Hall et aux autres joueurs d'Edmonton contre cinq pour l'équipe de Talbot.
Au cours de cette même saison 1954-1955, Talbot fait ses débuts dans la Ligue nationale de hockey en participant à trois rencontres avec les Canadiens de Montréal et en comptant une mention d'assistance. À la fin du camp d'entrainement de l'équipe en 1955, Talbot gagne son poste avec les Canadiens pour la saison 1955-1956 ; il profite de la blessure du vétéran Émile Bouchard pour gagner sa place et participer à 66 rencontres. À son retour au jeu, Bouchard dit à Talbot : « Le jeune, tu vas prendre ma place. Moi, je ne jouerai pas avec le club l'an prochain. » En effet, l'année suivante, Bouchard n'est plus avec l'équipe et Talbot joue régulièrement avec celle-ci. Émile Bouchard, Maurice Richard et Talbot deviennent ensuite des amis. Lors de la mort de Bouchard, Talbot se dit d'ailleurs touché par cette perte.
Talbot apprend comment jouer dans la LNH avec des vedettes comme Doug Harvey et Tom Johnson avec qui il forme le Big three. Malgré un grand nombre de saisons joués avec l'équipe, Talbot ne joue qu'à une occasion avec Harvey, lorsqu'il est sélectionné pour le match des étoiles alors qu'il est choisi pour faire partie de la première équipe d'étoiles en 1962. Jean-Guy Talbot joue treize saisons et également la grande partie de sa carrière jusqu'à la saison 1966-1967 avec les Canadiens. Entre 1956 et 1960, il remporte cinq fois d'affilée la coupe Stanley ; il est ainsi un des douze joueurs à remporter les cinq trophées. Talbot sert en quelque sorte de mentor pour certains joueurs comme Jean-Claude Tremblay, Terry Harper, Ted Harris et Jacques Laperrière.
Talbot dit plus tard que la première coupe Stanley est celle qui a marqué le plus sa carrière, tout comme son premier match des étoiles. À la suite des cinq coupes Stanley remportées, l'équipe connait une période de quatre saisons sans coupe. Talbot, Jean Béliveau, Henri Richard, Ralph Backstrom et Claude Provost, quintuples champions de la coupe évoluent toujours avec l'équipe lors de ces années infructueuses.
En 1961-1962, il est pour la première fois le meilleur pointeur de son équipe au niveau des défenseurs durant cette même campagne, il joue son 400e match dans la LNH. La saison suivante, il redevient le meilleur pointeur chez les défenseurs des Canadiens. En 1964-1965, Talbot et les Canadiens renouent avec la victoire en remportant de nouveau la coupe aux dépens des Black Hawks de Chicago. Le scénario identique se recrée l'année suivante, cette fois-ci contre les Red Wings de Détroit. Il s'agit de la dernière des sept coupes remportées, changeant d'équipe l'année suivante. C'est durant le mois de janvier de cette même saison 1965-1966 que Talbot joue son 700e match dans la LNH et avec les Canadiens par la même occasion.