Javier Marías, né le 20 septembre 1951 à Madrid en Espagne et mort le 11 septembre 2022 dans la même ville, est un écrivain, traducteur, éditeur, cryptarque et journaliste espagnol. Il a traduit plusieurs ouvrages d'auteurs anglais. C'est un des auteurs espagnols les plus lus dans le monde.
En 2012, Marías reçoit le prix national de narration, mais le refuse par principe.
Né en 1951 à Madrid au sein d'une famille d'intellectuels républicains, fils du philosophe et sociologue Julián Marías Aguilera (1914-2005) et du professeur et écrivain Dolores Franco Manera (1912-1977), Javier Marías est le neveu du cinéaste Jesús Franco et le cousin du cinéaste Ricardo Franco (1949-1998). Quatrième de cinq garçons, Julian (1945-1949), Miguel (1947), Fernando (1949) et Álvaro (1953), il passe une partie de son enfance dans le nord-est des États-Unis, où son père, interdit d’enseigner dans les universités de l’Espagne franquiste pour cause de divergences idéologiques avec le franquisme et n'avoir pas prêté serment au caudillo, donne des conférences au Wellesley College, près de Boston dans le Massachusetts puis à l’université Yale dans le Connecticut. Il se met à écrire dès l’âge de onze ans : « pour continuer à lire ce que j'aimais », dit-il.
De retour en Espagne, il obtient en 1968 son baccalauréat au Colegio Estudio, établissement prodiguant un enseignement libéral sur le modèle de la Institución Libre de Enseñanza. En octobre de la même année, il entre à l'Université Complutense de Madrid. En 1969, il gagne son argent de poche en travaillant sur des histoires de vampires pour les films de série B de son oncle Jesús Franco Manera. Il participe aussi au scénario du premier film de son cousin Ricardo Franco Rubio.
En 1971, il publie son premier roman, Los dominios del lobo. Son second roman, Travesía del horizonte, paraît l’année suivante. Diplômé en philosophie et lettres en 1973, il part travailler à Barcelone en tant que conseiller littéraire dans une maison d'édition. Il publie des nouvelles, écrit des articles sous différents noms d’emprunt pour divers journaux et revues, et traduit Thomas Hardy en 1974. Après la mort de sa mère le 24 décembre 1977, il s’installe dans la maison familiale à Madrid.
En 1978, il sort son troisième roman, El monarca del tiempo, et publie des anthologies, ainsi qu'une traduction remarquée du Tristram Shandy de Laurence Sterne, couronnée par le Grand prix national de la traduction en 1979. Cette année-là, il écrit ses premières chroniques pour le journal El País. Il traduit des poèmes de Robert Louis Stevenson en 1980 et Le Miroir de la mer de Joseph Conrad l’année suivante. El Siglo, son quatrième roman, paraît en 1982.
En septembre 1983, il part enseigner la littérature espagnole à l’université d'Oxford. Un an après, Javier Marías retourne au Wellesley College pour enseigner et faire des conférences. Au printemps 1985, il est de retour à Oxford où il occupe une chaire jusqu’en 1988. De cette période est issu en 1989 Todas las almas (traduit en français sous le titre Le Roman d'Oxford), un de ses premiers succès internationaux.
Il part ensuite vivre à Venise où il termine son cinquième roman, L'Homme sentimental (El hombre sentimental), qui, aussitôt paru, connaît le succès et reçoit le prix Herralde du roman en 1986. Il est traduit en France et en Allemagne. Le succès se confirme en 1992 avec Un cœur si blanc (Corazón tan blanco) — qui obtiendra le prix littéraire international IMPAC de Dublin en 1997 — et, en 1994, avec Demain dans la bataille pense à moi (Mañana en la batalla piensa en mí) pour lequel il obtient le prix Femina étranger en 1996. En 1995, il rompt avec son éditeur Jorge Herralde. Il se consacre à d’autres traductions, dont celles d'œuvres de William Faulkner (1997) et de Vladimir Nabokov (1999).
Javier Marías collabore avec la revue El País semanal et y publie des chroniques. Il s'installe depuis lors au cœur de la ville de Madrid. Il est devenu l’un des auteurs de langue espagnole les plus lus : ses œuvres ont été traduites dans 40 langues et publiées dans 60 pays.
Le 30 juin 2006, il devient membre de l'Académie royale espagnole.
En 2012, Marías reçoit le prix national de narration, mais le refuse, car il décline par principe tout prix à caractère officiel ou institutionnel remis par l'État espagnol.
Après plusieurs semaines d'hospitalisation, il meurt le 11 septembre 2022 à Madrid des suites d'une pneumonie liée à la Covid.
En 1999, Javier Marias fait partie des signataires de l'appel du Parlement international des auteurs concernant la disparition d'intellectuels au Kosovo. Le 23 septembre 2000, il participe avec d'autres intellectuels espagnols à la marche contre le terrorisme organisée à Saint-Sébastien[réf. souhaitée]. Javier Marías a publié simultanément une tribune dans le New York Times, La Repubblica et le Frankfurter Algemeine Zeitung où il réagit aux attentats du 11 mars 2004 à Madrid[réf. souhaitée].
Depuis 1999, il possède sa propre maison d'édition, Reino de Redonda (Royaume de Redonda).
Trilogie romanesque Ton visage demain (Tu rostro mañana)
Veneno y sombra y adiós (2007)
Mientras ellas duermen (1990) - anthologie de dix nouvelles écrites entre 1975 et 1990
Cuando fui mortal (1996) - anthologie de dix nouvelles écrites entre 1991 et 1995