Jamel Debbouze, né le 18 juin 1975 à Paris 10e est un humoriste, acteur et producteur franco-marocain.
Grand frère de l'acteur Mohammed Debbouze, il est révélé à la fin des années 1990 par ses prestations sur Radio Nova et Canal+, il devient une vedette comique en France et au Maroc, notamment grâce à des one-man-shows et des films à petit budget bien reçus par la critique : Zonzon (1998) et Le Ciel, les Oiseaux et... ta mère ! (1999). Il s'impose comme une valeur sûre grâce à des seconds rôles dans des films à grand succès : Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001) et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002). Il enchaîne ensuite les premiers rôles, dans un registre dramatique : Angel-A (2005), Indigènes (2006), Parlez-moi de la pluie (2008), Hors-la-loi (2010). Il retrouve aussi Alain Chabat pour la comédie familiale Sur la piste du Marsupilami (2012).
Durant les années 2010, il produit et joue dans des comédies dramatiques sociales et humanistes : Né quelque part (2013), La Marche (2013), La Vache (2016). Parallèlement, il s'associe à des humoristes populaires pour des productions commerciales : Florence Foresti pour Hollywoo (2011), Kev Adams pour Alad'2 (2018).
Derrière la caméra, il lance aussi divers projets comme le Jamel Comedy Club (depuis 2006), le festival Marrakech du rire (depuis 2011) ou le film d'animation Pourquoi j'ai pas mangé mon père (2015).
Jamel Debbouze naît le 18 juin 1975 à l'hôpital Lariboisière à Paris 10e. En 1976, son père employé à la RATP et sa mère préposée au service du nettoyage dans le groupe Bouygues, décident de partir pour Taza, une ville marocaine d'où ils sont originaires ; le séjour dure deux années jusqu'au retour en France, à Paris puis à Trappes en 1983. Jamel est l'aîné d'une fratrie de quatre garçons, Mohammed, Karim, Rachid et de deux filles, Hayat et Nawel.
Jamel Debbouze connaît une jeunesse difficile ; il participe à des actions de bandes de quartier et flirte avec la petite délinquance. Le 17 janvier 1990, à la gare de Trappes, en tentant de traverser la voie, il est happé par le train Paris-Nantes, en même temps qu'un garçon de son âge, Jean-Paul Admette (fils du chanteur réunionnais Michel Admette). Celui-ci est tué, tandis que Debbouze est gravement blessé et perd l'usage de son bras droit. À la suite de l'accident, une procédure judiciaire est intentée, par Michel Admette et son épouse, à l'encontre de Debbouze — âgé de 14 ans à l'époque des faits — pour homicide involontaire. Elle se conclut par un non-lieu.
Cet accident marque un tournant dans la vie de l'adolescent. Physiquement diminué, il est contraint de se trouver de nouvelles activités, mais aussi de s'inventer un personnage pour se singulariser. Tirant parti de son handicap, avec lequel il se donne une allure comique, il commence à pratiquer l'improvisation théâtrale pour laquelle il se découvre un don.
Remarqué par Alain Degois, directeur de la compagnie théâtrale d'improvisation de Trappes, Déclic Théâtre, Jamel Debbouze fait ses débuts au théâtre en 1991, et va en finale du championnat de France junior de la Ligue d'improvisation française. En juillet 1992, il participe à une rencontre internationale d'improvisation expérimentale à Montréal, Québec. Il se produit à deux reprises, en 1992 et 1993, devant le président de la République François Mitterrand, et fait par ailleurs la connaissance de l'humoriste Smaïn, qui le soutient à ses débuts. Le 1er juillet 1993, il fait une première apparition télévisée sur la chaîne marocaine 2M et à la télévision française, dans la soirée consacrée au Téléthon que parraine Michel Sardou, le 4 décembre 1993.
Révélation à la radio et premiers rôles sur les écrans (1992-1996)
En 1992, Jamel signe son premier court-métrage Les pierres bleues du désert réalisé par Nabil Ayouch.
En 1995, Jamel Debbouze est repéré par Jean-François Bizot et Jacques Massadian de Radio Nova, qui vont le faire connaître (ce dernier deviendra par ailleurs son agent). Il débute alors sur Radio Nova avec son émission le K-X. placée juste avant l'émission hip-hop de Skyrock Le Cut-Killer Show, puis fait ses débuts télévisuels en 1996 sur Paris Première, chaîne du câble assez confidentielle à l'époque, dans une émission coproduite par Radio Nova et la chaîne. Parallèlement à sa carrière télévisuelle, il triomphe avec son premier one-man-show.
En 1996, Jamel débute pour son premier rôle au cinéma dans la comédie Les Deux Papas et la Maman réalisé par Jean-Marc Longval et Smaïn.
Succès à la télévision et au cinéma (1998-2005)
Il lance sa chronique Le Cinéma de Jamel sur Canal+, en 1997 (pour deux saisons, de septembre 1997 à juin 1999, et sur cette même chaîne, participe peu après à la série à succès H, entre autres aux côtés des comiques Éric et Ramzy.
Il débute au cinéma et se fait remarquer, en 1998, avec Zonzon de Laurent Bouhnik. L'année suivante la comédie Le Ciel, les Oiseaux et... ta mère ! d'un autre cinéaste débutant, Djamel Bensalah. En 1999, il fait une apparition dans le clip Tomber la chemise de Zebda.
L'acteur participe ensuite à deux succès de l'histoire du cinéma français. Il tient en 2001 un rôle secondaire dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet et, en 2002, joue dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, d'Alain Chabat et participe à la bande originale, en accompagnant le rappeur américain Snoop Dogg sur la chanson Mission Cleopatra ; ces succès marchent également très bien à l'étranger. En 2003, il fait une apparition dans le clip Les Sales Gosses de Dadoo avec Éric et Ramzy, Dieudonné et JoeyStarr.
Proche du roi du Maroc Mohammed VI, soutenu par Luc Besson et Gérard Depardieu, en 2002, Jamel Debbouze ambitionne de créer un « Hollywood du désert », un ensemble de studios de tournage qui assureraient du travail à de nombreux Marocains. Prévu pour 2004, ce projet n'a pas encore vu le jour et suscite des interrogations dans la presse marocaine.
En 2005, il tient le rôle principal d'Angel-A, film romantique au ton décalé mis en scène par Luc Besson.