Ce Jour-là

Jacques Sternberg

Écrivain belge

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Nathan Jacques Sternberg, dit Jacques Sternberg, né le 17 avril 1923 à Anvers et mort le 11 octobre 2006 à Paris 4e, est un écrivain belge francophone.

Romancier, dramaturge, directeur de collection, auteur d'anthologies, pamphlétaire, essayiste, journaliste, chroniqueur, préfacier et postfacier, scénariste, rewriter, « écrivain inclassable ayant un goût prononcé pour l'absurde, l'humour noir et l'étrange, Jacques Sternberg a écrit une œuvre abondante, des contes et des nouvelles par centaines, des essais de toutes sortes et près d'une vingtaine de romans », ces derniers, ainsi que ses nouvelles, touchant principalement à la science-fiction et au fantastique.

Jacques Sternberg naît le 17 avril 1923 à Anvers. Son père était un diamantaire anversois d'origine polonaise mort en déportation à Majdanek. Jacques Sternberg commence à écrire dès l'âge de 19 ans en 1941. Il se tourne vite vers le fantastique et la science-fiction. Ses débuts sont difficiles. En 1946, il épouse Francine, et la même année naît leur fils Jean-Pol, qui deviendra plus tard écrivain sous le pseudonyme de Lionel Marek. Il pratique le métier d'emballeur, puis s'installe à Paris dans l'espoir d'être publié. Il doit à Louis Gérin ses premiers pas dans l'édition.

En 1953, il publie son premier livre, La Géométrie dans l'impossible, aux éditions Arcanes créées en 1951 et dirigées par Éric Losfeld.

En 1962, avec Jodorowsky, Topor et Arrabal il participe à la fondation du mouvement Panique.

De 1963 à 1967, les Éditions Julliard lui confient la direction de sa collection « Humour secret » destinée à mettre en lumière quelques humoristes alors méconnus en France. Outre James Thurber, Stephen Leacock et Roger Price, il y publie ses amis Cami, Copi, Cavanna, mais aussi ses découvertes comme François Valorbe, et quelques noms plus obscurs comme Fritz von Herzmanovsky-Orlando ou Honoré Bostel. La collection comportera 14 volumes.

Dans les années 1970, il a beaucoup contribué à la diffusion, à la promotion et à la reconnaissance de la nouvelle française et étrangère des XIXe et XXe siècles, en publiant notamment, sous la direction de Jacques Bergier et Louis Pauwels, les Anthologies Planète telles que Les Chefs-d’œuvre du fantastique, de l'épouvante, de la science-fiction, du kitsch, de la bande dessinée…

Jacques Sternberg a également collaboré aux Éditions de minuit, Le Terrain vague, Éric Losfeld, Denoël, Calmann-Lévy, Christian Bourgois, Marabout, Albin Michel, Plon, Les Belles Lettres, La Renaissance du livre et autres…

Avec plus de 1 500 textes répertoriés à ce jour, Jacques Sternberg est le nouvelliste le plus prolifique du XXe siècle[réf. nécessaire].

« Écrire un roman de plus de 250 pages est à la portée de n'importe quel écrivain plus ou moins doué […] Mais écrire 270 contes, généralement brefs, c'est une autre histoire. Ce n'est plus une question de cadence, mais d'inspiration, cela demande 270 idées. »— (préface aux Contes glacés)

« […] je ne vibre vraiment qu'en écrivant des nouvelles — avec chutes et sujets bien précis — et je naufrage généralement au cours d'un roman. D'ailleurs, je n'en lis presque jamais, je m'y ennuie. Même en dessous de trois cents pages, je les trouve presque toujours épuisants, interminables, et si souvent radotés par d'autres. »— (Nouvelles Nouvelles, no 23, été 1991, p. 40)

« Après avoir publié une vingtaine de romans généralement étirés en une suite d'épuisantes anecdotes, il écrivit un jour un recueil de nouvelles sans se rendre compte qu'il s'attaquait à un genre qui supportait mal le manque absolu d'imagination et la prolixité dans le vide. »— (Contes griffus, p. 134)

Il y fait également preuve d'un grand sens de l'humour :

« Quand les énormes insectes venus d'autre part virent pour la première fois des hommes de la Terre, ils notèrent, stupéfaits et très effrayés : ce sont d'énormes insectes. »— (Contes brefs)

En 1961, Jacques Sternberg rencontre le réalisateur Alain Resnais chez une amie commune et ce dernier le recontacte l'année suivante pour lui proposer de le faire travailler comme scénariste. Resnais a particulièrement apprécié son roman Un jour ouvrable qu'il a lu sur les conseils de Chris Marker, et a également lu son premier roman Le Délit ainsi que La Géométrie de l'impossible.

Sternberg apporte par la suite à Alain Resnais quatre idées de scénario. L'une d'elles est née du fait que Jacques Sternberg se sent alors plus doué pour le conte que pour le roman : il a donc cherché un moyen d'accumuler des scènes très courtes, « avec énormément de temps morts », reliées par une même histoire. Le scénariste et le réalisateur entament alors un scénario dont la rédaction prendra cinq ans, avec des périodes d'arrêt qui dureront parfois plusieurs mois, Sternberg disant avoir travaillé « dans la jubilation la plus totale ». Ce sera Je t'aime, je t'aime.

Le personnage principal du film, Claude Ridder, est très inspiré de Jacques Sternberg : tout comme lui, l'écrivain a multiplié les emplois tels « [qu']emballeur, manutentionnaire, dactylo, rédacteur de circulaires, secrétaire de rédaction et autres emplois sous-payés ». Il a aussi utilisé de faux papiers pendant la Seconde Guerre mondiale, et a plusieurs fois failli mourir, ce dont il a gardé « l'impression d'être en sursis ». Le personnage de Catrine s'inspire de sa femme Francine, abandonnée à l'âge de cinq ans et qui en est restée éternellement triste.

Sternberg tourna aussi comme acteur dans quelques films et un documentaire :

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