Jean-Baptiste Isabey né à Nancy le 11 avril 1767 et mort à Paris le 18 avril 1855 est un peintre, miniaturiste, aquarelliste, dessinateur, lithographe, décorateur d'opéra et costumier français.
À l'époque de la grande peinture historique, Isabey pratique l’art de la miniature. Il connaît le succès, aussi bien sous le Premier Empire qu'auprès des diplomates du congrès de Vienne. Il est le père d'Eugène Isabey, peintre, dessinateur et graveur romantique tout aussi célèbre du Second Empire.
Né à Nancy dans une famille modeste d'un marchand épicier, Jacques Isabey son père, et Marie Poirel sa mère, Jean-Baptiste Isabey a un frère ainé Louis (1766-1813) violoniste, qui est premier violon du tsar de Russie. Jean-Baptiste Isabey devient élève du paysagiste Jean-Baptiste Claudot et du fresquiste Jean Girardet. En 1783, il supplée à ses maîtres dans la surveillance de travaux à Nancy, mais en 1785, il doit quitter Nancy pour Paris et gagner sa vie comme peintre de dessus de boîtes et de boutons historiés. En 1787, après quelques leçons prises auprès de son compatriote François Dumont, peintre miniaturiste de Marie-Antoinette, il est présenté à la reine habillé et maquillé en jeune femme par la comtesse de Calignac lors d'un bal masqué. Admis à la cour, il est employé à Versailles pour peindre des portraits des ducs d'Angoulême et de Berry. La reine lui passe une commande de portraits-miniatures qui est, à partir de ce moment, suivie de nombreuses autres par les cours de France successives et ce jusqu'à sa mort. Il rencontre Hubert Robert et travaille sous sa direction pour le château de Beauregard du comte d'Artois, le futur Charles X[réf. nécessaire].
En 1788, il devient l'un des élèves de Jacques-Louis David, avec qui le lie une profonde amitié et il l'assiste dans la réalisation du tableau Les Amours de Pâris et d'Hélène, dont il peint les détails et l'architecture du fond.
En 1789, il devient membre de la loge maçonnique Les Amis réunis. Il réalise alors des portraits de consolation, miniatures que les émigrants partageaient en famille entre parents et enfants se quittant, puis il réalise 228 portraits des députés de l'Assemblée nationale payés chacun 6 francs. Ce serait à la suite de son portrait de Mirabeau que ce dernier lui conseille de renoncer à la peinture d'histoire pour se consacrer aux portraits, à la miniature et à l'aquarelle.
En 1791, Isabey expose pour la première fois au Salon ; il y expose régulièrement jusqu'en 1841. En 1791 naît sa fille Alexandrine, dont le baron Gérard peint en 1795 le portrait avec son père, Isabey et sa fille (Paris, musée du Louvre). Le 15 août 1791, il épouse Justine Laurisse de Salienne, issue d'une famille noble désargentée et mère de l'enfant. Celle-ci figure, entourée de leurs trois premiers enfants dans son dessin au sépia présenté au Salon de 1797 et intitulé La Barque. En 1792, il est nommé capitaine chargé de la garde du Louvre avec la troupe des élèves des arts. Sous le Directoire, il fait un voyage en Normandie qu'il lithographie en un album.
En 1796, il rencontre Madame Campan et devient professeur de dessin à l’Institution nationale de Saint-Germain qu'elle a fondée. Là, il rencontre la famille Bonaparte. Il devient un intime du château de la Malmaison, où il dessine le portrait de Bonaparte.
En 1794 naît sa seconde fille Louise-Simone — parfois nommée Lucy —, puis son fils Hector en 1797, et en 1803 naît son fils le peintre Eugène Isabey.
En 1799, comme d'autres artistes peintres, il obtient un atelier dans les galeries du palais du Louvre au N°23. Il est entouré de nombreux élèves.
