Ce Jour-là

Jacques Tenon

Chirurgien français

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Jacques Tenon (né le 21 février 1724 à Sépeaux, près de Joigny et mort le 16 janvier 1816 à Paris) est un chirurgien français, connu pour son Mémoire sur les hôpitaux de Paris (1788), source d'inspiration pour la politique hospitalière de Paris, jusqu'au début de la IIIe République.

Né dans une famille de chirurgiens, Jacques-René Tenon est l’aîné de 11 enfants. Il passe sa jeunesse à Courtenay. Suivant la lignée familiale, il part pour Paris faire ses études de chirurgie en 1741. Il est pris en charge par un généreux parent l'avocat Nicolas Prévot.

C’est au cours de son cursus qu’il parvient à s’attirer les faveurs de Jacques-Bénigne Winslow, médecin réputé qui enseigne au Jardin du roi, et grâce auquel il peut approfondir et pratiquer ses connaissances. Winslow le fait entrer dans son laboratoire.

En 1745, il est nommé chirurgien militaire et participe aux campagnes de Flandres durant la guerre de succession d'Autriche où il parachève son éducation de chirurgien.

En 1749, quelques mois après son retour, il est reçu au concours de chirurgien principal des hôpitaux de Paris. Il est affecté à l’hôpital général de la Salpêtrière (hôpital-prison pour femmes), l'homologue féminin de Bicêtre, occupé par plus de six mille personnes dont près de 500 malades. Il soigne les femmes internées et donne des cours à ses nombreux étudiants. Il se montre partisan de l'inoculation de la variole.

En 1757, il accède à la chaire de pathologie du Collège de chirurgie. C’est à ce titre qu’il obtient du chirurgien du roi, Germain Pichault de la Martinière, et du gouvernement, la construction d’un petit hôpital attenant au Collège de chirurgie. C’est l’occasion d’expérimenter de nouvelles thérapies, et d’exercer ses vues sur la bonne administration des établissements hospitaliers. En mai 1759, il entre à l’Académie royale des sciences.

En 1785, il est chargé par le roi, avec huit autres membres de l’Académie des sciences, d'évaluer un projet de reconstruction de l'Hôtel-Dieu de Paris. Ce sera pour lui l'occasion de publier ses conclusions en 1788, dans son célèbre Mémoire sur les hôpitaux de Paris.

Élu député de la Seine-et-Oise de la Législative en 1791, il est nommé premier président du Comité de secours publics, et commande une grande enquête sur les hôpitaux en 1791, qui permet de connaître avec une certaine précision le nombre d’établissements et leurs capacités à travers toute la République, chose que la Monarchie n’avait jamais réussi à faire sous l’Ancien Régime.

Il n’est pas réélu sous la Convention et, désapprouvant ses excès, se retire sur ses terres à Massy en 1793.

Malgré son élection à l'Institut de France en 1795, et en dépit des demandes pressantes de Bonaparte, il reste à l'écart de la vie politique.

Sa maison est pillée et saccagée par des soldats russes en juillet 1815, il se réfugie à Paris où il meurt quelques mois plus tard le 16 janvier 1816. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la division 10.

Mémoire sur les hôpitaux de Paris

L'élaboration du traité de Tenon a eu lieu dans le cadre d'un débat public sur ce qu'il fallait faire de l'Hôtel-Dieu de Paris, un ancien hôpital situé au centre de Paris près de Notre-Dame. Au XVIIIe siècle, l'Hôtel-Dieu était notoirement surpeuplé, insalubre et sujet aux incendies. Il était utilisé presque exclusivement par des patients démunis qui n'avaient pas d'autres options. Il avait la réputation d'être un « piège mortel » en raison de ses conditions sordides et de son taux de mortalité élevé. Deux incendies graves s'étaient produits en 1737 et 1772. L'incendie de 1772 détruit une grande partie de l'Hôtel-Dieu et tue de nombreux malades. L'indignation du public face à la perte de vie a suscité des discussions plus systématiques sur d'éventuelles réformes du système hospitalier à Paris.

En 1785, treize ans après l'incendie de 1772, le projet de l'architecte Bernard Poyet (1742-1824) est présenté dans le mémoire Sur la nécessité de transférer et reconstruire l'Hôtel-Dieu rédigé par Claude Coquéau (1755-1794). Poyet propose de construire sur l'île des Cygnes, un hôpital circulaire, réplique extérieure du Colisée de Rome, pouvant contenir plus de 5000 lits médicalisés avec circulation aérienne efficace (renouvellement constant de l'air).

Le baron de Breteuil (1730-1807), secrétaire de la Maison du roi, charge l'Académie royale des Sciences d'évaluer le projet Poyet. À cet effet une commission de 9 membres est créée, Jacques Tenon en fait partie, avec Lassonne, Daubenton, Bailly, Lavoisier, Laplace, Coulomb, d'Arcet, et Tillet.

Cette commission publie trois rapports successifs. Celui de 1786 refuse le projet Poyet jugé excessif et dans un endroit insalubre, celui de 1787 préconise quatre hôpitaux plus petits répartis dans Paris, et celui de 1788 propose un plan d'hôpital basé sur une structure pavillonnaire.

Tenon et Coulomb sont mandatés par la commission pour effectuer une mission d'étude en Angleterre en juin et juillet 1787. Ils visitent plus particulièrement l'Hôpital de la marine royale de Stonehouse (en), hôpital pavillonnaire, édifié entre 1758 et 1764 près de Plymouth, et qui leur parait le plus intéressant, pouvant servir de référence.

En 1788, Tenon publie son propre rapport Mémoires sur les hôpitaux de Paris, ouvrage le plus complet de son époque sur l'organisation hospitalière.

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