Ce Jour-là

Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie

Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de la Haie est un écrivain et prêtre catholique français né à Fougerolles, le 21 février 17

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Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de la Haie est un écrivain et prêtre catholique français né à Fougerolles, le 21 février 1741 et mort le 15 avril 1821.

Il est le fils de Gervais-Louis Ouvrard, sieur du Verger, originaire du Mans, et d'Anne-Jeanne-Marguerite Voisin, fille du sieur de la Ménardière. Il fut élevé au château de la Hautonnière où son père était régisseur.

Le frère aîné, Gervais-Jean-Baptiste-Toussaint Ouvrard de la Haie, né le 31 octobre 1739 sera à Ernée notaire et contrôleur des actes, devient ensuite receveur de l'enregistrement à la suite des modifications apportées par la Révolution française. François-Louis Ouvrard, son autre frère, né à Larchamp le 24 janvier 1745, fut chanoine régulier de Sainte-Geneviève de Paris. Prieur de Saint-Saturnin près du Mans, après 1783, il refuse le serment à la Constitution civile du clergé. Il est déporté à La Corogne, et rentra en l'an IX dans sa cure où il décéda en septembre 1805. Il est l'auteur d'un manuscrit conservé à la Bibliothèque du Mans : Recueil de différentes histoires.

La famille Ouvrard de la Haie portait : de gueules à la bande d'argent, chargée de 3 besans, au chef d'azur chargé de 3 clefs.

Passionné de chevaux, il se livre aux exercices physiques où il faisait merveille, comme il le raconte lui-même. L'enfant est pourtant destiné comme cadet de la famille à la prêtrise et est tonsuré en 1758.

Il fut envoyé au séminaire de Domfront, puis il obtint une des douze bourses du collège du Mans, à Paris, où il faisait sa philosophie en 1760. Il est passionné de sciences, et assiste aux expériences de physique amusante données à Paris par Jean Antoine Nollet. Il s'y adonna avec précision. et passa maître ès arts. C'est à ce moment qu'il se décida définitivement pour l'état ecclésiastique.

Resté au collège du Mans, il suivit les cours de théologie de La Sorbonne, où il étudia en même temps l'hébreu, et fit son droit sous l'autorité de Claude de Ferrière. Il devient docteur en droit et, finalement, reçoit un titre sacerdotal à la Haie en Larchamp. Resté à Paris et ordonné prêtre à une date inconnue, Jean-Baptiste-Michel Ouvrard, qui résidait alors dans la communauté des prêtres de la paroisse Saint-Cosme de Paris, se fit présenter en 1768 à la prestimonie du Jariel, à l'hôpital d'Ernée. Il se livrait entre-temps à l'étude des matières bénéficiales et s'occupait à la rédaction des procès-verbaux des Assemblées du clergé quand il fut nommé conseiller au Conseil supérieur de Blois, poste qu'il refuse.

Le 24 juillet 1773, il devient curé de Fougerolles. Apprécié par ses paroissiens, qui l'appellent le petit évêque de Fougerolles, il se caractérise par son tempérament jovial et libéral. Bien qu'il soit apprécié par ses supérieurs, il mène une existence de gentilhomme. Il aime le faste, il est apprécié par ses supérieurs qui lui trouvaient de l'esprit et de l'honnêteté, reconnaissaient que sa paroisse était bien tenue ; quoiqu'il ait peu l'esprit ecclésiastique, il prêche quelquefois et confesse.

La cure était d'un revenu de 10.000 à 12.000 livres et au ministère paroissial de laquelle étaient attachés trois vicaires. Administrateur habile, Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie était avide de gains et exigeant envers ses collaborateurs et paroissiens. Tout en augmentant sa mense ecclésiastique grâce à des bénéfices de sa paroisse, il a progressivement enrichi son patrimoine entre 1785 et 1787 par divers achats et échanges de terres et de maisons. Au début de la Révolution française, le traitement annuel du curé de Fougerolles, pour une paroisse comptant 1 703 habitants, fut établi à 3 291 livres 10 sols 6 deniers, tandis que ses divers bénéfices lui conféraient un revenu net de 3 878 livres. Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie a vécu le faste provincial à la fin de l'Ancien Régime et a ensuite subi la gêne et l'exil avec l'arrivée du nouveau régime.

