Ce Jour-là

Jean-François Pilâtre de Rozier

Chimiste français

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Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785) est un scientifique français des Lumières et, avec François Laurent d'Arlandes, l'un des deux premiers aéronautes de l'histoire.

Jean-François Pilâtre de Rozier naît à Metz, place forte des Trois-Évêchés, dans le quartier du fort Moselle qui vient d'être édifié, le 30 mars 1754. Il est le quatrième enfant de Mathurin Pilastre, dit « du Rosier », ancien militaire (sergent du régiment de Picardie) installé comme aubergiste, et de Magdeleine Wilmard.

Ses maîtres du collège royal de Metz le jugent étourdi, dissipé, ardent aux plaisirs[Quoi ?] et rebelle à l'étude. Il préfère la chimie et les sciences naturelles au latin. On le destine à être chirurgien, mais le théâtre anatomique répugne à l'élève en chirurgie de l'hôpital de Metz, si bien qu'il est placé en apprentissage chez un apothicaire. À dix-huit ans, il se rend à Paris où il attire l’attention de personnes influentes, notamment du duc de La Rochefoucauld qui le présente à Lavoisier, au marquis de La Fayette et à Déodat Gratet de Dolomieu.

En 1780, il part pour Reims assurer des présentations de physique et chimie à l’académie de Reims. Mais il revient rapidement à Paris, où il est nommé intendant des cabinets de physique, de chimie et d’histoire naturelle de « Monsieur », comte de Provence, frère du Roi. Le docteur François Weiss, médecin ordinaire du roi pour le château de la Muette, le prend dans son laboratoire de recherche, lui assure une rente et le destine à prendre sa suite. La veuve du docteur dont il est secrètement amoureux, le fait nommer valet de « Madame », la comtesse de Provence. « Monsieur » devient son nouveau protecteur, ce qui permet à Pilâtre de s'adonner à de nombreuses expérimentations (masque à gaz, bougie phosphorique, teinture d'étoffes) et recherches (sur la foudre, l'hydrogène) sans souci financier.

En 1781, il crée le musée de Monsieur, sorte de lieu d'enseignement privé, où il fait des expériences de physique et donne des cours sur les sciences aux membres de la noblesse. L'inauguration a lieu le 11 décembre 1781. En 1784, le musée emménage rue de Valois.

En 1785, Pilâtre de Rozier meurt lors d'une tentative de traversée de la Manche en ballon mixte gaz/montgolfière de sa conception. Il est inhumé dans le cimetière de Wimille. Un monument, élevé sur le mur qui borde la grand route de Boulogne à Calais, indique le lieu de sa sépulture, à quelque distance de son point de chute. Il ne laisse aucun descendant.

Après son décès, le musée de Monsieur deviendra Lycée Républicain, puis sous le Consulat Athénée de Paris, et finalement Athénée royal.

En 1783, quand les frères Montgolfier arrivent à Paris auréolés des premiers essais à Annonay, le jeune physicien leur offre ses services. Il assiste le 19 septembre au premier vol habité avec des animaux, un coq, un canard et un mouton. Malgré ce succès, le roi ne veut pas prendre le risque d'un vol humain. Pilâtre de Rozier, aidé de Barthélemy Faujas de Saint-Fond, du marquis d'Arlandes et de Marie-Antoinette d'Autriche dont il est devenu un intime, négocient pour qu'il accepte.

En octobre, la nouvelle montgolfière est testée captive avec des cordes de 30 mètres. Le premier essai a lieu le 12, Pilâtre de Rozier participant aux tests du 15 et du 17. Suivent d'autres essais, notamment pour peaufiner et maîtriser l'alimentation du foyer afin de produire l'air chaud. Le premier vol libre habité a lieu le 21 novembre 1783 à Paris, Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes ont pris place dans la nacelle. Partis des jardins de La Muette (actuel 16e arrondissement, à l'ouest de Paris), le vol dure une vingtaine de minutes jusqu'à la Butte-aux-Cailles (actuel 13e arrondissement, au sud-est de la capitale).

Le 19 janvier 1784, il se rend à Lyon, et monte à bord du Flesselles, une immense montgolfière de 23 270 m3 (celle du premier vol faisait 2 200 m3). Il emmène six passagers, dont Joseph Montgolfier. Le vol dure seize minutes, pendant lesquelles le ballon effectue une boucle sur un quart de lieue.

Au début de 1784, Étienne Montgolfier, ayant récupéré le ballon du premier vol humain, reçoit des fonds du gouvernement pour le réparer et le modifier. Il se trouve chez Jean-Baptiste Réveillon devenu spécialiste des ballons. Étienne Montgolfier, depuis Annonay lui envoie les modifications : le ballon assez proche des montgolfières actuelles, fait 26 mètres de haut pour 5 000 m3 de volume. La partie haute du ballon est faite de peaux fines de mouton (1 540 peaux) pour augmenter la résistance. La partie basse est fabriquée avec la récupération du ballon précédent.

Le ballon est testé en captif dans le courant du mois de mai par le marquis de Montalembert, membre de l'Académie des sciences.

Le ballon devait être emballé et envoyé à Annonay, pour qu'Étienne Montgolfier puisse faire des essais de direction. Mais le roi Gustave III de Suède venait à Paris et avait déjà assisté à un vol, à Lyon, celui de la première femme aéronaute, Élisabeth Tible. Afin de l'épater, on organise une fête « aéronautique ». Pilâtre de Rozier était sur les rangs et après quelques projets plus ou moins réalisables, il est décidé de réquisitionner le ballon d'Étienne Montgolfier.

Pilâtre de Rozier est choisi comme passager ; il aide le chimiste Louis Joseph Proust, passionné d'aérostation, qui avait donné des cours à son musée. Le ballon étant conçu pour les hautes altitudes, des expériences étaient prévues.

Un essai captif est réalisé et concluant : le ballon reste cinq heures en l'air. Le ballon est donc expédié à Versailles.

Le 23 juin 1784, le ballon, baptisé La Marie-Antoinette en l'honneur de la reine, s'éleve devant le roi de France et celui de Suède, à Versailles, emmenant Pilâtre de Rozier et Joseph Louis Proust. Ils montent régulièrement, se dirigent vers le nord. Ils vont atteindre l'altitude estimée de 3 000 mètres après avoir traversé les couches nuageuses. Hors de la vue du sol, dans le froid et les turbulences ils décident de redescendre. Après 45 minutes de vol, ils ont parcouru 52 km et se posent, après avoir dépassé Luzarches, entre Coye et Orry-la-Ville, avant la forêt de Chantilly. Comme souvent sur ces premières montgolfières, une fois posées, le foyer n'est plus assez actif pour fournir suffisamment d'air chaud mais assez pour brûler une partie du ballon. Ils doivent donc déchirer la base de la montgolfière et la foule des badauds achève de détériorer le reste.

Trois records du monde sont battus : distance, vitesse, altitude.

Étienne Montgolfier désira plus tard récupérer le ballon, mais il n'était vraiment pas récupérable et le gouvernement n'accepta plus de donner de l'argent pour sa réparation.

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