Jacques Mesrine /meʁin/, né le 28 décembre 1936 à Clichy et mort le 2 novembre 1979 à Paris, est un criminel français ayant opéré principalement en France, au Québec, en Espagne, en Suisse, en Italie et en Belgique.
Il est surnommé « l'homme aux mille visages » ou, à tort selon lui, « le Robin des Bois français ». Sa postérité peut s’expliquer par la capacité qu’il a eue « de se placer au centre d’une intense production textuelle », à laquelle il a lui-même contribué en faisant paraître en 1977 son autobiographie, L’Instinct de mort.
Déclaré « ennemi public numéro un » au début des années 1970, il est notamment connu pour ses vols à main armée, enlèvements, évasions et pour son fort charisme médiatique. Il meurt abattu par des forces de l'ordre lors d’une intervention menée à la porte de Clignancourt, après un an et demi de cavale.
Biographie jusqu'à son évasion
Jacques Mesrine est le fils d'André Pierre Mesrine (1908-1973) et de Fernande Charlotte Buvry (1908-1992), commerçants aisés du textile, qui possèdent une entreprise de dentelle de luxe à Paris. C'est à Clichy (au 3 de l'avenue Anatole-France) qu'il grandit et qu'il se met à fréquenter le quartier populaire de Pigalle à Paris.
Ses parents ont pourtant des projets pour lui : ils souhaiteraient plus tard le voir intégrer HEC Paris, mais il n'aime pas l'école. Il effectue une partie de sa scolarité au collège libre de Juilly, tenu par les oratoriens, où il a comme camarade Jean-Jacques Debout. Il est ensuite renvoyé du lycée laïc de Clichy, à cause de violences exercées envers le proviseur. Il devient alors représentant en tissus.
Selon Michel Laentz, ancien journaliste de Minute, qui a travaillé avec lui à l'âge d'à peu près 18 ans en 1951, pour distribuer une revue satirique du Professeur Choron sur les grands boulevards à Paris, puis pour vendre des aspirateurs Tornado au porte-à-porte, il revenait parfois sur les lieux visités pour les cambrioler.
Jacques Mesrine devance l'appel pour effectuer son service militaire et participe à la guerre d'Algérie comme militaire du rang à la 626e compagnie, une unité qui réceptionne les pièces détachées, pour les acheminer vers le front. Jacques René Mesrine est décoré pour ces services de la croix de la Valeur militaire par le général Jean Olié. Il revient en France en mars 1959, après avoir reçu un certificat de bonne conduite. C'est durant cette période qu'il découvre les armes et rapporte un pistolet .45 ACP, qu'il garde constamment sur lui.
D'après ses proches, l'expérience de l'Algérie l'a profondément marqué ; selon ses dires, il aurait été plusieurs fois de « corvée de bois » (exécution sommaire de prisonniers algériens en dehors des enceintes militaires), ce qui fut contredit unanimement par ses camarades d'unité.
Par ailleurs, Mesrine aurait été membre de l'OAS en 1961, ce dont les autorités françaises l'ont soupçonné à la suite de son arrestation de 1965 à Palma, lors d’un flagrant délit de cambriolage à la villa du gouverneur militaire. Néanmoins, aucune source d'importance n'est venue étayer une quelconque proximité entre Mesrine et cette organisation[réf. nécessaire].
Premiers vols à main armée en France
Il participe à de nombreux cambriolages et vols à main armée dès l'âge de vingt-trois ans. C'est à l'époque de son divorce en 1965 qu'il est arrêté et condamné pour la première fois à payer une amende pour port d'arme prohibé.
Entre 1961 et 1962, il réside au 31, de la rue Boinod, dans le 18e arrondissement. Le 17 janvier 1962, il est arrêté au Neubourg, dans l'Eure, où ses parents ont une maison de campagne, alors qu'il se prépare, avec trois complices, à effectuer un hold-up à la Société générale. Il est condamné, pour la première fois, à dix-huit mois de prison en mars 1962. Il passera son temps d'incarcération dans les prisons d'Évreux, puis d'Orléans, où il dit avoir rencontré Pierre Carrot, dit Pierrot le fou no 2. Il est relâché en 1963. Il souhaite alors quitter la vie criminelle et il trouve un emploi dans une entreprise d'architecture d'intérieur. Mais, à la suite de la mise en chômage technique des employés de celle-ci, il perd son travail et redevient délinquant.
Installation dans l'Oise en 1967
En 1967, il effectue « sa première escale » dans l'Oise pour y devenir « de façon un peu obscure » gérant de l'auberge de Mont Saint-Mard à Vieux-Moulin, au cœur de la forêt de Compiègne, où l'une de ses tantes lui confie l'établissement, avec sa compagne de l’époque, ex-prostituée, placée à la caisse, qui « a rapidement su comment rentabiliser les 5 chambres ». Sur fond de jalousies de cafés de jeux proches accueillant également des caïds de banlieue, la police locale s’intéresse à cette auberge, tout comme les services fiscaux. Des impayés vaudront à Mesrine une condamnation par défaut à deux ans de prison. À la suite d'une bagarre et de coups de feu quelques mois seulement après son arrivée, l’auberge est fermée. Elle sera reprise de 1978 à décembre 2012 par un restaurateur parisien, Michel Carbonnell, venu avec son épouse puis par Michel Laentz, ancien journaliste de Minute.
Îles Canaries, Québec et Venezuela
Le 2 décembre 1965, Jacques Mesrine est arrêté à Palma de Majorque en train de voler des documents politiques dans le bureau du gouverneur militaire. La police locale le soupçonne de travailler pour les services secrets français. Il est condamné à six mois de prison. En octobre 1966, il ouvre un restaurant à Santa Cruz de Tenerife dans les îles Canaries. Parallèlement, il continue son activité criminelle. En décembre 1966, il attaque une bijouterie à Genève, en Suisse. En mai 1967, il ouvre une auberge à Compiègne, en France.
Le 15 novembre 1967, il cambriole un hôtel à Chamonix, où il est reconnu. Le 8 décembre 1967, il braque une maison de haute couture parisienne où il est, là aussi, reconnu. Maria de la Soledad le quitte et leurs trois enfants sont confiés aux parents de Mesrine.