Le 20 février 1791, il prête serment à la Constitution civile du clergé, en chaire, mais avec certaines réserves qui auraient pu lui valoir un internement à Laval. L'abbé Ouvrard demeura à la tête de sa paroisse jusqu'en juillet 1791 (son dernier acte signé date du 28 juin 1791) et dut se retirer en raison de l'arrivée du prêtre constitutionnel, Ange Destais, ancien bernardin de l'Abbaye Notre-Dame de la Vieuville, installé dans le district de Dol, avec lequel il vécut en bonne intelligence.

Contraint à l'exode par la loi du 26 août 1792, il quitte sa cure de Fougerolles et va se réfugier dans sa maison voisine. Peu après, le décret de déportation des prêtres réfractaires l’oblige à quitter la France sous peine de mort. Avant de partir, de façon prévoyante et contrairement à d'autres curés comme Jacques-Pierre Fleury, il organise la vente fictive de ses biens à sa famille pour les protéger de la confiscation, tout en conservant une reconnaissance écrite de sa propriété réelle.

En septembre 1792, il ne se rend pas à Laval, et passe par Granville pour Jersey avec une importante somme d'argent en or. Muni d’un passeport élogieux délivré par sa municipalité, il quitte Fougerolles pour Granville, accompagné de son neveu et de deux domestiques. Le voyage est marqué par la crainte des brigands et des violences contre les prêtres, mais il arrive sain et sauf à Granville, où il embarque pour Jersey avec près de 900 autres ecclésiastiques.

À Jersey, Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie est d’abord logé grâce à la générosité d’un avocat local, puis chez un négociant nommé Doré. L’île, bien que petite et surpeuplée d’émigrés et de prêtres, offre une relative sécurité et une vie communautaire active. Il décrit dans ces Mémoires les difficultés matérielles, les tensions avec les révolutionnaires français qui tentent d’y semer la discorde, et les dangers liés aux vols et aux agressions. Il témoigne de la solidarité entre les exilés, de l’accueil des habitants de Jersey, et des activités militaires locales. Malgré les privations, il participe à la vie sociale et religieuse, tout en subissant les restrictions imposées par les autorités anglaises.

Ouvrard de La Haie quitte Jersey pour Londres, où il retrouve des amis et des connaissances. Il y vit chez un jeune libraire, où il suit des cours d'anglais en échange de leçons d'escrime. Il décrit dans ces Mémoires la vie des émigrés français, souvent bien accueillis et soutenus par les Anglais, malgré quelques tensions politiques. Il s’étonne des coutumes locales, comme la consommation de bière forte, la vapeur du charbon qui obscurcit la ville, ou encore la diversité religieuse et architecturale de Londres. Il visite les monuments emblématiques (Saint-Paul, Westminster, la Tour de Londres, etc.) et s’intéresse à la vie quotidienne, notamment aux parcs et aux distributions de lait frais.

Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie quitte Londres pour Ostende, port flamand alors en ruines. Le voyage en mer est marqué par la crainte d’un corsaire français, mais il arrive sain et sauf. À Ostende, il échappe de justesse au vol de ses malles grâce à l’intervention d’un domestique. Après une brève escale, il se rend à Bruges, où il admire la ville et s’installe dans une pension recommandée par un grand-vicaire local. À Bruges, Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie vit dans une pension coûteuse, puis chez un tailleur. Une chute grave dans un escalier lui cause une inflammation à la hanche, qu’il tente de soigner avec des méthodes empiriques, aggravant son état. Un chirurgien local intervient, mais la saignée provoque une crise de goutte. Un révolutionnaire brugeois, malgré ses opinions politiques différentes, lui porte secours et lui offre une bouteille de vin.

Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de La Haie se lie avec la bonne société de Bruges, devenant une figure populaire, surnommé « l’oncle de Bruges » pour sa bienveillance et son esprit.

Pendant son séjour, il s’occupe activement des émigrés français blessés, notamment après la bataille de Menin. Il organise leur transport vers Gand, où il veille à leur installation et à leurs soins, malgré les difficultés logistiques et les risques liés à l’avancée des troupes françaises. Il assiste notamment le major Bernard de Bonnevin, gravement blessé, jusqu’à sa mort, et s’occupe de ses funérailles solennelles en présence de dignitaires français et étrangers.

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