Jean-Baptiste de Boyer, marquis d’Argens, né à Aix-en-Provence le 27 juin 1703, mort au château de La Garde, près de Toulon, le 11 janvier 1771, est un écrivain français.
Fils de Pierre-Jean de Boyer, marquis d'Argens, seigneur d'Éguilles et de Joyeuse-Garde (à St-Martin et Mouriès), procureur général au Parlement de Provence, et d'Angélique l'Enfant, petit fils de Jean-Baptiste (II) Boyer d'Éguilles, Boyer d’Argens suivit la carrière des armes et eut une jeunesse fort licencieuse. Sa vie sentimentale impétueuse s’est particulièrement orientée vers les actrices de théâtre. Dès l’âge de quinze ans, malgré l’opposition de son père qui le destinait, en tant que fils aîné, à la magistrature, il entra dans l’armée où il resta jusqu’à la trentaine, ce qui poussa son père à le déshériter au profit de son frère cadet, Alexandre Jean-Baptiste de Boyer. Blessé devant Philipsbourg en 1734, il quitta le service et se retira en Hollande, afin d’y écrire librement ses pamphlets - notamment ses Lettres juives, qui lui valurent la célébrité.
Il attira l'attention du roi de Prusse par ses attaques contre le christianisme : ce prince l’appela à sa cour, en fit son chambellan avec 6 000 francs de traitement, et le nomma « Kammerherr » directeur général de son Académie des sciences. Il s’offensa néanmoins de le voir épouser à Berlin le 27 janvier 1749 Barbe Cochois, actrice à l'Opéra de Berlin. Cependant, ce mariage fut très heureux. Ils eurent une fille, Barbe de Boyer d'Argens, née en 1754, dont la naissance fut cachée jusqu'en 1769 par crainte de la réaction de la marquise d'Argens mère, et qui épousa en 1774 Raphaël de Magallon, seigneur du Val d'Ardène, avocat général au Parlement de Provence.
Après avoir vécu 25 ans dans l’intimité de Frédéric II, le marquis d’Argens revint passer ses dernières années dans sa famille, à Aix. À la mort du marquis, le roi fit ériger un mausolée à sa mémoire dans l’église Notre-Dame de la Seds, à Aix : ce monument est l'œuvre du sculpteur Charles-Antoine Bridan.
Il avait une instruction vaste et variée, et ses écrits sont inspirés par la philosophie sceptique de l’époque.
Robert Darnton considère que d’Argens a probablement été l’auteur du roman philosophico-pornographique Thérèse philosophe, ou mémoires pour servir à l’histoire du P. Dirrag et de Mlle Éradice.
La bibliographie chronologique qui suit est extraite du travail de la bibliothèque de Trèves (Trier/Allemagne) ; cette bibliographie a fait l'objet d'un travail de remaniement assez important. L'adresse du site de la Bibliothèque de l'Université de Trier est donnée ci-dessous en annexes. On s'y reportera, en particulier pour acquérir les nombreux renvois aux adresses électroniques qui permettent de lire les fac-similés. De manière générale, une recherche sur le nom « Boyer d'Argens » sur le site de Gallica permet d'accéder à la plupart des textes en français. On notera l'édition en cours sur Wikisource de quelques textes issus des fac-similés présents sur Gallica.
1730 Promenades d’Ariste et de Sophie, ou instructions galantes et serieuses pour une jeune demoiselle qui veut entrer dans le monde. Par Monsieur de L**. - Amsterdam: Du Sauzet, 1730. (12), 308 pages.
1735 Mémoires de Monsieur le Marquis d'Argens: avec quelques lettres sur divers sujets. - Londres: Aux dépens de la Compagnie, 1735. 296 pages (cf. Wikisource : Mémoires et Lettres du marquis d'Argens).
1735 Mémoires du comte de Vaxere ou le faux rabin. Amsterdam 1735. XII, 282 pages.
1735-1737 Lettres Juives, ou Lettres d'un Juif en Voyage à Paris à ses Amis en divers Endroits. - La Haye: Pierre Paupie, 1735-1737. (Wikisource : Lettres juives (éd. Paupie 1754))
1736 Les enchainemens de l'amour et de la fortune, ou les Mémoires du Marquis de Vaudreville. - La Haye: Benjamin Gibert, 1736. , 245, .
1736 Histoire du roi de Campanie, et de la princesse parfaite. - Paris, chez la veuve de Louis-Denys Delatour, 1736. (2), 180 pages.
1736 Histoire du roi de Campagnie, et de la princesse parfaite. Amsterdam: Wetstein & Smith, 1736. 230 pages.
1736 Mémoires, avec quelques lettres sur divers sujets. - Londres: Aux dépens de la Campagnie [!], 1736. 243 pages.
1736 Mémoires De La Comtesse De Mirol, Ou Les Funestes Effets De L'Amour Et De La Jalousie : Histoire Piémontoise. - LaHaye: Moetjens, 1736. , 224 S.
1736 Mémoires De Mademoiselle De Mainville, Ou Le Feint Chevalier. - LaHaye: Paupie, 1736. - , 226 pages.
1736 Mémoires du marquis de Mirmon, ou le solitaire philosophe, par L. M. D.. - Amsterdam: Wetstein et Smith, 1736. ? 319 pages.: Ill.