Jean-Baptiste Treilhard, né le 3 janvier 1742 à Brive-la-Gaillarde (généralité de Limoges, actuel département de la Corrèze), mort le 1er décembre 1810 à Paris, est un juriste, un haut fonctionnaire et un homme politique de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire.
Avocat sous l'Ancien Régime, il est élu entre 1789 et 1796 député aux États-généraux, à la Convention nationale, où il est élu membre du Comité de Salut public, et au Conseil des Cinq-Cents. Entre 1798 et 1799, il est directeur.
Sous le Consulat, Treilhard est vice-président puis président de la cour d'appel de la Seine. Sous le Premier Empire, il est élevé aux dignités d'officier de la Légion d'honneur, de comte d'Empire et de ministre d’État.
À sa mort, il est inhumé au Panthéon.
Le père de Jean-Baptiste Treilhard, Jean-François Treilhard, seigneur de Jayac et de La Chapelle, était avocat au parlement et au Présidial de Brive, juge de l'abbaye d'Obazine, fermier et administrateur des terres du duché de Ventadour, premier consul de Brive en 1740, et maire perpétuel de la ville en 1769.
Élève du collège des doctrinaires à Brive, Jean-Baptiste reçut un enseignement conciliant les exigences de la science et de la foi.
Après des études de droit, Jean-Baptiste Treilhard devient, en 1761, avocat au Parlement de Paris. Protégé de Turgot, futur contrôleur des Finances de Louis XVI, il est engagé pour s'occuper des affaires judiciaires de la Maison de Condé, branche cadette de la famille royale.
En 1789, Jean-Baptiste Treilhard est élu représentant du tiers-état de la ville de Paris, le dixième sur vingt, aux États-généraux.
Il participe aux institutions de l'Assemblée nationale constituante. Membre du Comité des affaires ecclésiastiques, il prononce, le 23 septembre 1789, un rapport sur les dîmes et, le 18 décembre, un rapport sur la vente des biens de l’Église.
Le 22 décembre 1790, aux côtés d'Adrien Duport et de Jean-Baptiste Massieu, il est élu secrétaire sous la présidence de Jean-Nicolas Démeunier. Le 20 juillet 1790, il est élu président de l'Assemblée et ses secrétaires sont Sigisbert Étienne Coster, Jean-François Reubell et Louis-Ghislain de Bouteville du Metz.
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le 20 juin 1789, il prononce le serment du Jeu de Paume. Le 4 mai 1791, il vote pour le rattachement du Comtat Venaissin à la France.
La monarchie constitutionnelle, mise en place par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré à la tour du Temple.
En septembre 1792, Jean-Baptiste Treilhard, alors président du tribunal criminel de Paris, est élu député du département de Seine-et-Oise, le septième sur quatorze, à la Convention nationale.
Treilhard prend part aux institutions de la Convention girondine :
Le 27 décembre 1792, il est élu président de la Convention et ses secrétaires sont Jean-Baptiste Salle (député de la Meurthe), Pierre-Louis Manuel (député de la Seine) et Charles Dufriche-Valazé (député de l'Orne).
Le 26 mars 1793, il est élu membre de la Commission de Salut public puis, le 7 avril, membre du Comité de Salut public, le huitième sur neuf par 167 voix. Lui et son collègue Jean-Baptiste-Robert Lindet (député de l'Eure) quittent le Comité le 12 juin et sont remplacés par Jean-Bon Saint-André (député du Lot) et Thomas-Augustin de Gasparin (député des Bouches-du-Rhône).
Treilhard siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, rejette l'appel au peuple mais vote en faveur du sursis à l'exécution de la peine. En mai 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. En juin, il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze.
Le 17 juin, Treilhard et Jean-Baptiste-Charles Mathieu-Mirampal (député de l'Oise) sont envoyés en mission dans les départements de la Dordogne, du Lot et de la Gironde. Ils sont tous les deux rappelés le 20 juillet sur motion de Joseph Laignelot (député de la Seine) et de Pierre Roux-Fazillac (député de la Dordogne) qui affirment qu'ils « prêchent le modérantisme ».