Jarno Trulli, né le 13 juillet 1974 à Pescara, est un pilote automobile italien. Il est notamment connu pour avoir disputé 252 Grands Prix de Formule 1 entre 1997 et 2011, et remporté une victoire lors du Grand Prix de Monaco 2004.
Jarno Trulli s'illustre d'abord en karting, remportant de nombreux titres en Europe, Asie et Amérique du Nord. Il devient champion d'Europe de Formule Super A en 1994 et gagne le championnat du monde Formule C (125 cm3 à vitesses) la même année.
En 1996, pris sous son aile par Flavio Briatore, directeur de l'écurie Benetton Formula de Formule 1, il remporte le championnat d'Allemagne de Formule 3 et accède à la Formule 1 l'année suivante au sein de la Scuderia Minardi. Même si sa modeste monture ne lui permet pas d'espérer mieux que des qualifications en fond de grille, il fait belle impression en prenant l'ascendant sur son équipier Ukyo Katayama, plus expérimenté.
1997-1999 : les débuts chez Minardi et Prost
Après sept courses au sein de la Scuderia Minardi, Trulli est recruté par l'écurie Prost Grand Prix pour remplacer Olivier Panis indisponible après de son accident au Grand Prix du Canada. Trulli, soutenu par Briatore, obtient ce volant après un test comparatif face au Français Emmanuel Collard.
Immédiatement, il se hisse à un niveau de performance digne de son prédécesseur en se qualifiant en troisième ligne du Grand Prix de France et en terminant quatrième en Allemagne après un duel avec Jacques Villeneuve. La suite est plus délicate à cause de sa faible expérience.
Alors que son intérim touche à sa fin, il se qualifie en troisième position du Grand Prix d'Autriche, prend la tête de la course dès le deuxième tour et mène jusqu'à la mi-course avant d'être dépassé par Jacques Villeneuve puis de voir la rupture de son moteur Mugen-Honda. Si le retour de Panis l'oblige à lui rendre son volant dès la course suivante, sa prestation est suffisamment convaincante pour lui permettre d'être engagé à temps plein par Prost Grand Prix en 1998. En attendant, il termine sa première saison à la quinzième place avec trois points.
1998 tourne rapidement au désastre car la Prost AP01 s'avère aussi peu fiable que performante ; Trulli n'inscrit qu'un point, sous le déluge en Belgique. Il se console en constatant qu'il prend progressivement l'ascendant sur Panis. Des rumeurs, rapidement démenties par le fait qu'il est sous contrat avec Alain Prost pour 1999, l'imaginent rejoindre la Scuderia Ferrari en remplacement d'Eddie Irvine. Il termine la saison à la seizième place.
En 1999, il ne doit qu'aux différents abandons et faits de course ainsi qu'à un coup tactique de monter sur le premier podium de sa carrière, à l'occasion du Grand Prix d'Europe, terminant entre les Stewart Grand Prix de Johnny Herbert et Rubens Barrichello. Les contre-performances des Prost-Peugeot n'empêchent pas Trulli de se bâtir une solide réputation dans le paddock.
En 2000, Jarno Trulli est recruté par Jordan Grand Prix qui sort d'une bonne campagne 1999, l'écurie ayant glané des victoires et terminé troisième du championnat des constructeurs. Souvent brillant en essais où il domine progressivement son coéquipier Heinz-Harald Frentzen, il éprouve des difficultés à concrétiser en course, souvent par la faute d'une fiabilité médiocre.
En Australie, il est quatrième quand son moteur explose à une vingtaine de tours de l'arrivée. Il marque ses premiers points de la saison au Grand Prix suivant, à Interlagos en terminant quatrième, son meilleur résultat de la saison. À Monaco, il se qualifie en première ligne avant d'être arrêté par un ennui de boîte de vitesses à mi-parcours. En Belgique, en Italie puis aux États-Unis, il est accroché en début d'épreuve alors qu'il se bat dans le peloton de tête. Il se classe douzième du championnat du monde, avec six points.
