Jan Saryusz Zamoyski (né le 19 mars 1542 à Skokówka et mort le 3 juin 1605 à Zamość) est un aristocrate polonais, 1er ordynat de Zamość, secrétaire royal (1566), chancelier (1576), grand chancelier (1578), grand-hetman de la Couronne (1581), gouverneur général de Cracovie, gouverneur de Bełz, Międzyrzecz, Krzeszów, Knyszyn et Tartu, humaniste, grand mécène des arts et fondateur de la ville de Zamość.
Conseiller des rois Sigismond II Auguste et Étienne Báthory, Zamoyski est un diplomate et homme d'État très apprécié de ses compatriotes. Après la mort d’Étienne Báthory en 1587, il refuse la couronne pour lui-même et soutient l'élection de Sigismond III Vasa, ce qu'il regrette par la suite.
Jan Zamoyski est le fils de Stanisław Zamoyski, calviniste, castellan de Chełmno, hetman de la Couronne, staroste de Bełz et de Anna Herburt.
Il fréquente d'abord l'école à Krasnystaw, puis il est envoyé parfaire son éducation à l'étranger. De 1555 à 1559 il est page à la cour de France et suit des cours à la Sorbonne et au Collège de France. En 1559, il poursuit ses études à l'université de Strasbourg puis, à partir de 1561, à l'université de Padoue, où il étudie le droit et se convertit au catholicisme romain. En 1563 il est élu recteur du département des lois. Il obtient un doctorat en 1564.
Au cours de ses études, il montre son intérêt pour la politique. À cette époque, il écrit De senatu Romano, une livre sur le gouvernement de la Rome antique.
Début de la carrière politique
Après son retour en Pologne en 1565, le jeune juriste Zamoyski est nommé à la chancellerie royale, et devient rapidement l'un des secrétaires favoris du roi Sigismond II. En 1567, il dirige un groupe de travail chargé de récupérer les terres dont se sont emparés illégalement les membres de la famille Starzechowski. Il procède également à la réorganisation des archives de la chancellerie.
Après la mort du roi Sigismond II et l'extinction avec lui de la dynastie des Jagellon en 1572, à la Diète de convocation (session extraordinaire du Parlement de la République provoquée par le primat de Pologne, à la suite du décès ou en cas d'abdication du roi) Zamoyski utilise son influence pour faire instituer l'élection viritim, c'est-à-dire l'élection libre du souverain, donnant à chaque noble (et non seulement au sénateurs) le droit de participer aux convocations qui doivent élire un nouveau monarque.
A la première élection royale de la république des Deux Nations qui a lieu en 1573, Zamoyski soutient la candidature du duc d’Anjou Henri de Valois (futur Henri III de France). Il fait ensuite partie de la mission diplomatique envoyée en France pour signifier au nouveau roi son élection. Il publie également une brochure vantant les mérites du nouveau roi, ce qui lui porte préjudice quand Henri, à la nouvelle de la mort de son frère roi Charles IX, abandonne la Pologne pour rentrer en France.
Au cours de la nouvelle élection royale en 1575, Zamoyski défend la candidature de Stefan Batory prince de Transylvanie contre le candidat des Habsbourg. Pour légitimer son élection, Batory épousera Anna Jagellon, la sœur du dernier roi Jagiellon afin « de maintenir la tradition dynastique ».
Le 16 mai 1576, Batory remercie Zamoyski en lui accordant la charge de vice-chancelier de la Couronne. Celui-ci participe aux côtés du roi à étouffer la rébellion de Gdansk en 1576-1577.
En 1578, Zamoyski reçoit la charge de grand chancelier de la Couronne. Il participe à la préparation d'une guerre contre la Moscovie, de 1579 à 1581 où il finance un groupe de 400 ou 600) mercenaires. Bien qu'il n'ait aucune expérience de l'art de la guerre, il apprend vite. Avec le soutien de Batory, il remplace le grand hetman de la Couronne Mikołaj Mielecki lorsque celui-ci se retire de ses fonctions.
En août de la même année, Zamoyski s'empare de la ville de Velij. En septembre, il assiège Velikié Louki, et prend Zavolocz. Le 11 août 1581, il reçoit le titre de grand-hetman de la Couronne. Cette nomination est à l'époque sujet de controverse et semble illégale ou incompatible avec ses autres fonctions. Zamoyski met siège à Pskov, qui prend fin avec la paix signée à Jam Zapolski, très favorable à la Pologne.
En mai 1584, les soldats de Zamoyski capturent Samuel Zborowski, un noble condamné à mort pour assassinat et trahison, dont la sentence était en suspens depuis une dizaine d'années. Avec le consentement du roi, Zborowski est exécuté peu après. Cette exécution, bien que parfaitement légitime est vue par beaucoup des membres de la noblesse, notamment parmi les protestants, comme un acte de vengeance ou d'abus de pouvoir du monarque et rebondie sur Zamoyski, considéré comme l'instrument de cette vengeance.
Ce conflit politique entre Batory, Zamoyski et la famille Zborowski, tourne à l'affrontement entre le monarque et la noblesse, et devient le prétexte d'une controverse majeure et récurrente dans la politique interne polonaise pendant de nombreuses années, allant jusqu'à perturber les séances de la Sejm (parlement polonais).
Après la mort de Stefan Batory en 1586, deux camps s'affrontent pour sa succession sur le trône polonais : les partisans de Maximilien III de Habsbourg, soutenu par la famille Zborowski, et les partisans de Sigismond III Vasa, fils de Catherine Jagellon (et, par conséquent, apparenté à la dynastie nationale) rassemblés autour de Zamoyski. L'élection royale de 1587 tourne en une brève guerre de succession.
Zamoyski organise alors la défense de Cracovie assiégée et vainc les forces de Maximilien III dans la bataille de Byczyna en 1588. Maximilien est fait prisonnier et par le traité de Bytom et Będzin, renonce à toute prétention à la couronne polonaise.
Un peu plus tard dans cette même année, Zamoyski propose une réforme des élections royales, mais celle-ci n'obtient pas les faveurs de la Sejm.