Ce Jour-là

Javier Solana

Homme politique, physicien et diplomate espagnol

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Francisco Javier Solana de Madariaga (né le 14 juillet 1942 à Madrid) est un homme politique, physicien et diplomate espagnol, qui entre 1999 et 2009 exerça la fonction de Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'Union européenne. Précédemment il avait occupé le poste de secrétaire général de l'OTAN (1995–1999), après une carrière politique nationale à la tête de divers portefeuilles, tels que Culture, Éducation et Science, porte-parole du gouvernement et, finalement, ministre des Affaires étrangères dans les gouvernements socialistes de Felipe González.

En 2007, Solana a reçu le prix Charlemagne pour sa contribution à la construction européenne.

Javier Solana vient d'une famille espagnole célèbre. Sa mère était cousine du responsable de la Ligue pour le désarmement des nations, diplomate, écrivain et partisan de l'intégration européenne Salvador de Madariaga. Son père était professeur de chimie. Son grand frère Luis fut emprisonné pour son opposition à la dictature de Franco.

Il est étudiant au Colegio del Pilar de Madrid avant d'aller à l'université complutense de Madrid (UCM). Il est sanctionné en 1963 par les autorités de l'université pour l'organisation d'un forum d'opposition à la semaine de la rénovation de l'université.

En 1964, il rejoint clandestinement le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui sous Franco est devenu illégal depuis la fin de la guerre d'Espagne en 1939. Il est diplômé en 1964 d'une licence en chimie et passe une année à compléter ses études au Haut Conseil espagnol pour la recherche scientifique (CSIC) et au Royaume-Uni. En 1965, il va aux États-Unis où il passe six années à étudier dans diverses universités.

Il étudie pendant un temps à l'université de Chicago et à La Jolla en Californie et il rejoint la lutte contre la guerre du Vietnam. Il reçoit son doctorat en physique avec une thèse sur la superfluidité en 1971 de la Graduate School of Arts & Sciences de l'université de Virginie où il est assistant de recherche et d’enseignement jusqu'en 1971.

De retour en Espagne, il devient maître de conférences en physique du solide à l'université autonome de Madrid (UAM). Ensuite en 1975, il devient professeur à l'université complutense de Madrid. Pendant ces années, il publie plus de trente articles de recherche. Il travaille un temps comme assistant de Nicolás Cabrera qu'il a rencontré lorsque Cabrera était professeur à l'université de Virginie. Il encadre sa dernière thèse de doctorat au début des années 1990.

De retour en Espagne en 1971, Javier Solana adhère à la Coordination démocratique de Madrid en tant que représentant du PSOE.

En 1976, lors du premier congrès national du PSOE en Espagne depuis la fin de la guerre civile, il est élu secrétaire de la Commission exécutive fédérale et également secrétaire pour l'information et la presse, restant en poste pendant cinq ans.

Il est un ami proche du chef du parti Felipe González et est considéré comme un des dirigeants du PSOE responsable de la transformation du parti dans l'ère post-Franco. En 1976, il représente le PSOE au congrès de l'Internationale socialiste qui s'est tenu à Suresnes, et de même lorsqu'il s'est tenu en Espagne en 1977. Le 20 mai 1977, il accompagne González pour rencontrer le roi Juan Carlos au palais de Zarzuela.

Il devient représentant du syndicat des enseignants de l'université complutense de Madrid, et à ce titre il gagne un siège au parlement pour le PSOE le 15 juin 1977. Le 23 février 1981, il est aux Cortes lorsque l'immeuble, siège de la chambre basse du Parlement espagnol, fut contrôlé pendant 18 heures par des militaires armés dans le cadre d'une tentative de coup d'État.

Le 28 octobre 1982, le PSOE obtient une victoire historique avec 202 des 350 sièges à la chambre basse. Le 3 décembre, Javier Solana est nommé ministre de la Culture (il instaure par exemple la gratuité des visites de musées publics), il reste à ce poste jusqu'en 1988 où il devient ministre de l'Éducation. Le 5 juillet 1985, il est également nommé porte-parole du Gouvernement pour trois ans.

Il devient ministre des Affaires étrangères le 22 juillet 1992, la veille de l'ouverture de la conférence Ibéro-Américaine des chefs d'État, en remplacement de Francisco Fernández Ordóñez gravement malade. Les 27 et 28 novembre 1995, alors que l'Espagne préside le Conseil de l'Union européenne, Javier Solana convoque la conférence de Barcelone. En permettant d'aboutir à un traité entre les vingt-sept nations présentes, il met en valeur ce qu'il appelle « un processus pour susciter l'unité culturelle et économique du bassin Méditerranéen » (le futur Partenariat Euromed).

C'est pendant ces trois années comme ministre que sa réputation d'homme politique diplomate et discret s'est accrue. En devenant le ministre des Affaires étrangères, il put éviter des scandales de corruption et celui de la guerre sale contre ETA (notamment les « Grupos Antiterroristas de Liberación »), qui marquèrent tellement les dernières années de l'ère González. Vers la fin 1995, la presse espagnole parlait de Solana, seul survivant du premier cabinet de Felipe González, comme étant un possible candidat à le remplacer et à mener le PSOE aux élections de mars 1996. Il se dirigea plutôt vers la politique internationale.

Pendant, mais aussi après, son mandat de secrétaire général de l'OTAN, Solana continue à jouer un rôle actif au PSOE et dans la politique espagnole. En juin 1997, au XXXIVe congrès du PSOE, Solana quitte la commission exécutive et rejoint le comité fédéral, étant réélu en seconde place trois plus tard. En soutenant le discours de Colin Powell, le 5 février 2003 au conseil de sécurité des Nations unies où il affirmait que l'Irak possédait des armes de destruction massive, Solana contredit la position du chef de son parti José Luis Rodríguez Zapatero, opposé à l'appui du PP et du gouvernement de José María Aznar à l'intervention américaine en Irak en 2003. Solana est considéré, avec González, comme représentant la vieille garde du parti. Le 15 février 2005, il critique le plan Juan José Ibarretxe pour sa position sur l'indépendance du Pays basque, affirmant que cet appel pour séparer la représentation basque au travers de l’UE n’avait pas de place dans la constitution de l’union proposée.

Il a été nommé responsable de l'élaboration de la Stratégie espagnole de sécurité (EES) par le gouvernement espagnol le 23 décembre 2009.

En 2018, les États-Unis lui refusent l'entrée sur leur territoire en raison d'un voyage qu'il avait effectué en Iran.

Le 5 décembre 1995, M. Solana devient le nouveau secrétaire général de l'OTAN, remplaçant Willy Claes qui a été poussé à la démission à cause d'un scandale de corruption.

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