Ce Jour-là

Jean-Christophe Rufin

Médecin, historien, écrivain, et diplomate français

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Jean-Christophe Rufin, né le 28 juin 1952 à Bourges dans le Cher, est un médecin, écrivain et diplomate français.

Il reçoit en 1997 le Prix Goncourt du premier roman pour L'Abyssin et, en 2001, le Prix Goncourt pour son roman historique Rouge Brésil.

Il est élu en 2008 à l'Académie française, dont il devient alors le plus jeune membre. Ancien président d'Action contre la faim de 2002 à 2006, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

Après le départ du père de Jean-Christophe Rufin, vétérinaire, sa mère part travailler à Paris comme publicitaire. Elle ne peut éduquer seule son fils qui est alors élevé par ses grands-parents. Le grand-père, médecin, qui avait soigné des combattants lors de la Première Guerre mondiale, fut, pendant la Seconde, déporté deux ans à Buchenwald pour faits de résistance — il avait caché des résistants en 1940 dans sa maison de Bourges.

Jean-Christophe a 15 ans lors de la première transplantation cardiaque réalisée par le professeur Christiaan Barnard en 1967. Selon lui, elle fait entrer la médecine dans la modernité et décide de sa vocation.

À 18 ans, il revoit son père par hasard. « J'avais choisi, à Bourges, le premier dispensaire venu pour me faire faire un vaccin. Une jeune femme qui y travaillait m'a demandé mon nom et a blêmi. C'était ma demi-sœur, elle m'a conduit auprès de notre père. Nos rapports ne furent jamais très bons. »

Après avoir fréquenté les lycées parisiens Janson-de-Sailly et Claude-Bernard, Jean-Christophe Rufin entre à la faculté de médecine de La Pitié-Salpêtrière et à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il est diplômé en 1979 (section Relations internationales).

Il a affirmé avoir dérobé, durant cette période, avec un ami étudiant en médecine, la moitié de tête de Ravachol, conservée dans du formol à l'École de médecine de Paris, pour impressionner une fille dont l'ami de Jean-Christophe Rufin était amoureux. Le vol rendu public et présenté par France-Soir comme la manifestation du renouveau anarchiste, les deux amis auraient décidé de la déposer au pied du Panthéon[source insuffisante].

En 1975, Jean-Christophe Rufin est reçu au concours d'internat à Paris — et choisit la neurologie comme spécialité — puis travaille à l'hôpital Rothschild, en salle commune. Pour son service militaire, il part en 1976 comme coopérant à Sousse en Tunisie où il exerce en obstétrique dans une maternité.

Interne de médecine en neurologie (1976-1981) principalement à La Salpêtrière, Jean-Christophe Rufin devient chef de clinique et assistant des hôpitaux de Paris (1981-1983), puis attaché (1983-1985) des hôpitaux de Paris. Ensuite, lors de ses passages en France, il pratique la médecine à l'hôpital de Nanterre (1994-1995) puis épisodiquement à l'hôpital Saint-Antoine à Paris (1995-1996). En 1997, il quitte son poste au Brésil et rentre en France pour diriger un pavillon de psychiatrie à l'hôpital Saint-Antoine. Au début de sa carrière, il s'essaie à la réflexion biologique en publiant en 1981 une surprenante théorie de l'évolution fixe, ou Évolutique, selon laquelle la diversité des formes vivantes serait contrainte par des schèmes préétablis et limités, à la façon du tableau périodique des éléments de Mendeleiev. Malgré l'effort de réflexion produit dans cet ouvrage, cette théorie pour laquelle aucune démonstration factuelle n'est fournie, est passée inaperçue et vite tombée dans l'oubli, persuadant probablement son auteur que sa vocation n'était pas là[source insuffisante].

Comme médecin, Jean-Christophe Rufin est l'un des pionniers du mouvement humanitaire Médecins sans frontières (MSF) où il a été attiré par la personnalité de Bernard Kouchner et où il fréquenta Claude Malhuret. Pour MSF, il a dirigé de nombreuses missions en Afrique de l'Est et en Amérique latine. Sa première mission humanitaire est menée en 1976 en Érythrée, alors ravagé par la guerre. Il y pénètre incognito avec les forces rebelles érythréennes au sein des bataillons humanitaires. En Éthiopie, il rencontre Azeb, qui deviendra sa deuxième femme.

Entre 1994 et 1996, il est administrateur de la Croix-Rouge française.

Carrière dans les ministères et la diplomatie

Conduisant la mission humanitaire française en Bosnie-Herzégovine, il fait libérer onze otages français de l'association Première Urgence détenus par les Serbes de Bosnie, « en sympathisant avec les geôliers et en s'obligeant à boire avec eux ».

Dans le « rapport Rufin » (Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme), sorti le 19 octobre 2004, il attire l'attention sur l'antisémitisme, qui n'a pas, selon lui, à être fondu dans le racisme ou la xénophobie en général.

Le 3 août 2007, il est nommé ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie sur la proposition du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Il s'inscrit ainsi dans la tradition des écrivains-diplomates selon les journalistes de La Tribune.

Au premier semestre 2008, il participe avec les agents de la DGSE à la traque des fuyards d'Al-Qaïda après l'assassinat de touristes français en Mauritanie.

En décembre 2008, il déclare lors d'une conférence de presse : « Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n’importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente. » Cette remarque ne passe pas inaperçue, tant et si bien que la vice-présidente du Sénat sénégalais, Sokhna Dieng Mbacké, lui demande des excuses publiques pour ces propos « choquants, voire méprisants et insultants ». L'ambassadeur publie aussitôt un communiqué dans lequel il insiste sur « le caractère ironique et affectueux » de ces paroles « tenues sur le ton de la plaisanterie ». Cet incident n’aura pas de conséquences. Il poursuit son mandat jusqu’à son terme et quitte ses fonctions d'ambassadeur au Sénégal le 30 juin 2010.

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