En 1804, il est nommé « Ordonnateur des réjouissances publiques et des fêtes particulières aux Tuileries, Dessinateur du Sceau des titres ». En 1805, il est nommé « Premier Peintre de ma Chambre » par l'impératrice Joséphine de Beauharnais, puis dessinateur du cabinet de l'empereur Napoléon Ier ; à ce titre, il participe à la mise en scène de leurs sacres à Notre-Dame, il crée les costumes et robes de tous les participants. Les estampes qu'il exécute pour la commémoration s'ajoutèrent au célèbre tableau de Jacques-Louis David, travail pour lequel il est payé par Louis XVIII en 1814. Un logement lui est attribué à la manufacture de Sèvres en 1809 ; il y dessine des modèles de tasses et d'assiettes à l'effigie de l'Empereur. En 1810, il dessine les miniatures de la Table des Maréchaux, un guéridon réalisé à la manufacture de Sèvres aujourd'hui conservé au château de Malmaison qui représente Napoléon assis sur un trône d'airain entouré de ses maréchaux. Il livre des dizaines de portraits en miniature de l'Empereur, que celui fait monter en boîte pour ses présents.
En 1805, il devient peintre-décorateur des théâtres de Saint-Cloud et des Tuileries. Il devient dessinateur en chef à l'opéra de Paris à partir de 1810. Il est le dernier peintre académique à diriger l'atelier des décors de l'opéra de Paris jusqu'en 1815 ou 1828. Il a dans son équipe son gendre Pierre-Luc-Charles Ciceri et Louis Daguerre. On lui doit les décors des opéras : Les amours d'Antoine et Cléopâtre (1808), Armide (1811), L'enfant prodige (1812), Les Abencérages ou L'étendard de Grenade (1812-1813) et un Oreste (1815). Il dessine des robes, costumes, châles et cachemires pour les manufactures de Lyon et de Jouy. Il organise avec l'architecte Fontaine le mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise d'Autriche au palais du Louvre. En 1811, Isabey devient professeur d'aquarelle de l'impératrice Marie-Louise.
En 1812, elle lui commande les portraits de sa famille à Vienne. En 1814, Louis XVIII lui commande son portrait, puis de partir à Vienne pour suivre le congrès et y peindre les portraits des participants. Il y organise une fête grandiose pour l'impératrice Beatrix. Il y peint aussi le portrait du roi de Rome qu'il remet à Napoléon à Paris à son retour.
Son fils Hector meurt à la bataille d'Arcis-sur-Aube le 21 mars 1814.
Bien qu'ayant été fidèle à Napoléon lors de son retour d'Elbe, il n'en est pas moins partie prenante à la Restauration. Il s'exile cependant en Angleterre au printemps 1816. Louis XVIII lui accorde le droit de publier ses lithographies du congrès de Vienne, et dans son petit hôtel particulier de la rue des Trois-Frères, il tient salon et donne des concerts de Cherubini, Boieldieu avec la chanteuse Sophie Gail. Il fait l'acteur et le clown ; la comtesse d'Abrantès témoigne : « Comme il jouait la comédie ! Comme il improvisait un proverbe ! Comme il faisait bien toutes ces charges qui réunissaient la gaîté et l’esprit, et faisaient oublier Dugazon !… Jamais je n’oublierai Isabey lorsqu’il sautait autour d’un salon, sur les bras des fauteuils, imitant un singe et épluchant une noix. ». En 1820, il voyage en Angleterre, puis en 1822 en Italie dont il tire des lithographies. En 1823, Louis XVIII le nomme dessinateur et ordonnateur des fêtes et spectacles de la Cour. En 1824, il agence le décor de la chapelle ardente pour les funérailles de Louis XVIII. Il est nommé par Charles X, dessinateur du cabinet du roi et organise, assisté de son gendre Cicéri, le couronnement de Reims. Il est promu officier de la Légion d'honneur.
Après la mort de sa femme en 1829, il épouse en secondes noces une élève, Eugénie Rose Maystre (1794-1857), avec qui il a deux enfants, Henri (1832-1835) et Henriette Augustine Eugénie (1837-1881).
En 1829, à la suite de la mort de sa première épouse, il quitte son hôtel particulier et s'installe rue Cadet chez sa nouvelle épouse puis, en 1834, s'installe au 25, quai de Conti dans un appartement de l'Académie, qui ne l'élit pas malgré trois tentatives. On lui attribue également un appartement au château de Versailles pour la belle saison, appartement qu'il conserve jusqu'à la fin de ses jours. La monarchie de Juillet lui confère le titre de conservateur adjoint des musées royaux auprès de François Marius Granet. Il pratique assidûment la lithographie et l'héliogravure en reproduisant ses modèles et dessins. Il apparaît sous le nom de « Isabey, père » dans le catalogue du Salon de 1841, où il présente un Saint Jean en section peinture.