Ce Jour-là

Jane Fonda

Actrice, productrice, militante pacifiste et féministe américaine

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Jane Fonda (/d͡ʒeɪn ˈfɑndə/) est une actrice et productrice américaine, née à New York (État de New York) le 21 décembre 1937. Elle est une militante politique, pacifiste et féministe.

Elle est la fille de l'acteur Henry Fonda, la sœur de l'acteur et réalisateur Peter Fonda et la tante de l'actrice Bridget Fonda.

Elle fait ses débuts à Broadway en 1960 dans la pièce There Was a Little Girl, pour laquelle elle reçoit la première de ses deux nominations aux Tony Awards, avant de débuter la même année au cinéma avec la comédie La Tête à l'envers. Elle obtient une renommée au cinéma dans les années 1960 avec L'École des jeunes mariés (1962), Un dimanche à New York (1963), Cat Ballou (1965) et Pieds nus dans le parc (1967). Elle collabore aussi avec des cinéastes européens, notamment dans Les Félins (1964) de René Clément, aux côtés d’Alain Delon, puis retrouve Roger Vadim, son mari de l’époque, pour La Curée (1966) et Barbarella (1968). Elle obtient sa première nomination aux Oscars pour On achève bien les chevaux (1969) de Sydney Pollack.

Son travail d'actrice est souvent remarqué, comme en témoignent les prix prestigieux qu'elle a reçus. Fonda remporte deux Oscars de la meilleure actrice : pour Klute (1971) d’Alan J. Pakula et pour Retour (1978) d'Hal Ashby. Elle est aussi nommée pour Julia (1977) de Fred Zinnemann et La Maison du lac (1981) de Mark Rydell. Outre ses sept nominations aux Oscars et ses deux victoires, elle remporte deux BAFTA, sept Golden Globes et un Emmy Award pour le téléfilm Les Poupées de l’espoir (1984). Elle reçoit également plusieurs distinctions honorifiques : la Palme d’or d’honneur du Festival de Cannes (2007), l’AFI Life Achievement Award de l'American Film Institute (2014), le Lion d’or d’honneur à Venise (2017), le Cecil B. DeMille Award (2021) et le Screen Actors Guild Life Achievement Award (2025).

En parallèle de sa carrière artistique, elle développe des programmes de fitness avec Jane Fonda’s Workout (1982), qui devient l'une des cassettes vidéo les plus vendues de l'époque. Divorcée de son deuxième mari Tom Hayden, elle épouse le magnat des médias Ted Turner en 1991. Divorcée de Turner en 2001, Jane Fonda fait son retour en tant qu'actrice avec la comédie Sa mère ou moi ! (2005). Ses films suivants sont Mère-fille, mode d'emploi (2007), Le Majordome (2013), C'est ici que l'on se quitte (2014) et Youth (2015).

En 2009, elle retourne à Broadway après une absence de 45 ans dans la pièce 33 Variations, qui lui vaut une nomination aux Tony Awards, alors que son rôle récurrent dans la série dramatique d'HBO The Newsroom (2012-2014) lui vaut deux nominations aux Emmy Awards. Entre 2015 et 2021, elle joue dans la série originale de Netflix Grace et Frankie.

Jane Fonda est aussi activiste politique : pacifiste à l'ère de la contre-culture pendant la guerre du Viêt Nam dans les années 1970, elle est photographiée assise sur un canon anti-aérien lors d'une visite à Hanoï en 1972, puis manifeste contre la guerre d'Irak dans les années 2000. Elle défend les droits des femmes et la lutte contre le changement climatique.

Née à New York, Jayne Seymour Fonda est la fille de l'acteur Henry Fonda et de la personnalité mondaine canadienne Frances Ford Seymour, sa seconde épouse. Selon son père, leur nom de famille provient d'un ancêtre italien ayant immigré au XVIe siècle aux Pays-Bas, où il se serait marié ; la famille a commencé à utiliser des prénoms néerlandais avec le premier ancêtre de Fonda[pas clair] arrivé à New York vers 1650. Jane Fonda a également des ascendants anglais, écossais et français. Son prénom est inspiré par la troisième épouse du roi Henri VIII, Jeanne Seymour, à laquelle elle est lointainement apparentée du côté de sa mère. Elle a un frère, Peter, également acteur, et une demi-sœur maternelle, Frances de Villers Brokaw (surnommée « Pan »), dont la fille, Pilar Corrias, est propriétaire de la galerie d'art Pilar Corrias (en) à Londres.

