Ce Jour-là

Jacques Rigaut

Écrivain français

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Jacques Rigaut, né le 30 décembre 1898 dans le 7e arrondissement de Paris et mort par suicide le 6 novembre 1929 à Châtenay-Malabry (Seine), est un écrivain dadaïste français.

Fils d'un cadre, Jacques Rigaut est un élève du lycée Montaigne puis du lycée Louis-Le-Grand. En 1916, pendant la Grande guerre, il s'engage volontairement sous les drapeaux sans attendre sa majorité, et se retrouve au front en 1918, au sein de l'artillerie. Après sa démobilisation, il rejoint le groupe dadaïste à Paris, et participe à de nombreuses manifestations du mouvement. Marié à une Américaine, il quitte la France pour les États-Unis d'Amérique en 1923. Bientôt dépendant à l'héroïne et à l'alcool, il rentre seul à Paris, en 1928. Il met fin à ses jours alors qu'il tentait de suivre une cure de désintoxication.

Considéré parfois comme un écrivain sans œuvre, Jacques Rigaut, qui n'a publié que sept très courts textes de son vivant, a pourtant laissé toute une œuvre fragmentaire, composée notamment de nombreux maximes et aphorismes. Le suicide en est un thème récurrent. Ses écrits ont été réunis après la mort de l'écrivain par ses amis Raoul Roussy de Sales et Théodore Fraenkel, puis par l'écrivain Martin Kay en 1970.

Admiré par André Breton et Man Ray, habitués aux actes de provocation, il est un des agitateurs les plus actifs du groupe Dada parisien. Sa vie éphémère a fasciné l'écrivain Pierre Drieu La Rochelle à qui elle a inspiré trois récits (La Valise vide, Le Feu Follet, Adieu à Gonzague), dont l'un a été mis en images (Le Feu Follet), par le cinéaste Louis Malle.

Enfance et adolescence (1899-1916)

« Son enfance avait été pareille à la plupart : rieuse, bruyante, autoritaire. Puis une jeunesse enthousiaste, confiante : n'avait-il pas le monde dans sa main ? »

Fils d'un cadre du grand magasin Le Bon Marché et d'une mère sans emploi, Jacques Rigaut naît le 30 décembre 1898. Il est d’abord un élève brillant au collège Stanislas, puis au lycée Montaigne, où il obtient un prix de récitation et de français. Il devient passable et dissipé au lycée Louis-le-Grand où il se fait remarquer par son excentricité et côtoie René Chomette, le futur cinéaste René Clair. Il obtient son baccalauréat (série « philosophie » avec la mention passable en 1916, et s'inscrit à la faculté de droit. Il se lie alors d'amitié avec Simone Kahn — future Simone Breton —, que lui présente un ami du lycée, Max François-Poncet.

« Je voudrais, et je pense y réussir, occuper un poste où j'aurais des loisirs, ou voir la guerre. »

En décembre 1916, Rigaut devance l'appel et s'engage dans l'armée afin de pouvoir choisir un secteur moins dangereux. D'abord affecté au service automobile à Paris, il part au front dans l'artillerie lourde, en Lorraine, au début de l'année 1918. Le 17 juin, il est bouleversé d'apprendre la mort au front de François-Poncet. « Je suis effondré, je ne sais plus de quel côté me tourner. Il est probablement irremplaçable et en tout cas ma vie était arrangée avec la sienne, parallèlement. Je suis absolument sans courage. » écrit-il à Simone Kahn. Il présente également, dans une lettre à son frère, cet événement comme « la seule chose qui compte et qui donne à tout le reste sa valeur — c'est-à-dire nulle ».

Après l'armistice, il reste sous les drapeaux jusqu'à sa démobilisation en octobre 1919.

De retour à Paris, il commence à fréquenter les milieux littéraires et devient l'ami de Drieu la Rochelle, qui fera de lui le héros de La Valise vide, puis du Feu follet et de L'Adieu à Gonzague. Il rencontre le peintre mondain Jacques-Émile Blanche, qui l'engage comme secrétaire particulier, une fonction qu'il occupera de 1919 à 1923.

Ses premiers écrits, Propos Amorphes, sont publiés en 1920 dans la revue Action. La même année, il entre en contact avec les membres du groupe Dada, par l'intermédiaire de son amie Simone Kahn. Il publie un texte intitulé simplement « Jacques Rigaut » dans le numéro 17 de Littérature.

Dandy désargenté, vivant chez ses parents, il devient un grand consommateur d’opium, de cocaïne et d'héroïne.

Séjours à New York et mariage (1923-1927)

Le 17 novembre 1923, Rigaut quitte Paris pour New York. Il publie neuf aphorismes dans The Little Review qui seront ses derniers écrits publiés de son vivant. Lors d'un bref retour à Paris, en octobre 1924, il rencontre Gladys Barber, une jeune Américaine fortunée venue en France pour divorcer, qu’il suit à New York, début 1925. Bien qu'il vive dans des conditions matérielles pénibles, il y fréquente les milieux aisés et élégants, et épouse Gladys Barber le 15 janvier 1926, mais elle le quitte rapidement, en 1927, lassée de sa toxicomanie.

Retour à Paris et suicide (1928-1929)

De plus en plus esclave de l'héroïne et de l'alcool, Rigaut vit misérablement à New York jusqu’en novembre 1928, date à laquelle il revient subitement en France et reprend une vie mondaine dans une maison prêtée par le surréaliste Paul Chadourne.

En 1929 il entreprend une série de cures de désintoxication, infructueuses, en clinique à La Malmaison, puis en août à Saint-Mandé. En octobre, il entre dans une maison de repos à Châtenay-Malabry appelée « La Vallée aux loups » (qui fut la maison de Chateaubriand). Après avoir passé une soirée à Paris avec un vieil ami, Jacques Porel, le matin du 6 novembre 1929 Jacques Rigaut rentre à Châtenay-Malabry, où il se suicide d’une balle de revolver tirée en plein cœur. Il est enterré le 9 novembre au cimetière de Montmartre, (32e division), avec sa cousine Marcelle Chantal.

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