Jean-Casimir du Palatinat (en allemand : Johann Kasimir von Pfalz-Simmern), né le 7 mars 1543 à Simmern et mort le 16 janvier 1592 à Heidelberg, est un prince du Saint-Empire romain germanique, fils cadet de l’électeur palatin du Rhin Frédéric III (1515-1576).
Doté d'une principauté autonome après la mort de Frédéric III, il est en conflit avec son frère Louis devenu électeur, qui est luthérien, alors que Jean-Casimir est un calviniste convaincu, comme leur père. Il établit dans sa principauté une université calviniste, concurrente de l'université de Heidelberg.
Il participe aux guerres civiles qui ont alors lieu en France et aux Pays-Bas. En France, il intervient au cours de la cinquième guerre de religion (1574-1576), permettant aux protestants d'obtenir un édit de pacification avantageux, l'édit de Beaulieu. Il intervient en 1578 aux côtés des Néerlandais insurgés contre Philippe II sous le commandement de Guillaume d'Orange-Nassau.
En 1583, il devient régent de l'électorat à la mort de Louis. Marié depuis 1568 avec Élisabeth de Saxe, il la fait emprisonner pour adultère en 1589 et elle meurt l'année suivante en prison.
Origines familiales et jeunesse
Jean-Casimir est le troisième et dernier fils de Frédéric III (1515-1576) et de son épouse Marie de Brandebourg-Culmbach (1519-1567), venant après Louis (1539-1583) et Christophe (1551-1574).
Il naît à Simmern, ville située entre Mayence (sur le Rhin) et Trèves, dans le Hunsrück, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Heidelberg, capitale de l'électorat et siège d'une université déjà importante.
Frédéric III est alors, parmi les princes protestants du Saint-Empire, le seul à être calviniste, les autres étant restés fidèles au luthéranisme. Cela importe dans l'Empire, qui est régi depuis 1555 par la paix d'Augsbourg, fondée sur le principe « Tel prince, telle religion » (en 1555, cela signifiait : soit catholique, soit luthérien).
En 1568, il épouse la princesse luthérienne Élisabeth de Saxe, fille de l'électeur Auguste Ier.
Trois filles naissent de ce mariage, mais une seule deviendra adulte : Marie (1576–1577), Élisabeth (1578–1580) et Dorothée (1581–1631), épouse par la suite de Jean-Georges Ier d'Anhalt-Dessau.
À partir de 1571, Jean-Casimir réside à Kaiserslautern, à environ 50 km au nord-ouest de Heidelberg.
Participation à la deuxième guerre de Religion en France (1567-1568)
Durant la deuxième guerre de Religion (septembre 1567-mars 1568), l'armée protestante est battue à Saint-Denis le 10 novembre 1567. Le prince de Condé, commandant en chef protestant, et l'amiral de Coligny, dans cette situation difficile, décident de faire de nouveau appel aux princes protestants du Saint-Empire. Frédéric III accepte de leur envoyer des reîtres et des lansquenets sous le commandement de Jean-Casimir, contre la promesse de cent mille écus et du gouvernement des Trois-Evêchés (territoires de l'Empire annexés par Henri II en 1552).
La jonction entre les protestants français et le gros de l'armée de Jean-Casimir a lieu en Lorraine, près de Pont-à-Mousson, à la fin du mois de décembre 1567.[réf. nécessaire]
Participation à la cinquième guerre de Religion en France (1574-1576)
La cinquième guerre de Religion, sous le règne d'Henri III, oppose l'armée royale aux protestants, mais aussi à un groupe de nobles catholiques opposés à la domination du duc de Guise sur le gouvernement royal depuis le massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572, les « Malcontents ».
À la fin de 1575, Jean-Casimir est de nouveau envoyé en France avec une armée de 16 000 mercenaires. En contrepartie, en cas de victoire, il doit recevoir une pension ainsi que le gouvernement des Trois-Évêchés à titre viager.
Battu à son entrée en France par le duc de Guise à Dormans, en Champagne (10 octobre 1575), il parvient cependant à faire sa jonction avec les insurgés dans le Charolais en mars 1576, après avoir pillé Fontaine-Française, Cîteaux et Nuits-Saint-Georges.