Ce Jour-là

James Dewey Watson

Généticien et biochimiste américain (1928-2025)

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James Dewey Watson, né le 6 avril 1928 à Chicago (Illinois) et mort le 6 novembre 2025 à East Northport (État de New York), est un généticien et biochimiste américain.

En 1953, il écrit avec Francis Crick le document académique proposant la structure en double hélice de la molécule d'ADN. Watson, Crick et Maurice Wilkins ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine 1962 « pour leurs découvertes concernant la structure moléculaire des acides nucléiques et son importance pour le transfert d'informations dans le matériel vivant ».

James Watson s'approprie la découverte fondamentale de la chercheuse Rosalind Franklin, la structure en double hélice de l'ADN, en se faisant communiquer les travaux de cette dernière à son insu. En 1962, il fait ensuite la découverte du G-quadruplex.

De 1956 à 1976, Watson est membre du corps professoral du département de biologie de l'université Harvard, où il encourage la recherche en biologie moléculaire. À partir de 1968, il est directeur du Cold Spring Harbor Laboratory (CSHL), augmentant considérablement son niveau de financement et de recherche. Au CSHL, il réoriente ses recherches vers l'étude du cancer et en fait un centre de recherche de premier plan en biologie moléculaire.

En 1994, il est nommé président et sert pendant 10 ans, puis chancelier, jusqu'à sa démission en 2007 après avoir fait des commentaires affirmant un lien génétique entre l'intelligence et la race. Entre 1988 et 1992, Watson a été associé aux National Institutes of Health, aidant à établir le projet du génome humain.

Watson a écrit de nombreux ouvrages scientifiques, dont le manuel Molecular Biology of the Gene (1965) et son best-seller The Double Helix (1968).

En janvier 2019, après la diffusion d'un documentaire télévisé dans lequel Watson a répété son point de vue sur la race et la génétique, le CSHL révoque les titres honorifiques qu'il lui avait décernés et rompt tout lien avec lui.

James D. Watson est né à Chicago le 6 avril 1928, fils unique de Jean née Mitchell et de James D. Watson, un homme d'affaires. Élevé catholique, il s'est décrit plus tard comme « un évadé de la religion catholique ».

Watson grandit dans les quartiers sud de Chicago (South Side) et fréquente des écoles publiques. Il est fasciné par l'observation des oiseaux, un passe-temps partagé avec son père. De ce fait, il envisage de se spécialiser en ornithologie. Watson fait une apparition sur Quiz Kids, une émission de radio populaire qui mettait des jeunes gens doués au défi en leur posant questions. Grâce à la politique libérale du président de l'université, Robert Hutchins, il peut s'inscrire à l'université de Chicago, où il reçoit une bourse d'études, à l'âge de 15 ans.

Après avoir lu le livre d'Erwin Schrödinger, What is Life? en 1946, Watson change ses ambitions professionnelles de l'étude de l'ornithologie à la génétique. Il obtient son bachelor degree (4 ans d'études supérieures) en zoologie de l'université de Chicago en 1947. Dans son autobiographie, Évitez les gens ennuyeux, Watson décrit cette université de Chicago comme une « institution universitaire idyllique où il lui a été inculqué la capacité de pensée critique et une contrainte éthique de ne pas souffrir les imbéciles qui entravaient sa recherche de la vérité », contrairement à sa description d'expériences ultérieures.

En 1947, Watson quitte l'université de Chicago pour devenir étudiant diplômé de l'université de l'Indiana, attiré par la présence à Bloomington du lauréat du prix Nobel Hermann Joseph Muller en 1946 qui, dans des articles cruciaux publiés en 1922, 1929 et dans les années 1930, avait présenté toutes les propriétés de base de la molécule d'hérédité que Schrödinger décrit dans son livre de 1944. Il obtient son doctorat en 1950 ; Salvador Luria est son directeur de thèse.

Co-découvreur de la structure de l'ADN

À l'origine, James Dewey Watson a été formé à la biologie moléculaire par les travaux de Salvador Luria. Luria a finalement partagé le prix Nobel de physiologie ou médecine de 1969 pour ses travaux sur l'expérience de Luria-Delbrück, qui concernaient la nature des mutations génétiques.

Ensuite, sur les conseils d'un professeur, il se rend à Copenhague pour s'initier aux méthodes de la biochimie. La même année, il assiste à Naples à un congrès et y rencontre Maurice Wilkins qui présente les premiers clichés de diffraction des rayons X de l'ADN. C'est l'époque où l'on suggère que l'ADN est le support de l'information génétique, alors que l'on croyait que les gènes étaient de nature protéique.

James Watson, qui a vingt-trois ans, s'attaque alors à la structure des acides nucléiques. À l'automne de 1951, il vient à Cambridge, au laboratoire Cavendish, et rejoint un groupe de chimistes et de cristallographes de renom. En novembre, il assiste à un séminaire où Franklin présente ses recherches qu'il ne comprend pas correctement, si bien que le premier modèle de l'ADN qu'il propose avec Crick est aisément réfuté par les chercheurs du King's College. Crick et Watson ont alors interdiction de travailler sur l'ADN. Il se tourne vers l'étude de l'ARN et montre qu'il a une structure hélicoïdale. En janvier 1953, après la levée de l'interdiction, il s'attache à élucider la structure de l'ADN. Les deux clés de ce problème seront : d'une part, la structure hélicoïdale ; d'autre part, l'observation que la molécule d'ADN est composée de quatre bases puriques et pyrimidiques (A, T, G, et C), et que les deux paires de bases A-T et G-C ont des structures complémentaires sur le plan stérique. Cette nouvelle notion, ajoutée à celle d'une structure hélicoïdale, permet à Watson et Crick d'élaborer un modèle de structure en double hélice. Cette découverte n'aurait pu se faire sans les clichés de diffraction aux rayons X effectués par Rosalind Franklin et communiqués à son insu à Watson par Wilkins.

Watson et Crick sont guidés vers leur découverte par celle — partiellement erronée — de Linus Pauling sur la structure hélicoïdale de la molécule d'ADN et par celle d'Erwin Chargaff sur les bases puriques et pyrimidiques.

En mai 1952, Franklin et Wilkins n'arrivent pas à se mettre d'accord afin de savoir qui doit travailler sur le projet de l’ADN. Pour avancer dans leurs recherches, Watson et Crick se mettent à chercher à savoir si Franklin a découvert d’autres informations scientifiques sur la structure de l’ADN qu'elle n'aurait pas communiquées. Afin de prendre connaissance de ces possibles informations, ils contactent un proche au Conseil de la recherche médicale, l'organisation britannique qui prend en charge le coût des travaux de Franklin. En fin d'année, l'organisme leur envoie en réponse un rapport censé être confidentiel de tout ce qu'elle a trouvé[réf. à confirmer]. Max Perutz se justifiera dans une lettre à Science en expliquant que le rapport n'était pas confidentiel et qu'il ne contenait rien que Watson n’ait eu l’occasion d’apprendre lors du séminaire du King’s College, quatorze mois plus tôt.

À travers la lecture de ce rapport, ils remarquent alors que Franklin a avancé dans son interprétation de l’image B 51, une image de diffraction de rayons X qui confirme la distance de 0,34 nanomètre entre les bases de l’ADN, et qu'un tour d'hélice est composé de 10 bases avec comme diamètre pour la molécule 2 nanomètres. Les hypothèses avancées dans ce rapport sont considérables et permettent à Watson et Crick de trouver la structure finale de l’ADN qu'ils publient dans Nature, le 25 avril 1953.

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