Ce Jour-là

Jean-Auguste-Dominique Ingres

Peintre français

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Jean-Auguste-Dominique Ingres (/ʒɑ̃ ogyst dɔminik ɛ̃gʁ/), né le 29 août 1780 à Montauban et mort le 14 janvier 1867 à Paris, est un peintre français également excellent musicien — il fut second violon auprès de l'Orchestre de Toulouse — ce qui l'amena à se lier d'amitié avec les plus grands violonistes de son temps, Niccolò Paganini et Pierre Baillot.

Après un premier apprentissage à Montauban, sa ville natale, il devient à Paris élève de Jacques-Louis David. Lauréat en 1801 du Grand prix de Rome en peinture, il se rend en Italie en 1806 et y reste jusqu'en 1824. À son retour à Paris, il connaît une reconnaissance officielle, apparaissant comme le champion de la doctrine du beau et de la primauté du dessin sur la couleur, en opposition successive aux courants romantiques et réalistes. Nommé directeur de l'Académie de France à Rome, il y retourne de 1835 à 1840.

Ingres a d'abord et à plusieurs étapes de sa carrière vécu de ses portraits, peints ou dessinés. Réputé peu sociable, il fut souvent mal traité par la critique. Les tenants d'un style plus libre et d'une exécution plus rapide condamnaient sa manière tout comme les académiques, qui lui reprochaient notamment les déformations expressives qu'il faisait subir aux corps dans ses nus.

Jean-Auguste-Dominique Ingres est né à Montauban, Tarn-et-Garonne, le 29 août 1780. Il est l'ainé des cinq enfants d'Anne Moulet et du peintre et sculpteur Jean-Marie-Joseph Ingres (1755-1814), qui favorise ses penchants artistiques, lui inculque les rudiments de son art et lui fait apprendre le violon.

Il entre en 1791 à l’Académie royale de Toulouse où il est formé par le peintre historique Jean Suau (1755-1841) et suit les cours du peintre Joseph Roques (1757-1847) et du sculpteur Jean-Pierre Vigan (1754-1829). Durant cette période, qu'il consacre au dessin, son excellente maîtrise du violon lui permet de financer son existence en qualité de second violon de l’Orchestre du Capitole.

C'est en compagnie de Guillaume Roques (1778-1848), fils de son maître Roques, qu'il se rend à Paris, en 1796, pour étudier sous la direction de Jacques-Louis David, qui lui permettra de s’éloigner de son néo-classicisme en recherchant un idéal de beauté fondé sur de difficiles harmonies de lignes et de couleurs. Il peint le portrait d'amis ainsi que de l'astronome et explorateur Pierre-François Bernier, dont il a fait la connaissance à Montauban. Il fréquente le peintre Anne-Louis Girodet (1767-1824) dans l'ancien couvent des Capucines où il a son atelier, et se lie d'amitié avec le sculpteur florentin Lorenzo Bartolini (1777-1850).

Deuxième finaliste du prix de Rome en 1800 grâce à Scipion et le fils d'Antiochus, Ingres remporte le prix de Rome en peinture d'histoire à sa seconde tentative en 1801 avec Les ambassadeurs d'Agamemnon (Beaux-Arts de Paris), mais il ne peut s'y rendre immédiatement, en raison des évènements politiques sous le consulat et du manque de financement. Il s'installe avec d'autres élèves de David à l'ancien couvent des Capucines où il peint principalement des portraits, entre autres celui de son père, aujourd'hui au musée Ingres-Bourdelle, et son Autoportrait à vingt-quatre ans (1804, Chantilly, musée Condé), caractérisés par des fonds bruns très davidiens, des poses des trois quarts et des regards perçants tournés vers le spectateur. Il dessine d'après des œuvres du Louvre, principalement des statues antiques.

Premier séjour à Rome (1806-1820)

Ingres n'expose que des portraits au Salon de 1806 (Autoportrait à l'âge de vingt-quatre ans, portraits de Mme Rivière et de sa fille Caroline, Napoléon Ier sur le trône impérial), que la critique juge « secs » et « gothiques ».

