Jacques Séguéla, né le 23 février 1934 à Paris, est un publicitaire français, cofondateur de l'agence de communication RSCG en 1970, absorbée par le groupe Havas en 1996.
Issu d'une famille de médecins (sa grand-mère maternelle est la première femme chirurgienne de Montpellier) d'Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), Jacques Séguéla naît en 1934 à Paris où son père Louis et sa mère Simone étudient la médecine et la radiologie. Il passe son enfance à Perpignan.
Son père le destine à la chirurgie et l'envoie chez son grand-père à Montpellier où il est en pensionnat à l'école des Jésuites. Renvoyé après avoir agressé un de ses surveillants avec une fourchette, il finit ses études au lycée François-Arago de Perpignan. Ayant échoué une première fois au baccalauréat, il le réussit l'année suivante, mais son redoublement incite son père à l'inscrire en pharmacie.
Pharmacien après cinq ans d'études, il choisit de poursuivre par un diplôme de docteur en pharmacie pour faire honneur à ses parents qui sont docteurs en médecine.
Voulant faire le tour du monde en 2 CV avec son ami Jean-Claude Boudot (né en 1934), étudiant en droit et à Sciences-Po, qu'il connaît depuis 1942, il propose à ses professeurs comme sujet de thèse : "De l'espèce à la Drogue - répartition géographique, récolte, traitement sur place et préparation des plantes médicinales à travers le monde", et commence son voyage le 9 octobre 1958 en partant de Paris, puis ils embarquent à Port-Vendres pour se rendre en Algérie et ensuite traverser le Sahara et l'Afrique Noire jusqu'au Cap, pour ensuite traverser le continent américain puis une partie de l'Asie et de l'Europe. Il leur arrive nombre de péripéties, ainsi au Japon, pour se faire un peu d'argent, ils sont mannequins vivants dans une vitrine pendant quelques jours, à Los Angeles, ils sont hébergés pendant une semaine par une star déchue d'Hollywood faisant penser à celle de Boulevard du crépuscule et en Thaïlande ils sont attaqués et dépouillés par des pirates birmans. Ils sont de retour en France le 12 novembre 1959 après avoir traversé huit déserts et cinquante pays. Ils co-écrivent un livre à succès : La terre en rond, publié en 1960, qui se vend à 150 000 exemplaires. Un film documentaire (du même titre) de 55 minutes sort la même année et retrace en images leur périple et ils participent au circuit de conférences Connaissance du monde.
Abandonnant la pharmacie, dont il a obtenu le doctorat en 1959, et sa fiancée de l’époque Dani, il devient reporter à Paris Match où Roger Thérond lui apprend « le choc des photos », puis à France-Soir où Pierre Lazareff (« [s]on père spirituel ») lui apprend « le poids des mots ». Il devient rédacteur en chef de France-Soir en trois ans.
En parallèle, en 1961, il fait son service militaire au service des armées où il est rédacteur en chef du journal militaire T.A.M. (Terre Air Mer) aux côtés de Philippe Labro, Just Jaeckin et Francis Veber.
Jacques Séguéla souhaite alors créer sa propre entreprise et Lazareff lui conseille de se lancer dans le domaine de la publicité, un terrain vierge dans les années 1960.
À 33 ans, il rejoint l'agence de publicité Delpire puis Axe Publicité où il rencontre le financier Bernard Roux. Ce dernier se fait renvoyer avec Jacques Séguéla de l'agence peu de temps après avoir demandé une augmentation. Tous deux fondent alors en 1970 l'agence de communication Roux-Séguéla (future RSCG) (faisant notamment la promotion du sénateur français Gaston Pams, pour le lancement de Port-Barcarès, en organisant un concert de Johnny Hallyday sur la plage), rejoint deux ans plus tard par Alain Cayzac puis en 1976 par Jean-Michel Goudard.
Il rencontre sa future femme, Sophie Vinson, qui est stagiaire dans son agence en 1977. Ils ont ensemble cinq enfants dont des jumelles.
En 1978, alors que RSCG gagne du terrain, sa principale concurrente, Havas, lance alors une campagne de dénigrement contre l'agence, ce à quoi Jacques Séguéla réplique par un coup médiatique en publiant le livre Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité, elle me croit pianiste dans un bordel.
RSCG fusionne avec Eurocom en 1991 pour former Euro RSCG et devient Havas-Advertising en 1996. Jacques Séguéla en est le vice-président (avec Vincent Bolloré actionnaire de 20 % du capital d'Havas).
Dans l'article de L'Express du 1er avril 1999, il est mentionné que Jacques Séguéla a coproduit son premier film avec Jean-François Fonlupt. Ensemble, ils ont créé le long-métrage Sympatico, avec Sharon Stone en tête d'affiche.
En 2006, Jacques Séguéla revendique avoir participé en tant que publicitaire à 1 500 campagnes publicitaires et vingt présidentielles.
Invité le 13 février 2009 à l'émission Les 4 Vérités sur France 2, il répond à propos de l'image bling-bling du président Nicolas Sarkozy : « Comment peut-on reprocher à un président d'avoir une Rolex. Enfin... tout le monde a une Rolex. Si à cinquante ans, on n'a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! ». Selon Patrick Buisson, c'est une paraphrase de la boutade du général Lasalle « Tout hussard qui n'est pas mort à 30 ans est un jean-foutre. ». Des déclarations qui suscitent une polémique quant à son sens des valeurs. Le publicitaire présente ses excuses, achète une Rolex et la met aux enchères lors d’une vente de bienfaisance organisée par Laurent Baffie et la chaîne Paris Première. La montre sera adjugée 8 000 euros à l’homme d’affaires Jean-Claude Darmon.
En mai 2010, Jacques Séguéla crée Havas Tunisie, en s'associant avec Ghazoua Ben Ali, une des filles du président Ben Ali.
Il fait partie, avec Michel Bongrand, Patrick Buisson, Stéphane Fouks, Anne Méaux, Gérard Colé, Jacques Pilhan, Thierry Saussez, Claude Sérillon et Jean-Pierre Thiollet, des conseillers en communication qui ont joué ou jouent un rôle notable, dans les domaines politique, économique, social ou culturel, sur le territoire français.[réf. nécessaire]
Aussi bien en France qu'à l'étranger, Jacques Séguéla est recruté pour faire la communication de nombreuses personnalités politiques (spin doctor).