Jean-Émile Friand, né le 5 février 1920 à Marlenheim et mort le 22 décembre 2012 à Strasbourg, est un résistant français pendant la Seconde Guerre mondiale. Il combat dans l'armée du général Giraud en Tunisie, puis dans la Résistance au sein du Groupe mobile d'Alsace (GMA) Vosges. Il termine la guerre au sein de la 2e DB.
Jean-Émile Friand est le fils de Joseph Friand, menuisier, et d'Alphonsine Amélie Hanss.
Il est pâtissier à Phalsbourg quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Après l'Armistice et l'annexion de fait de l'Alsace, en novembre 1940, il est expulsé par les autorités du Troisième Reich. Il se réfugie à Arnac-Pompadour.
Début janvier 1941, à Brive, il fait une demande pour s'engager dans l'armée d'armistice. Il est dirigé sur l'Algérie.
Le 30 janvier 1941, à Oran, il s'engage pour trois ans au titre du 2e régiment de zouaves. Après le débarquement allié en Afrique du Nord, il est muté au 40e régiment d'artillerie nord-africaine qui est engagé contre les Allemands en Tunisie.
Le 3 janvier 1943, il est fait prisonnier à Fondouk El Okbi et interné à Tunis puis transféré à Chalon-sur-Saône. Le 20 janvier 1943, il est envoyé à la prison de Karlsruhe et le 19 juin 1943 au camp de Rastatt-Niederbühl.
Le 13 janvier 1944, grâce à l'intervention du service diplomatique des prisonniers de guerre appelé aussi « mission Scapini », il est libéré et revient à Marlenheim. Il trouve un emploi dans une entreprise de charpente à Romanswiller.
Le 9 février 1944, il est arrêté par les autorités allemandes et interné au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Pendant sa détention, il est convoqué au conseil de révision de la Wehrmacht à la mairie de Schirmeck où il refuse de signer son Wehrpass (« livret militaire ») en vue de son incorporation de force dans l'armée allemande.
Dans un premier temps, il est affecté au Kommando de l'aérodrome d'Entzheim à la fabrication d'abris pour les avions. Puis il est affecté à l'entretien des canalisations du camp. À ce poste, propice aux déplacements, il est alors contacté Robert Douvier et Alphonse Martin de Woerth pour organiser une évasion.
Le 6 juin 1944, en fin d'après-midi, Jean-Émile Friand et Alphonse Martin s'équipent en outillage pour simuler la réparation d'une canalisation. Ils traversent le camp des femmes et parviennent à s'évader en suivant le cours d'un ruisseau. Ils se réfugient à Russ chez une connaissance d'Alphonse Martin pendant tout le mois de juin 1944.
Au début du mois de juillet 1944, les deux hommes sont pris en charge par le passeur Michel Ferry, garagiste à Rothau, membre de la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial) au sein de laquelle il est sous les ordres de René Stouvenel. Le passeur les conduit à Moussey d'où les gendarmes les conduits dans le maquis de la 1re centurie du Groupe Mobile d'Alsace (GMA) Vosges commandé par le lieutenant René Ricatte. Jean-Émile Friand s'engage, sous le pseudonyme de « Lucien », dans le groupe clandestin avec le grade ce caporal-chef. Pendant tout le mois d'août, il prend part aux actions du GMA Vosges.
Le 4 septembre 1944, Jean-Émile Friand participe au combat à la ferme de Viombois où il est grièvement blessé et capturé par les Allemands qui l'évacuent sur l'hôpital de Strasbourg où il est soigné.
Le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée. Jean-Émile Friand s'engage, pour la durée de la guerre, dans la 2e division blindée (2 DB). Il est affecté comme brigadier au 40e régiment d'artillerie nord-africain (RANA).
Le 25 août 1945, il est démobilisé et reprend son emploi de pâtissier à Marlenheim.
Le 24 mai 1946, il épouse, à Marlenheim, Marguerite Claire Ostermann.
Jean-Émile Friand est reconnu « Déporté résistant ».
Croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze (16 juillet 1945) avec la citation suivante :
« Brigadier d'ordinaire très actif et particulièrement dévoué. S'est dépensé sans compter payant constamment de sa personne. N'a pas hésité à plusieurs reprises à se porter très en avant à travers des barrages pour ramener du ravitaillement. »