Ce Jour-là

Jean-François de Saint-Lambert

Militaire, philosophe, conteur et poète français

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Jean-François, marquis de Saint-Lambert, né à Nancy le 26 décembre 1716 et mort à Paris le 9 février 1803, est un militaire, philosophe, conteur et poète lorrain puis, après 1766, français. La Revue de Metz publiée en 1845 affirme que le poète Saint-Lambert est né à Affracourt le 24 mars 1723 mais c'est une confusion entre Jean-François et Charles-Henry, son frère cadet.

Issu d’une famille noble mais peu fortunée, Jean-François de Saint-Lambert passa sa jeunesse à Affracourt. Il fit ses études au collège de Pont-à-Mousson puis servit dans les gardes lorraines du roi Stanislas Leszczyński, avant de devenir grand-maître de sa garde-robe. Grand, distingué, taciturne, ne riant jamais, refusant de flatter quiconque, un rien sauvage, les femmes l’adoraient.

Il fut remarqué d’abord par la marquise de Boufflers, maîtresse en titre du roi Stanislas, qui le prit un temps pour amant. En 1746, Saint-Lambert partit pour la guerre et, à son retour, constata que Madame de Boufflers l’avait remplacé. C’est pour tenter de la rendre jalouse qu’il séduisit la marquise Émilie du Châtelet, qui venait d’arriver à la cour de Lunéville.

Loin d’être piquée, Madame de Boufflers rit de cette liaison et se plut à l’encourager. Voltaire ignorait la situation ou feignait de ne s’apercevoir de rien ; en tout cas, à cette époque, ses relations avec Saint-Lambert paraissent sans nuage. Ce qui n’était au départ qu’une bagatelle devint une véritable passion. Émilie du Châtelet, qui mettait de l’excès dans tout ce qu’elle entreprenait, se comportait comme une jeune fille amoureuse, laissant des billets dans les cordes de la harpe de Madame de Boufflers pour que Saint-Lambert les y trouvât. Elle tomba enceinte, et à quarante-deux ans, elle mourut le 10 septembre 1749, peu de temps après avoir donné naissance à une petite fille qui ne lui survécut pas. Voltaire et Saint-Lambert furent auprès d’elle jusqu’aux derniers moments. C’est après cette fin tragique que leurs relations s’aigrirent.

Ce froid dura quelques années puis leurs relations reprirent. Voltaire avait de l’admiration pour Saint-Lambert, qu’il estimait comme poète, et fut l’un de ses partisans résolus lorsqu’il se présenta à l’Académie française.

Après la mort d’Émilie du Châtelet, Saint-Lambert se rendit à Paris et prit du service dans l’armée française. Il fit la campagne de 1757 en Hanovre, obtint le grade de colonel dans l’armée du Roi de France et, peu après, à la suite d’une attaque de paralysie, renonça en 1758 au métier des armes pour se consacrer à la poésie. Il prit le titre de marquis, se lia avec les Encyclopédistes – mentionné comme l’auteur anonyme des articles « faste », « familiarité », « fermeté », « flatterie », « fantaisie », « frivolité », « fragilité », "les manières" (Morale), « frivolité & génie » (Littérat.) de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert –, fréquenta les salons de Mesdames d’Épinay, de Lespinasse, Geoffrin et du Deffand et les dîners de Mlle Quinault. En 1752, il entama avec Sophie d’Houdetot, qui était la belle-sœur de Louise d'Épinay et qui inspira une grande passion à Jean-Jacques Rousseau, une liaison qui devait durer près d’un demi-siècle.

Sa réputation ne tarda pas à grandir dans les cercles littéraires et philosophiques de la capitale. Elle augmenta encore lorsqu’il donna, en 1769, son œuvre maîtresse, le poème des Saisons. Elle lui ouvrit toutes grandes les portes de l’Académie française, où il fut élu le 26 avril 1770 au fauteuil 10, en remplacement de l’abbé Trublet. Dès lors, Saint-Lambert jouit d’une grande influence à l’Académie. Recherché et adulé, il fut l’idole du salon de Suzanne Necker.

Pendant la Révolution française, il se retira à Eaubonne auprès de Sophie d’Houdetot. On l’appela, dès lors, « le sage d’Eaubonne ». En réalité, il était devenu mélancolique, et même un peu faible d’esprit, ne trouvant de satisfaction que dans la gourmandise. Il mourut en 1803. Dans un premier temps inhumé au cimetière de Montmartre, sa dépouille fut transférée au cimetière du Père-Lachaise (11e division).

Il a écrit des poèmes et des contes. Ziméo, par exemple, est un conte philosophique.

Le nom de Saint-Lambert est resté attaché uniquement à son poème des Saisons, qui est le chef-d’œuvre de la poésie descriptive du XVIIIe siècle. Voltaire n’hésite pas à le ranger parmi les « ouvrages de génie » et affirme que : « C’est le seul ouvrage de notre siècle qui passera à la postérité ». D’autres, comme Grimm ou Diderot, signalèrent le manque de verve et d’invention, la froideur du style, l’abondance des chevilles et des épithètes creuses. « Ce Saint-Lambert, écrivait Madame du Deffand à Walpole, est un esprit froid, fade et faux ; il croit regorger d’idées, et c’est la stérilité même ; sans les oiseaux, les ruisseaux, les ormeaux et leurs rameaux, il aurait bien peu de choses à dire. »

Dans les deux cas, c’est peut-être aller un peu loin. Il est certain que, sans éviter tout à fait la sécheresse et la lourdeur, Les Saisons, qui parcourt en quatre chants le cercle de l’année avec ses phénomènes météorologiques, le cycle des saisons et de la vie, les travaux de la campagne, etc., est une œuvre extrêmement soignée, souvent brillante, et qui, dans certains passages, atteint à la grandeur et à la poésie vraie[réf. nécessaire]. C’est par exemple le cas du magnifique morceau de la « Chasse au cerf » :

Le timide animal s’épouvante et s’enfuit

Et voit dans chaque objet la mort qui le poursuit,

Sa route sur le sable est à peine tracée ;

Il devance, en courant, la vue et la pensée ;

L’œil le suit et le cherche aux lieux qu’il a quittés.

Ses cruels ennemis, par le cor excités,

S’élèvent sur ses pas au sommet des montagnes,

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