Ce Jour-là

Jacques Fouroux

Joueur français de rugby à XV

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Jacques Fouroux, surnommé « le Petit Caporal », né le 24 juillet 1947 à Auch et mort le 17 décembre 2005 dans la même ville, est un joueur international français de rugby à XV, évoluant au poste de demi de mêlée, puis entraîneur et dirigeant sportif.

Capitaine de l'équipe de France, il reste l’une des figures majeures du rugby français des années 1970. Il conduit notamment le XV de France au Grand Chelem dans le Tournoi des Cinq Nations 1977, réalisé avec les mêmes quinze joueurs durant les quatre rencontres, une performance restée unique dans l’histoire du Tournoi.

Devenu ensuite sélectionneur de l’équipe de France de 1981 à 1990, il mène les Bleus à deux autres Grands Chelems, en 1981 et 1987, ainsi qu’en finale de la première Coupe du monde en 1987. Personnalité centrale et controversée du rugby français, son nom demeure également associé à la finale polémique du championnat de France 1993 avec le FC Grenoble, ainsi qu’à sa tentative de lancement d’une ligue professionnelle de rugby à XIII au milieu des années 1990.

Surnommé le Petit Caporal en raison de son allant à mener son équipe, de son caractère bien trempé et de sa petite taille pour un joueur de rugby (1,63 m), son parcours en club fut modeste car il évolua dans des clubs de second rang.

Il joue son premier match en équipe première du FC Auch en 1965 mais le club ne compte finalement pas sur lui la saison suivante le jugeant trop petit.

Il joue ensuite à Cognac, La Voulte, où il arrive l'année suivant le titre, et avec lequel il atteint les huitièmes de finale du championnat de France et les demi-finales du Challenge Yves du Manoir en 1971, les seizième en 1972, 1974, 1975 et 1976, et les quarts de finale en 1973. Il fait ensuite son retour à Auch, club dans lequel il débute en junior.

Il est retenu par le comité de sélection pour débuter face à l'Irlande lors du Tournoi de 1968. Jo Maso, avec lequel il doit constituer la paire de demi de l'équipe de France, se blesse et le comité décide prendre finalement la paire de Lourdes, Jean-Henri Mir et Jean Gachassin. Il dispute finalement son premier match quatre ans plus tard, en 1972, en Irlande. Ce match, le deuxième disputé cette année-là face au même adversaire, est programmé pour aider la fédération irlandaise, privée des deux matches du Tournoi de 1972, les Écossais et les Gallois ayant décidé de ne pas se rendre en Irlande en raison du conflit nord-irlandais. En automne, il rencontre la Roumanie dans un match difficile où la France s'impose. Lors de cette rencontre, il est associé à Jean-Pierre Romeu. À cette période, il ne fait pas l'unanimité pour occuper le poste en équipe de France : le journal L'Équipe réalise un sondage qui place Richard Astre en tête avec 71,26 % des suffrages, devant Fouroux avec 13,69 et Max Barrau 12,73.

Il doit ensuite attendre 1974 pour débuter dans le Tournoi des Cinq Nations, face au pays de Galles puis contre l'Angleterre, deux rencontres terminées par des nuls. Il se rend en juin en Argentine pour vaincre à deux reprises les Pumas, la paire Fouroux-Romeu s'avérant particulièrement importante lors du deuxième test remporté 31 à 27. Il est capitaine en octobre lors d'une victoire 19 à 15 face à la Roumanie à Bucarest. L'Afrique du Sud, qui a besoin de se réhabiliter après une déroute durant l'été face aux Lions (trois défaites et un nul), dispute deux rencontres en France, avec des victoires des Springboks par 13 à 4 à Toulouse puis 10 à 8 au Parc des Princes.

Après une défaite importante à Paris pour l'ouverture du Tournoi 1975 face aux Gallois, il est absent lors du match suivant face aux Anglais en raison d'une blessure, laissant ainsi la place à Richard Astre, qui grâce à une grande performance à Twickenham, s'assure de la place de demi de mêlée jusqu'à la fin du Tournoi. Fouroux est présent lors de la tournée en Afrique du Sud, mais il ne participe pas aux deux tests face aux Springboks. Il participe toutefois à une rencontre face à une sélection multiraciale, comptant cinq Springboks dont le capitaine Morné du Plessis. Cette sélection s'impose sur le score de 18 à 3.

