Jean-Baptiste Grange, né le 10 octobre 1984 à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), est un skieur alpin français, vainqueur de la Coupe du monde de slalom en 2009 et double champion du monde de slalom en 2011 et 2015. Il est également médaillé de bronze en slalom aux mondiaux 2007 et auteur de neuf succès (huit en slalom, un en combiné) en Coupe du monde. Il est le seul skieur français à avoir remporté deux titres mondiaux en slalom, et le premier français à être sacré champion du monde de ski alpin depuis Michel Vion en 1982. Il participe trois fois aux Jeux olympiques d'hiver (en 2006, en 2014 et en 2018) sans gagner de médaille.
Baigné très tôt dans l'environnement des sports d'hiver, il obtient une 10e place en slalom aux mondiaux junior 2003 et fait ses débuts en Coupe du monde en 2004. Il décroche une médaille de bronze lors des Championnats du monde 2007 à Åre pour sa première participation. Après les retraites de Jean-Pierre Vidal et d'Antoine Dénériaz en 2006, il prend la tête de l'équipe de France masculine de ski alpin aux côtés de Julien Lizeroux. À l'issue de la saison 2008, Grange termine second du classement du slalom en Coupe du monde derrière l'Italien Manfred Moelgg. Militaire de l'armée de terre, il vit depuis sa naissance à Valloire en région Rhône-Alpes.La saison suivante, il dispute les Championnats du monde 2009 à Val d'Isère sans connaitre la réussite, mais il remporte le globe de cristal de slalom au terme de la Coupe du monde 2009. En juin 2009, après avoir remporté le trophée du slalom, il est élu skieur le plus populaire en France.
En décembre 2009, il se blesse au genou et doit mettre un terme à sa saison, ratant notamment les Jeux olympiques de Vancouver. La saison 2010-2011 est celle de sa consécration : en janvier, il remporte coup sur coup les slaloms de Kitzbühel et de Schladming, et enchaîne sur le titre de champion du monde, le 20 février 2011 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne). Après son premier titre mondial, Il traverse une période de quatre années gâchées par des blessures à l'épaule, aux genoux et au dos, sans monter sur les podiums. Lors des Mondiaux 2015 à Beaver Creek, le 15 février 2015, il réalise le cinquième temps de la première manche (dominée par Marcel Hirscher) avec le dossard no 14 puis se montre le plus rapide sous la neige en deuxième manche et s'impose devant les Allemands Fritz Dopfer et Felix Neureuther.
Après dix-sept saisons, 197 départs, 9 victoires et 18 podiums en Coupe du monde, sept participations aux Championnats du monde pour trois médailles, il prend sa retraite sportive à l'âge de 36 ans, au terme de la Coupe du monde 2020-2021.
Jean-Baptiste Grange naît le 10 octobre 1984 à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie mais c'est à Valloire, non loin de sa ville natale, située au pied du col du Galibier, qu'il grandit. La famille Grange évoluant dans le ski à tous points de vue — en loisir, en compétition et au niveau professionnel —, l'enfant est baigné très tôt dans l'environnement des sports d'hiver. Deuxième enfant d'une fratrie de trois, François-Cyrille est né en 1983 et Alexia en 1988, Jean-Baptiste Grange est le fils d'Annick Levrel et de Jean-Pierre Grange. Tous deux furent appelés en équipe de France à partir de 1973, année marquée par l'exclusion de nombreuses têtes d'affiche de la sélection nationale — Jean-Noël Augert, Patrick Russel, Ingrid et Britt Lafforgue entre autres — à la suite d'un conflit avec l'encadrement et la Fédération française. Plus tard, celui qui s'illustrait en slalom et en slalom géant et celle qui appréciait la descente, se reconvertissent dans le commerce, ouvrant jusqu'à quatre boutiques proposant la vente et la location d'équipements de sport à Valloire, dont le domaine skiable est très prisé l'hiver. Durant sa jeunesse, Jean-Baptiste Grange côtoie par ailleurs en son grand-père et son oncle des directeurs d'écoles de ski, un responsable de l'équipe de France masculine en la personne de Gilles Brenier ou bien l'ancien entraîneur de Luc Alphand, Jacques Martin, qui est également son parrain.