Après un placement volontaire en observation dans un asile psychiatrique, sa mère Frances Ford Seymour se suicide en se tranchant la gorge avec une lame de rasoir en avril 1950, alors que la jeune Jane a 12 ans. En 2005, dans ses mémoires, l’actrice écrit que pour sa recherche documentaire elle fut autorisée à accéder au dossier psychiatrique de sa mère et découvrit que cette dernière avait été violentée dans son enfance, un traumatisme qui a sans nul doute contribué à son instabilité émotionnelle et mentale ultérieures. Plus tard, en 1950, son père Henry épouse la mondaine Susan Blanchard (socialiste) (en), qui a neuf ans de plus que sa fille. Le mariage se termine par un divorce en 1956. À 15 ans elle reçoit un enseignement en danse classique à Fire Island Pines, à New York. Elle est scolarisée à la Greenwich Academy (en) à Greenwich, dans le Connecticut. Elle fréquente également la Emma Willard School à Troy, dans l'État de New York, et le Vassar College à Poughkeepsie.

Ses rapports avec son père, froid et distant avec elle, ne sont pas bons. Elle devient mannequin pour financer ses cours de théâtre, apparaissant deux fois sur la couverture du magazine Vogue. Mais elle refuse d'être transformée selon les canons de beauté en cours à Hollywood à cette époque.

Débuts remarqués et révélation

Jane Fonda est intéressée par le métier de comédienne dès 1954, alors qu'elle apparaît avec son père dans une représentation caritative de The Country Girl à l'Omaha Community Playhouse (en). Après avoir quitté Vassar, elle part à Paris pendant deux ans pour y étudier l'art. C'est à cette époque qu'elle commence à violenter son corps, son père la trouvant trop grosse. Pendant 25 ans, elle prendra des laxatifs, amphétamines et pilules coupe-faim, ses périodes d'anorexie alternant avec des crises de boulimie, avant de se tourner vers l'aérobic en 1978. À son retour aux États-Unis en 1958, elle rencontre Lee Strasberg, qui change le cours de sa vie. Elle dira plus tard que lorsqu'elle se rendit à l'Actor's Studio, Strasberg lui déclara qu'elle avait du talent, ce qui constitua pour elle « un tournant » dans sa vie : c'était la première fois, excepté son père, qu'on lui disait qu'elle était « bonne ».

Son travail sur scène dans les années 1950 jette les bases de sa carrière cinématographique dans les années 1960. Elle tourne en moyenne près de deux films par an tout au long de la décennie, à partir de son premier long-métrage sorti en 1960, la comédie La Tête à l'envers de Joshua Logan, dans lequel elle reprend le rôle qu'elle avait incarné au théâtre, celui d'une pom-pom girl poursuivant une star du basket incarnée par Anthony Perkins. La performance de la jeune actrice de vingt-deux ans lui vaut des critiques mitigées, mais lui permet d'obtenir le Golden Globe de la révélation féminine de l'année. Elle décrira sa première expérience avec un studio hollywoodien et les critiques sans fin sur son apparence comme « un cauchemar kafkaïen », ne réussissant pas à redécouvrir l'excitation qu'elle éprouvait dans les classes de Strasberg et ne sachant pas comment utiliser ce qu'elle avait appris là-bas pour rendre son personnage de cheerleader plus que monodimensionnel.

Elle enchaîne avec La Rue chaude, drame adapté du roman de Nelson Algren se déroulant durant la Grande Dépression, où elle montre l'étendue de sa gamme de jeu, en incarnant une prostituée de La Nouvelle-Orléans, partageant l'affiche avec Laurence Harvey et Barbara Stanwyck. Le film est notoire pour être le premier film hollywoodien à parler du lesbianisme. Jane Fonda tient le rôle principal féminin de la comédie dramatique L'École des jeunes mariés, adapté d'une pièce de Tennessee Williams, incarnant une jeune femme qui se précipite dans un mariage incertain avec un vétéran de la guerre de Corée. La prestation de la jeune actrice lui vaut une nomination au Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie et le long-métrage remporte un succès commercial. En 1963, elle tourne Un dimanche à New York, qui lui vaut d'être qualifiée de « la plus belle et la plus douée de toutes nos nouvelles actrices » par Newsday, mais a également des détracteurs, pour sa prestation de jeune femme frigide dans Les Liaisons coupables, adaptation d'un roman d'Irving Wallace sorti fin 1962 : elle est qualifiée de « pire actrice de l'année » par le Harvard Lampoon. Toujours en 1963, elle vient en France pour tourner le thriller Les Félins de René Clément avec Alain Delon. En 2017, elle décrit sur CNN son entretien avec Clément, où il tente de lui extorquer des faveurs sexuelles, qu'elle lui refuse. Sorti en plein été 1964, le film obtient un certain succès commercial.

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