Ce Jour-là

James Wolfe

Général britannique

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James Wolfe, né le 2 janvier 1727 à Westerham (Kent, Angleterre) et mort au combat le 13 septembre 1759 à Québec (Nouvelle-France) est un officier général britannique. Il est principalement connu pour sa victoire lors de la bataille des Plaines d'Abraham à la tête de l'armée britannique destinée à envahir la Nouvelle-France. Sa mort au combat, en même temps que son rival Montcalm, frappa les imaginations, le transforma en héros dans le monde anglo-saxon et fit passer sous silence plusieurs de ses décisions controversées.

James Wolfe est le fils du lieutenant-général anglo-irlandais Edward Wolfe, qui a fait carrière dans les Royal Marines et a commandé le 8th Regiment of Foot, et de Henrietta Thomson, sœur d'un député britannique.

James Wolfe fréquente différentes écoles à Westerham puis à Greenwich où sa famille s'établit en 1738. De santé fragile, il acquiert rapidement la physionomie qui le fait remarquer toute sa vie. Très tôt, la vocation militaire est manifeste chez le jeune James, qui intègre le 12th Regiment of Foot à l'âge de 15 ans comme enseigne. C'est à ce titre qu'il participe à la victoire anglo-hanovrienne lors de la bataille de Dettingen, le 27 juin 1743. Dans une position désespérée, les troupes du roi Georges II sont sauvées par l'indiscipline d'officiers de l'armée française, convaincus d'avoir déjà remporté la victoire. Après la bataille, le jeune James est promu lieutenant. Deux ans plus tard, il est nommé capitaine et sert au 4th Regiment of Foot. Il est donc à son poste lorsque son régiment prend part à la célèbre bataille de Culloden en Écosse, le 16 avril 1746 et lors de la répression qui suivra. Affecté comme aide de camp à la cavalerie de l'aile gauche de l'armée britannique, Wolfe engage le combat une fois les rebelles écossais en fuite, galopant à leur poursuite avec une violence peu commune pour l'époque.

Avec l'extinction de la menace jacobite, le régiment de Wolfe est déployé en Europe pour s'opposer aux armées françaises jusque-là victorieuses. Il participe à la bataille de Lauffeld, aux Pays-Bas le 2 juillet 1747. Déployés à la gauche des armées alliées, les hommes de Wolfe combattent dans les ruines du village, perdu et repris 3 fois face aux troupes françaises. Malgré le courage des troupes britanniques, leurs alliés hollandais et autrichiens déployés au centre et à droite de leur armée s'effondrent et forcent les Britanniques à abandonner leurs positions. Wolfe étant blessé au combat, ses hagiographes évoquent sa bravoure lors de cette défaite tandis que les travaux plus récents font état d'un manque de preuves que Wolfe se soit fait remarquer lors de cette journée décisive.

Avec la fin de la guerre de Succession d'Autriche, Wolfe est promu major au 20th Regiment of Foot, tenant garnison en Écosse afin d'y réprimer tout nouveau soulèvement. Âgé de 22 ans et commandant les 800 hommes de son unité en l'absence du lieutenant-colonel Cornwallis, Wolfe se forge rapidement une réputation de sévérité et d'exigence envers ses hommes et envers lui-même. Il poursuit sa mission de pacification en Écosse jusqu'au déclenchement de la guerre de Sept Ans et il est promu lieutenant-colonel en 1750.

Sir Winston Churchill décrit la guerre de Sept Ans comme la véritable première guerre mondiale. À ce titre, elle fait rage sur tous les continents. Au début des combats, Wolfe est en Europe. Après quelques années, il est envoyé en Amérique du Nord.

Le régiment de Wolfe passe le début du conflit en garnison dans le sud de la Grande-Bretagne afin de protéger les côtes d'un éventuel débarquement français. Le débarquement ne venant pas, la pression se fait forte en Angleterre pour venger la débâcle de Minorque. En 1757, une opération de représailles est organisée pour aller neutraliser la grande base navale française de Rochefort. Elle quitte les côtes britanniques le 7 septembre 1757. Durant toute la traversée, Wolfe est terrassé par le mal de mer et voit sa santé se détériorer. L'expédition, si mal commandée que son responsable finit en cour martiale, est un échec retentissant. Incapable d'utiliser sa supériorité en homme et en navire, le supérieur de Wolfe voit toutes ses tentatives déjouées par les Français. On retrouve des commentaires moqueurs sur cette défaite partout en Europe:« Jusqu’alors, les Anglais étaient enviés et détestés en Europe. Maintenant, on les méprise ».

