Ce Jour-là

Jean-Étienne-Marie Portalis

Juriste français (1746-1807)

Anúncio

Jean-Étienne-Marie Portalis, dit Portalis l'Ancien, né le 1er avril 1746 au Beausset (Var) et mort le 25 août 1807 à Paris, est un avocat, jurisconsulte, philosophe du droit et homme d'État français, par ailleurs académicien et grand aigle de la Légion d'honneur (1805).

Il est notamment connu pour avoir été sous Napoléon l'un des rédacteurs du Code civil des Français de 1804, avec les juristes Tronchet, Bigot de Préameneu et Maleville, qui institue une « législation uniforme, sorte de synthèse du droit d'Ancien Régime et des idées nouvelles » de la Révolution de 1789.

Il a également participé à l'application du régime concordataire, conclu en 1801 avec le pape Pie VII, en tant que ministre des Cultes lors des premières années du Premier Empire napoléonien, permettant ainsi le retour d'une paix civile.

Issu d'une vieille famille bourgeoise d'origine italienne, fils d'Étienne Marie Portalis, notaire royal au Beausset, syndic de la noblesse, professeur de droit, et de Marie David, Jean-Étienne-Marie Portalis étudie chez les Oratoriens de Toulon puis surtout de Marseille où il est imprégné du « cartésianisme christianisé » de Nicolas Malebranche opposé à l'aristotélito-thomisme même si son attachement familial sincère au catholicisme se rapproche de l'antiphilosophisme. Il suit les cours de l’école de droit d'Aix-en-Provence.

En même temps, il débute dans les lettres par un essai intitulé Observations sur l'ouvrage intitulé Émile ou de l'éducation (1763), et par une brochure qui fait quelque bruit dans sa province : Des préjugés.

Reçu avocat en 1765, il débute avec succès au barreau d'Aix, il ne tarde pas à s'imposer parmi les tout premiers jurisconsultes de Provence. Il se forge très vite une réputation, exerçant ses talents dans plusieurs procès retentissants comme celui contre Beaumarchais (auteur du Mariage de Figaro) ou celui de Mirabeau. Son modèle intellectuel est d'Aguesseau. Portalis se fait surtout remarquer, dans les discussions, par la simplicité qu'il apporte à ses plaidoiries : c'était rompre avec les traditions, les vieux avocats blâmèrent le ton du débutant, qui riposta, dit-on, avec vivacité : « C'est le barreau qui a besoin de changer d'allure, et non pas moi ! »

La science juridique de Portalis se révèle pour la première fois dans un écrit intitulé : Sur la distinction des deux puissances, écrit composé à l'occasion d'une lutte engagée par le clergé contre le parlement d'Aix : l'auteur est l'objet de violentes attaques, mais se défend. Une consultation qu'il publie en 1770, à la demande de M. de Choiseul, sur la validité des mariages des protestants en France, se rapprochant des thèses de Melchior Cano et du janséniste Robert-Joseph Pothier, lui vaut des éloges de Voltaire, et le désigne bientôt pour les fonctions d'assesseur d'Aix.

Mais sa première vraie célébrité lui vient de sa défense de la cause de la comtesse de Mirabeau, plaidant en séparation de corps contre son mari, le célèbre comte de Mirabeau, qui se défend lui-même. En cette année 1783 on parle de ce procès jusqu'à Paris, il lui vaut une rancune à vie de la part du comte de Mirabeau, battu.

Il est initié franc-maçon à 22 ans puis rejoint la loge les Arts et l'Amitié à l'Orient d'Aix-en-Provence dont il est successivement orateur puis vénérable.

En 1787, Portalis devient le second des quatre administrateurs électifs de la province de Provence, connus sous le nom de procureurs du pays. L'année suivante, il rédige, au nom de l'ordre des avocats du parlement d'Aix, une Lettre au garde des sceaux contre les tentatives de l'archevêque de Sens, Loménie de Brienne, pour amener un changement dans la constitution du royaume et le rétablissement des états de Provence. Cette lettre est bientôt suivie d'un autre écrit sur le même sujet, intitulé : Examen impartial des édits du 8 mai 1788.

Le jeune avocat est en possession d'une belle situation dans sa province quand éclate la Révolution.

Lorsque les États généraux sont convoqués par Louis XVI, il évoque l'idée de se présenter comme député d'Aix, soutenu par de nombreux membres du parlement de Provence. La candidature de Mirabeau, au nom du tiers état, le décide à se présenter à Toulon. Mais il doit également renoncer. Il adopte tout de même les idées révolutionnaires de 1789 qu'il défend au parlement de Provence et au conseil municipal d'Aix.

Tant l'inimitié de Mirabeau à son égard que le peu d'enthousiasme qu'il semble avoir manifesté pour les idées nouvelles, éloignent Portalis de l'Assemblée constituante.

Dans les premiers mois de 1790, il refuse d'être commissaire du roi pour l'organisation d'un des trois départements formés de l'ancienne Provence. Se présentant comme un monarchiste constitutionnel, il est élu au comité central d'organisation des gardes nationales. Mais très vite, il se détache des « excès » de la révolution. De nombreuses émeutes (souvent organisées par les partisans de Mirabeau) agitent la Provence. Lui-même a la vie menacée à plusieurs reprises. Le 27 septembre, il se retire avec les siens dans sa propriété des Pradeaux de Saint-Cyr-sur-Mer et y demeure à l'écart des affaires jusqu'en février 1792. Il arrête également sa carrière d'avocat.

Avec la fuite du roi à Varennes et la prise de pouvoir par les révolutionnaires radicaux aux élections de 1792, la situation change et être tenu pour royaliste (même constitutionnel) l'oblige à se réfugier à Lyon où il redevient avocat, tout en restant prudent sur ses propos durant la Terreur. En janvier 1793, en plein procès de Louis XVI, sa nature courageuse (si ce n'est téméraire)[réf. souhaitée] et l'indignation le poussent à rédiger et plaider une défense du Roi devant de nombreuses personnes. À partir de ce moment, il vit traqué, par les armées révolutionnaires et les commissaires de la convention, dans la banlieue de Lyon.

En décembre 1793, le meurtre de son secrétaire à Villeurbanne le pousse à fuir. Il pense que l'anonymat parisien le protégera mais, dénoncé, il est emprisonné dès son arrivée, le 31 décembre. Il doit son salut, comme beaucoup, à la chute de Robespierre, le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

Il se fixe alors à Paris, y reprend l'exercice de sa profession d'avocat et se fait élire, le 28 vendémiaire an IV (1795), député de la Seine au Conseil des Anciens. En même temps, il obtient la majorité dans les Bouches-du-Rhône. Il opte pour Paris et prend place, aux Anciens, dans les rangs du parti contre-révolutionnaire qui fait au Directoire une vive opposition.

Il unit ses efforts à ceux de Joseph Jérôme Siméon (son compatriote et beau-frère), de Barbé-Marbois, de Lebrun et autres, s'oppose à la création d'un ministère de la Police, est secrétaire, puis président de l'assemblée, prend la défense des prêtres et des émigrés, combat la résolution relative aux délits de presse, se prononce en maintes circonstances contre les sociétés populaires, est mêlé à l'affaire de la conspiration de La Villeheurnois, comme devant remplacer Cochon de Lapparent au ministère de la Police, et fait un rapport sur le divorce.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Jean-Étienne-Marie Portalis | World in Stories