Jean-Denis Bredin, né Jean-Denis Hirsch le 17 mai 1929 à Paris et mort le 1er septembre 2021 dans la même ville, est un professeur de droit, avocat, écrivain et académicien français.
Jean-Denis Bredin est issu, par son père, l'industriel Claude Hirsch-Bredin, d’une famille de Juifs alsaciens et, par sa mère, Denise Barry, catholique, de la haute bourgeoisie parisienne.
Dans ses romans à caractère autobiographique, il raconte une enfance partagée entre deux cultures, où d’un côté le travail et la rigueur étaient vertus cardinales, de l’autre primaient l’élégance et le goût pour la culture, la musique. Très jeune, il est marqué par le divorce de ses parents, puis, en 1939, alors qu’il n’a que 10 ans, par la mort de son père avec lequel il vivait. Il apprendra plus tard que cet homme n'était pas son père biologique. Il évoque rapidement cet épisode, sans vouloir s'étendre sur cette histoire, lors de ses entretiens avec Antoine Garapon en octobre 2011 pour France Culture. Jean-Denis Bredin est alors élevé par sa mère, remariée avec l’avocat Jean Lemaire, futur bâtonnier du barreau de Paris. Quand il entre en classe de 5e au lycée Charlemagne, pendant l’Occupation, il est inscrit sous le nom de son beau-père, abandonnant le nom de son père, Hirsch. Par décret du 16 mars 1950, il obtient de changer définitivement son nom d'origine, prenant celui de sa grand-mère paternelle, Sara Bredin.
Marié avec Danièle Hervier, décédée en 2018, il a deux enfants, Olivier et Frédérique.
À la fin de ses études secondaires au lycée Charlemagne, il suit un double cursus de lettres et de droit à la Sorbonne. Il est diplômé de la faculté des lettres de Paris (licence, 1949) et de la faculté de droit de Paris (doctorat, 1950).
Il prépare l'agrégation de droit privé, à laquelle il est reçu premier en 1957. Il est alors le plus jeune agrégé de France.
Jean-Denis Bredin est nommé professeur à la faculté de droit de Rennes (1957-1967), à la faculté de droit de Lille (1967-1969), professeur de droit privé à l’université Paris-Dauphine (1969-1971) et enfin professeur à l’université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, où il enseigne plus de vingt ans, jusqu'en 1993.
Il est coauteur du traité Droit du commerce international, en collaboration avec le doyen Loussouarn en 1969.
À partir de 1993, il est professeur émérite à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne.
Jean-Denis Bredin n’a que 20 ans et il est encore mineur lorsqu’il est admis au barreau de Paris, en 1950. Il est désigné premier secrétaire de la conférence du stage l’année suivante. Il installe alors son cabinet chez sa mère.
Il fait son stage au cabinet de Jacques Isorni en compagnie de son demi-frère, Philippe Lemaire.
Isorni avait été l’avocat de Pétain après avoir défendu des communistes devant les Sections spéciales pendant l'Occupation. Il plaidera ensuite pour les inculpés de l'OAS. Jean-Denis Bredin dit de lui : « Ceux qu'il avait défendus, il ne cessait de les aimer, de les exalter. Beaucoup de ses confrères ne le comprirent pas dans cet acharnement passionnel à poursuivre inlassablement sa mission d'avocat. Mais même ceux qui ne l'aimaient pas admiraient son talent et son audace ».
Association avec Robert Badinter et Jean-François Prat
Parallèlement à sa carrière de professeur de droit civil à l’université, Jean-Denis Bredin fonde en 1965 avec Robert Badinter le cabinet d'avocats Bredin Badinter. Dans un premier temps, le jeune cabinet s’oriente vers l’arbitrage et le contentieux.
Avec leur enfance marquée par la guerre, leur engagement à gauche, et tous deux agrégés des facultés, Jean-Denis Bredin et Robert Badinter sont plus que de simples associés. « Au palais de justice on ne s’y trompe pas : on les surnomme les Bread and Butter ».
Leur cabinet va défendre de grandes causes et connaître des affaires célèbres : Boussac, talc Morhange, le baron Empain, l'Aga Khan, Chagall. Après la mort de Picasso, Jean-Denis Bredin fait reconnaître la paternité de l’artiste sur ses deux enfants adultérins, Claude et Paloma. À l’issue d’une longue bataille judiciaire, il leur permet d’obtenir leur part d’héritage (1974).
Lorsque Jean-François Prat les rejoint, en 1969, leur cabinet étend son activité au droit des sociétés. En 1981, Robert Badinter est nommé garde des Sceaux par le président Mitterrand, et quitte la structure.
Après sa réorientation vers le droit des affaires, le cabinet Bredin Prat participe à toutes les grandes opérations boursières françaises de 1980 à 2010 (Total-Elf, Sanofi-Aventis…). Bredin Prat intègre deux associés américains, Richard Schepard et Elena Baxter, et développe son activité vers la Chine et les États-Unis.