Jean-Antoine Houdon, né le 20 mars 1741 à Versailles et mort le 15 juillet 1828 à Paris, est un sculpteur français.
Il est l'un des plus importants statuaires du XVIIIe siècle. Réputé pour le rendu réaliste de ses œuvres, habile non seulement dans le travail en marbre, Houdon avait aussi un talent et aptitude pour façonner la terre, le plâtre et le bronze. On l'appelle souvent « le sculpteur des Lumières ».
La mère de Jean-Antoine Houdon, Anne Rabache, était issue d'une famille de jardiniers du château de Versailles. Quant à son père Jacques Houdon, il était domestique puis concierge de la Nouvelle École des protégés du Roi à Paris, jusqu'en 1775. Cette fonction était plus importante que le sens actuel ne le laisse supposer.
Houdon commence à sculpter enfant, à neuf ans, dans l'atelier de Jean-Baptiste Pigalle, puis devient élève de Michel-Ange Slodtz dont il revendiquera l'influence.
Après l'Académie, Houdon obtient en 1761 la bourse rétribuant le prix de Rome. Il arrive à Rome lorsque le classicisme florissant commence à détrôner le berninisme. Houdon étudie les œuvres de l'Antiquité et les artistes de la Renaissance comme Michel-Ange. Il apprend rapidement à combiner le réalisme avec l'idéalisme grec. Il séjourne à Rome de 1764 à 1768, date à laquelle il revient à Paris. Houdon s'intéresse vivement à l'anatomie du corps humain et veut que ses œuvres soient fidèles à la nature. « J'ai employé ce temps à des études profondes sur l'anatomie comme base du dessin », écrit-il. C'est pendant son séjour à Rome qu'il réalise son chef-d'œuvre l’Écorché, sculpté en 1767 avant son retour à Paris, et son premier succès.
Il est agréé par l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1769 où il est reçu le 26 juillet 1777. Il expose au Salon à partir de 1771 jusqu'en 1814.
En 1778, il réalise quatre portraits de Voltaire, dont seul le portrait tête nue donne satisfaction au philosophe et dont la grande version en marbre du Voltaire assis est conservée à Paris à la Comédie-Française. De plus, Houdon moule son masque mortuaire. Il réalise les portraits des philosophes Diderot et Rousseau. En 1787, il réalise le portrait du roi Louis XVI, dont il présente le marbre au Salon de 1790.
Houdon s'installe en mars 1772 dans un atelier fondé en 1731 rue du Faubourg-du-Roule (actuellement 195-205, rue du Faubourg-Saint-Honoré) comprenant une fonderie où ont travaillé les sculpteurs Jean-Baptiste Lemoyne, Edme Bouchardon et Jean-Baptiste Pigalle. Il en est chassé en mars 1787 et achète le 21 mars 1787 une propriété en face au 76-78, rue du Faubourg-du-Roule (actuellement 228, rue du Faubourg-Saint-Honoré) où il construit des fourneaux. Il y réalise de nombreux chefs-d'œuvre, les statues d'Apollon en 1788, de Diane en 1788, l'écorché en 1790. Les opérations de fonte étaient ouvertes au public pour lequel Houdon distribuait des billets d'entrée. Il y vit avec sa famille jusqu'à sa mort.
Voyage en Prusse et commandes en Russie
Sa rencontre avec Diderot, et le succès du portrait du philosophe « au naturel » (1771), c'est-à-dire sans perruque, ouvre les portes des cours étrangères de Prusse et de Russie. Houdon fait deux voyages à la cour de Saxe-Gotha, principauté de Thuringe, pour répondre à la commande d’un mausolée en mémoire de la duchesse Louise-Dorothée et du duc Frédéric III. Leur fils le duc Ernest II Saxe-Gotha-Altenbourg commande alors plusieurs centaines de plâtres à Houdon, lui offrant un véritable musée visible aujourd'hui encore au château de Friedenstein, à Gotha.
Après la haute société allemande qui lui passe de nombreuses commandes, c'est la cour de Russie avec les figures des princes Dimitri Alexievitch Galitzine et Stroganov qui lui passe commande des portraits de Diderot et la tsarine de Russie Catherine II. La cour de France ne lui passe, elle, que trois commandes.
Houdon fait partie d'une loge maçonnique, les Neuf Sœurs, qui a soutenu la jeune république américaine. Il y côtoie Benjamin Franklin, et lorsque celui-ci retourne en Amérique, fait la connaissance de son remplaçant, Thomas Jefferson, qui lui commande un buste et le persuade de faire une statue de George Washington. En 1785, « appelé par l'État de Virginie pour fixer les traits de Washington », Houdon traverse l'Atlantique et passe quinze jours à Mount Vernon pour saisir les traits de Washington qui pose pour lui. Houdon est accompagné de ses assistants praticiens Bégler et Michetti. L'État de Virginie paye 25 000 livres plus une caution de 10 000 livres à la famille du sculpteur s'il arrivait malheur pendant le voyage qui dure de juillet 1785 à janvier 1786. Une des statues de Washington se trouve aujourd'hui au capitole de Richmond. Les sculptures sont sculptées à Paris et envoyées aux États-Unis en 1796. Houdon est un des rares artistes européens de son temps à avoir fait le voyage en Amérique du Nord.
Peu après être retourné à Paris en 1788, Houdon présente au Salon des statues mythologiques et allégoriques, notamment une Diane et une Baigneuse (New York, Metropolitan Museum of Art).
Le mariage avec Cécile Langlois
Houdon se marie le 1er juillet 1786 avec Marie-Ange-Cécile Langlois. Elle va prendre en charge la gestion de l'atelier du sculpteur, tant pour les relations commerciales des éditions qu'avec les commanditaires pour les contrats et les paiements. Fille adoptive de la comtesse de Villagagnon et du banquier britannique Thomas Walpole, cousin de Horace Walpole et descendant du premier ministre britannique Robert Walpole. Cécile Houdon traduit le roman anglais Belmour de la sculptrice et romancière anglaise Anne Seymour Damer, qui est sa cousine par alliance.
Avec son mari ils auront trois filles, Sabine (née en 1787), Claudine (née en 1788) et Anne-Ange (née en 1790) qui servent au sculpteur plusieurs fois de modèles pendant les années de la Révolution.
La peintre et graveuse Joséphine Calamatta (1817-1893) est leur petite-fille. Une peintre, morte à Paris en 1795, semble être une parente du sculpteur. Le 3 janvier 1790, il est témoin du mariage de sa cousine germaine la peintre Marguerite-Julie-Antoinette Houdon.
Parmi ses bustes exposés au Salon de 1790 figurent ceux de La Fayette, de Benjamin Franklin, d'Honoré de Mirabeau, de Jacques Necker, et de Jean Sylvain Bailly. En 1793, dénoncé par Jacques-Louis David, au Comité de Salut Public pour avoir travaillé une statue de Sainte Scolastique, Houdon est acquitté en transformant sa sculpture en Philosophie. La sculpture est payée et placée dans la salle de Séances de la Convention en 1795. Houdon propose alors de réaliser un Monument à Jean-Jacques Rousseau aux Champs-Élysées, puisqu'il a réalisé le masque mortuaire du philosophe.