En juin 1806, il se fiance avec l'artiste peintre française Julie Forestier, mais sa relation ne résiste pas à son absence après son départ pour l'Académie de France à Rome en septembre.

En 1806, Ingres découvre à Rome, Raphaël, son « Dieu » qu'il ne connaissait que par de médiocres gravures et qui l'inspirera sa vie durant, et le Quattrocento, qui marquent définitivement son style. Il visite fébrilement musées, palais et églises.

Avec une certaine lenteur qui lui est reprochée, il envoie les productions exigées de tout pensionnaire, dont La Baigneuse Valpinçon et un autre nu alangui très érotique, disparu, surnommé La Dormeuse de Naples à la suite de son achat rapide par Joachim Murat. Seul son Œdipe explique l'énigme du sphinx paraît respecter les canons esthétiques de l'époque.

Ces années de travail sont les plus fécondes avec les nus, les paysages, les dessins, les portraits, agrémentés en arrière-plan de paysages romains, et les compositions historiques de format plus modeste retraçant des épisodes de la vie de personnages célèbres du Moyen Âge et de la Renaissance. Les portraits dessinés constituent l'essentiel de ses revenus. Ses modèles sont principalement de riches voyageurs effectuant le Grand Tour de l'Europe.

Il est en pleine possession de son art et son séjour à Rome est aussi l'occasion de tisser des liens amicaux avec les grands commis de l'administration impériale : le comte de Tournon et sa mère, Edme Bochet et sa sœur, Cécile Bochet, épouse Henry Panckoucke, Hippolyte-François Devillers, le baron de Montbreton de Norvins. En France, cependant, ses toiles peintes en Italie ne plaisent pas. En 1810, à la fin de son séjour à la Villa Médicis, il décide donc de rester à Rome et de travailler pour l'administration impériale et la colonie française de Rome. Il s'installe près de l'église de la Trinité-des-Monts, où il peint Romulus, vainqueur d'Acron (1812) et Le Songe d'Ossian destinés au palais du Quirinal. Il peint encore Virgile lisant l'Énéide pour la Villa Aldobrandini du général Miollis.

Il se marie en 1813 avec Madeleine Chapelle (1782-1849), une jeune modiste venant de Guéret. En 1814, Madeleine tombe enceinte mais l'enfant, un garçon, meurt à la naissance. Au total, Ingres réalisa dix portraits de sa femme. Mais le plus célèbre tableau sur lequel elle apparaît est Le Bain turc. Madeleine pose pour l'odalisque aux bras levés qui s'étire au premier plan. Le tableau a été réalisé en 1862, après la mort de Madeleine. Elle fut peinte d'après un croquis qu'Ingres avait réalisé en 1818. En 1850, il va à Châlons chez sa belle-mère pour connaître les lieux où sa femme a vécu, et y rencontre le notaire Louis Changy. Il semble y être retourné l'année suivante.

Il séjourne à Naples en 1814 afin d'effectuer un portrait de Caroline Murat.

À la chute de Napoléon Ier en 1815, il perd sa clientèle ; des difficultés économiques et familiales l’entraînent dans une période financièrement difficile pendant laquelle il peint, avec acharnement, tout ce qu’on lui commande, notamment des portraits, ce qu'il déteste mais réussit à merveille, ainsi que de petits tableaux historiques.

Il sollicite ses amitiés romaines et ses bonnes relations avec les Panckoucke et les Bochet lui présentent Charles Marcotte d'Argenteuil, ami de Jacques-Édouard Gatteaux, ami proche d'Ingres. Très vite, Charles Marcotte d'Argenteuil devient un proche du peintre, jusqu'à devenir un de ses principaux mécènes jusqu'à son décès en 1864. Après la mort de Madeleine, ce dernier ira même jusqu'à lui présenter sa nièce, Delphine Ramel, qu'Ingres épousera le 15 avril 1852. De ce mariage, viendra la décision d'acheter la maison de Meung-sur-Loire avec son nouveau beau-frère, Jean-François Guille, notaire et conseiller général du Loiret, où il se retirera tous les étés pour bénéficier de la douceur et de la lumière de la Loire.

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