En 2001, Trulli honore sa deuxième année de contrat chez Jordan. Les monoplaces de l'écurie irlandaise sont à nouveau victimes de problèmes de fiabilité récurrents et Trulli doit souvent renoncer alors qu'il est en mesure de marquer des points. Ainsi, à Melbourne, Monaco et en Belgique, il abandonne sur panne mécanique alors qu'il est cinquième alors qu'à Montréal il pointe en quatrième position lorsque survient un problème de freins. Trulli se classe septième du championnat du monde des pilotes avec 12 points, son meilleur résultat depuis ses débuts, malgré neuf abandons en dix-sept courses, un de plus que la saison précédente. Il couvre également un tour en tête, son premier depuis 1997, à l'occasion du Grand Prix de Malaisie, en profitant du quiproquo général dû à l'apparition soudaine de la pluie.
En 2002, toujours sous contrat de management avec Flavio Briatore, Trulli signe avec Renault F1 Team, l'écurie dont Flavio Briatore est le directeur sportif. À nouveau performant dans l'exercice des qualifications, il domine son jeune équipier Jenson Button et occupe souvent les troisième et quatrième lignes ; il brille moins en course, ce qui continue d'alimenter le débat sur son style de pilotage. Il termine cependant quatrième à Monaco et en Italie et se classe huitième du championnat, juste derrière son coéquipier.
En 2003, tandis que les Renault ne cessent de progresser dans la hiérarchie, on lui adjoint un nouvel équipier, le grand espoir espagnol Fernando Alonso. Mis dans un premier temps sous l'éteignoir, Trulli parvient à inverser la tendance en fin de saison en obtenant son premier podium depuis 1999 en terminant troisième en Allemagne ; il se classe à huitième du championnat, avec 33 unités.
Premières pole position et victoire en Formule 1 à Monaco
La tendance de fin de saison 2003 se confirme durant la première moitié de saison 2004 au cours de laquelle Trulli se bat contre les meilleurs. Cette période, déjà mise en lumière par le Grand Prix d'Espagne où, qualifié quatrième, il mène les premiers tours avant de terminer troisième derrière les Ferrari de Michael Schumacher et Rubens Barrichello, atteint son point culminant à Monaco où il domine d'un bout à l'autre pour remporter son unique victoire en Formule 1. Après quelques nouvelles places d'honneur, il perd sa troisième place face à Rubens Barrichello à quelques hectomètres de l'arrivée du Grand Prix de France, Grand Prix national de Renault. Cette mésaventure survient à un moment où il négocie avec d'autres écuries et s'apprête à sortir du giron de Flavio Briatore, ce qui lui vaut de vives critiques de son employeur.
Contrastant avec sa remarquable première moitié de saison, il n'inscrit plus un seul point, réalise plusieurs courses insipides durant la deuxième partie du championnat et accuse ouvertement son écurie de favoriser Alonso. Cette détérioration des rapports entre Trulli et Renault aboutit à son limogeage à l'issue du Grand Prix d'Italie où Flavio Briatore accuse Trulli de manquer de respect à Renault. Remplacé par l'ancien champion du monde Jacques Villeneuve, Trulli, après un Grand Prix d'inactivité, est appelé par Toyota F1 Team pour les deux dernières manches de la saison qu'il termine à la sixième place du championnat, avec 46 points, son meilleur résultat en Formule 1.
Engagé à temps plein par Toyota à partir de la saison 2005, Trulli obtient trois podiums sur les cinq premières courses (deuxième en Malaisie et à Bahreïn, et troisième en Espagne) et pointe à la troisième place du championnat du monde après les sept premières épreuves. Au fil de la saison, ses performances diminuent tandis que le décalage entre ses prestations en qualifications (à Indianapolis, il réalise la première pole position de Toyota en Formule 1) et en course refait son apparition de manière criante. Il termine le championnat septième, avec 43 points, deux de moins que son coéquipier Ralf Schumacher, mais trouve cette saison « belle ».