En 1992, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques organisés à Albertville, son frère François-Cyrille tient la main du footballeur Michel Platini, ultime porteur de la flamme olympique. Jean-Baptiste, alors âgé de 7 ans, aurait pu connaître cet honneur, finalement accordé à son frère aîné.
C'est sa mère, professeure d'éducation physique et sportive à Modane, qui lui apprend les rudiments du ski dès l'âge de 2 ans, avant d'inscrire son enfant au « Ski Club de Valloire-Galibier », où toute la famille fait ses armes. Ses frère et sœur suivent le même enseignement et skient également en compétition, jusqu'à l'adolescence. Jean-Baptiste Grange, lui, se prend davantage au jeu, passant une à une les étapes traditionnelles du système fédéral : en sélection de district tout d'abord, au lycée à Moûtiers et à Albertville, puis en équipe départementale. Sous les ordres de son premier entraîneur au sein du Comité de ski de Savoie quatre années durant, Pascal Silvestre, il intègre la sélection nationale en Coupe d'Europe, toujours à ses côtés, réputé pour être le second échelon planétaire, en dessous du circuit de la Coupe du monde de ski alpin. Pour autant, le chemin du jeune skieur n'est pas tout tracé. À 10 ans, il reçoit en effet une contre-indication médicale pour la pratique du ski en raison de deux hernies discales lombaires qui l'obligent à porter un corset. C'est à l'encontre de ce diagnostic qu'il intègre une formation « ski-étude » au collège à Modane, dont est responsable sa mère.
Malgré ses douleurs récurrentes au dos, le jeune skieur brille dès ses plus jeunes années, en prenant par exemple les deuxième et quatrième places du slalom géant et du slalom du Trofeo Topolino, une compétition internationale disputée chaque année dans les montagnes italiennes, réservée aux enfants des catégories benjamins et minimes et considérée comme la plus relevée à ce niveau. En France, il n'est pas en reste puisqu'il termine deuxième du « Coq d’Or », remporte le super G et le slalom de la « Scarafiotti », des performances confirmées par un titre de vice-champion de France minimes du slalom. De même, en cadets, le skieur monte sur plusieurs podiums, devenant deux fois vice-champion de France du slalom, une fois du combiné.
Progression vers le haut niveau
Le passage au niveau juniors s'avère délicat, Jean-Baptiste Grange ne parvenant pas à briller lors des Championnats de France juniors, et trop rarement sur le circuit national. À 15 ans, son premier championnat de France élite se conclut par une 88e place en super G à L'Alpe d'Huez. En décembre 2001, à Val Thorens, il apparaît pour la première fois en Coupe d'Europe, l'antichambre du plus haut niveau mondial. Ses participations se font plus régulières dès l'hiver 2002-2003, plus remarquées d'ailleurs puisqu'une 21e place en slalom à Courchevel le 24 janvier 2003 lui offre ses premiers points sur le circuit continental à 18 ans. Cette performance détermine sa participation aux prochains Championnats du monde juniors qu'organisent le Briançonnais, à Serre Chevalier et Montgenèvre. Aligné dans toutes les épreuves hormis en super G, Grange y obtient deux places d'honneur sur le combiné (11e) et en slalom (18e), se contentant de résultats médiocres en géant (33e) et en descente (31e). La saison 2003-2004 le voit s'affirmer comme l'un des meilleurs techniciens français de sa génération. Régulièrement classé dans les points en Coupe d'Europe, son meilleur résultat étant une 18e place en slalom à Sierra Nevada en Espagne, il décroche sur les pentes de Valloire, chez lui, son premier titre de champion de France juniors en gagnant le slalom le 21 janvier 2004. Il devance alors un autre Savoyard, Adrien Théaux, âgé comme lui de 19 ans. Juste avant ce premier succès d'envergure, le 11 janvier 2004, le skieur avait disputé à Chamonix sa première course en Coupe du monde ; un slalom prématurément quitté en première manche, en raison d'une erreur commise après le premier intermédiaire. Quelques semaines plus tard, il renouvelle l'expérience à Kranjska Gora en Slovénie, terminant cette fois le premier tracé au 45e rang, à un peu plus d'une seconde de la qualification pour la seconde manche.