Ce Jour-là

Jane Poupelet

Sculptrice française

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Jane Poupelet, née le 19 avril 1874 à Clauzure et morte le 17 novembre 1932 à Talence, est une sculptrice et dessinatrice française.

Elle excelle dans la sculpture animalière et les nus féminins.

Marie Marcelle Jane Poupelet, fille d'un avocat et sous-préfet, naît en 1874 à Saint-Paul-Lizonne, dans une famille maternelle d'origine noble, composée de notaires royaux et de marchands papetiers ou tanneurs. Après une enfance passée au château de la Gauterie à Clauzure, elle suit son père, inscrit au barreau de Bordeaux, avec sa famille de quatre enfants en 1882.

Jane Poupelet étudie à l'École des beaux-arts de Bordeaux, où elle est la première femme admise, en 1892, elle obtient un diplôme de professeur de dessin. Insatisfaite de l'enseignement académique qu'elle reçoit, elle effectue un bref passage à l'Académie Julian à Paris dans l’atelier de Denys Puech. Elle fréquente les cercles constitués autour d'Auguste Rodin et d'Antoine Bourdelle. Amie de Gaston Schnegg, elle côtoie les artistes américains et les groupes féministes anglo-saxons.

Entre 1897 et 1900, elle poursuit sa formation auprès du sculpteur Lucien Schnegg, qui réalise notamment son portrait (conservé au musée d'Orsay à Paris).

De 1899 à 1901, Jane Poupelet expose au Salon sous le pseudonyme masculin de Simon de la Vergne. C'est ainsi que, sans savoir qu'il s'agissait d'une femme, le jury lui attribue une médaille de bronze pour sa Fontaine décorative (1900).

En 1904, après ses participations au Salon, la Société nationale des Beaux-Arts lui attribue une bourse de voyage. Ce programme, créé en 1881, permet aux jeunes artistes de voyager à l’étranger pour enrichir leur formation et découvrir de nouvelles inspirations. Tout au long de sa carrière, elle bénéficie également du soutien du « bureau des travaux d’art », qui acquiert plusieurs de ses œuvres pour l’État. Elle l'utilise pour voyager dans les pays méditerranéens, notamment en Italie, Tunisie, Algérie et Espagne.

En 1910, son bronze Femme à sa toilette est acheté après son exposition à la galerie Georges Petit.

Pendant la Première Guerre mondiale, elle suspend son travail personnel pour se consacrer à la fabrication de jouets en bois au profit d'œuvres caritatives. Engagée auprès de la Croix-Rouge américaine, elle rejoint à partir de 1918 le Studio for Portrait Masks en modelant, avec l'Américaine Anna Ladd et le Français Robert Wlérick, des masques pour les gueules cassées à partir de photographies. Les masques moulés à la cire sur les visages sont remodelés, puis avec le procédé de la galvanoplastie tirés en cuivre et ornés d'émail peint afin de donner l'illusion de la peau. Entre 1917 et 1920, leur atelier, Studio for Portrait Masks, est installé au 86, rue Notre-Dame-des-Champs à Paris.

En 1918, un autre nu féminin est acquis lors du Salon du Petit Palais, suivi de Femme endormie en 1923 au Salon des Tuileries. En 1928, une rétrospective de ses œuvres est organisée à la galerie Bernier, où l’État achète une sculpture en bronze représentant une vache pour 10 000 francs, marquant la reconnaissance croissante de l’artiste. En 1929, deux de ses dessins sont également acquis pour le musée du Luxembourg, sur recommandation du comité consultatif des musées nationaux.

Elle est élue présidente de la Société nationale des beaux-arts en 1921.

Vice-présidente du Salon des indépendants, elle encourage de nombreux artistes comme Aristide Maillol, René Iché ou Mateo Hernández (es).

Affaiblie par la maladie dans ses dernières années, elle abandonne la sculpture pour se consacrer au dessin. Elle continue de représenter des animaux et des corps féminins dans des postures quotidiennes. En 1928, elle est faite chevalier de la Légion d'honneur.[réf. nécessaire] En 1932, elle fonde, avec François Pompon, le « Groupe des XII », un collectif réunissant douze peintres et sculpteurs spécialisés dans l'art animalier.

Morte le 17 octobre 1932 du « cancer des fumeurs », elle est inhumée à Saint-Paul-Lizonne.

Donation des œuvres de Jane Poupelet et reconnaissance posthume

Après la mort de Jane Poupelet en 1932, sa sœur propose de donner ses œuvres restantes au musée du Louvre. Cependant, une règle réserve l'entrée au Louvre plusieurs années après la mort d'un artiste. Les œuvres sont donc d'abord destinées au musée du Luxembourg, avec une exposition rétrospective demandée par la famille.

La donation, qui comprend une statue (Imploration), deux mascarons, douze statuettes d’animaux et soixante-quatre dessins, est acceptée en 1934. Les œuvres sont affectées au musée du Luxembourg, où une exposition est inaugurée le 18 janvier 1935.

Ces œuvres sont aujourd'hui conservées dans le fonds du musée national d'Art moderne, avec certaines déposées dans divers musées régionaux. En 2005, une exposition lui est consacrée au musée La Piscine à Roubaix.

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