Wolfe est néanmoins épargné par le ridicule de la campagne, il en sort même avec les honneurs comme l'un des rares officiers efficaces de l'expédition. Remarqué par ses suggestions et son travail de quartier-maître de l'opération, il est promu colonel du 67th Regiment of Foot.

Alors que commence l'année 1758, la Grande-Bretagne doute fortement de ses chances de remporter une guerre où elle a connu de multiples défaites. Le premier ministre Pitt décide donc d'intensifier l'effort militaire anglais et de le concentrer en Amérique du Nord. Son objectif principal est de s'emparer de la Nouvelle-France. L'envoi de renforts massifs en Amérique permet aux Britanniques de préparer plusieurs opérations simultanées, visant à submerger les peu nombreuses forces défendant la Nouvelle-France. La plus grande vise Louisbourg, la grande forteresse défendant l'accès au Saint-Laurent. La seconde vise le lac Champlain et la prise de Fort Carillon, base logistique française barrant la voie vers Montréal. La troisième a pour objectif fort Duquesne. 20 000 soldats réguliers, soutenus par un nombre équivalent de soldats coloniaux, sont mobilisés pour envahir un territoire dont la population totale n'excède pas 80 000 habitants.

Wolfe prend part à une expédition risquée vers Louisbourg: la précédente en 1757 a échoué face à la marine française. De plus, les opérations amphibies précédentes dans la guerre, Rochefort et Minorque, ont révélé de sérieux problèmes de coordination entre la Royal Navy et l'armée britannique. Promu brigadier général, Wolfe a donc un rôle central dans l'armée confiée au général Amherst. Débarquant avec des troupes d'élite dans l'anse de la Cormorandière, réputée inaccessible, Wolfe réussit à se frayer un chemin dans les défenses françaises malgré de lourdes pertes le 8 juin. Bien supérieures en nombre, les forces britanniques encerclent la forteresse et commencent un siège difficile : l'automne tire à sa fin et chaque jour perdu diminue les chances d'attaquer Québec avant l'hiver.

Wolfe se fait remarquer en commandant l'artillerie qui aura pour mission de neutraliser la flotte française soutenant la forteresse, notamment en détruisant le vaisseau de ligne l'Entrepreneur. Le 26 juillet, le gouverneur Drucourt, à court de moyens de résistance, offre la capitulation de la ville aux forces britanniques. Les 2 000 soldats français encore en état de combattre se voient alors refuser les honneurs de la guerre par des officiers bien décidés à faire payer aux Français leurs victoires répétées en Amérique. Cette première grande victoire britannique arrive à point nommé pour restaurer le moral de l'armée, secouée par la défaite des 16 000 hommes d'Abercromby face aux 3600 de Montcalm à fort Carillon le 8 juillet précédent.

Néanmoins, la résistance opiniâtre des défenseurs de Louisbourg a duré trop longtemps pour permettre aux Britanniques d'attaquer Québec en 1758. Déterminé à utiliser le temps de campagne qui lui reste et les Français ne disposant pas de forces capables de s'opposer aux raids anglais, Amherst décide de lancer une opération qui sert à la fois de représailles sur la population canadienne et d'opération de guerre contre la logistique française. Pour la commander, il choisit Wolfe, son second officier. À la tête de 3 bataillons de soldats réguliers et transporté par la flotte du contre-amiral Hardy, Wolfe a pour ordre de semer la terreur et la désolation en Gaspésie et en détruire ses pêcheries tandis qu'une autre expédition, commandée par Monckton, s'attaque aux Acadiens encore installés autour de la rivière Saint-Jean. Sans possibilités de se défendre, Gaspé est rasée le 11 septembre 1758. Suivent Miramichi, Pabos, Grande-Rivière et Mont-Louis. Cependant, la destruction des stocks de nourriture visés s'avère impossible, les navires transportant le ravitaillement étant partis pour Québec une semaine avant l'arrivée de la Royal Navy. L'action de Wolfe assure toutefois que nul autre tonneau de poisson séché ne vienne garnir les entrepôts presque vides de Québec. La précarité de son ravitaillement est d'ailleurs l'une des raisons principales de la chute de Québec, qui survient l'année suivante. Ce genre d'opération a été menée avec régularité par les Français et leurs alliés durant toutes les guerres coloniales précédentes et a démontré son efficacité. La besogne achevée, Wolfe repart pour l'Angleterre passer l'hiver et y préparer l'avenir.

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