À l'automne, Jacques Fouroux et Richard Astre sont mis en concurrence face aux Argentins. Fouroux, grâce à une victoire importante sur le score de 39 à 0 face la Roumanie, obtient le droit de commencer le Tournoi des Cinq Nations 1976. Les Français s'appuient sur un pack surpuissant et dirigé à la perfection par Fouroux. Le groupe des avants stable, avec un seul changement, Francis Haget par Jean-François Imbernon pour cause de blessure, depuis le premier match d'octobre face aux Pumas, est de nouveau la principale raison de la victoire face à l'Irlande avec quatre essais, dont un de Fouroux. Les Français s'inclinent ensuite à Cardiff face aux Gallois sur le score de 19 à 13, après s'être vus refuser en fin de rencontre un essai qui pouvait leur permettre d'obtenir le nul. En juin, lors de la première tournée des Français aux États-Unis, Fouroux évite à l'équipe de France une défaite face à une sélection des clubs de la côte d'Ouest. Lors du test face aux Américains, les Français s'imposent 33 à 14.

La concurrence entre Astre et Fouroux se poursuit en automne : après une victoire étriquée de l'équipe menée par Fouroux face aux Australiens, celle dirigée par Astre une semaine plus tard s'impose nettement, toujours face au même adversaire. C'est finalement le match face aux Roumains qui décide du détenteur du poste de titulaire pour le Tournoi 1977 : avec une défaite 15 à 12 en Roumanie, Astre dispute son dernier match sous le maillot bleu.

Légende :J matches joués, V victoire, N matches nuls, D défaitesPP points pour, PC points contrePts points de classementT Tenant du titre.

Les Français commencent leur Tournoi lors de la deuxième journée, face au pays de Galles, vainqueur des deux derniers Tournois, dont un Grand chelem lors de l'édition précédente. À Paris, les Français s'imposent 16 à 9 grâce à un rugby méthodique s'appuyant sur un pack surpuissant. Le deuxième match du Tournoi se déroule dans des conditions détestables : après les révélations que la FFR a récusé l'arbitre écossais Norman Sanson, de peur selon la presse britannique d'être trop sanctionnée, les Français sont accueillis à Twickenham sous les huées et les crachats. Grâce à un essai de François Sangalli à la suite d'une récupération de Fouroux, les Français s'imposent sur le score de 4 à 3. Après cette confrontation, les Français reçoivent les Écossais à Paris. Ce match aurait pu tourner mal avec un coup de poing de Gérard Cholley sur Donald McDonald (en), geste qui n'est finalement pas sanctionné par l'arbitre. Les Français s'imposent sur le score de 23 à 3. Fouroux, victime d'une fracture du nez dès le début de la rencontre, tient son poste tout au long de la rencontre. Malgré la condamnation du geste de Cholley par Ferrasse lors du dîner d'après match, le XV est reconduit pour la dernière rencontre face aux Irlandais. Malgré une bonne résistance de ceux-ci qui mènent même à la mi-temps, les Français imposent leur puissance pour remporter le match par 15 à 6. Ils remportent le deuxième Grand chelem de l'histoire de l'équipe de France, réalisant celui-ci en ne concédant aucun essai, fait unique dans l'histoire du Tournoi, et uniquement avec les mêmes quinze joueurs, autre cas unique.

La tournée en Argentine voit l'opposition entre Élie Pebeyre, désigné président du comité de sélection au début de 1977, adepte d'un jeu plus offensif et élargi, et Jean Desclaux, l'entraîneur, qui avec le soutien des joueurs dont Fouroux, préconise le jeu actuel basé sur l'efficacité et la puissance. Après une première victoire 26 à 3, les Français concèdent un match nul sur le score de 18 partout, le premier lors des confrontations entre les deux équipes. Ce résultat est vivement critiqué par Élie Pebeyre.

Pour le premier test de la tournée des Néo-Zélandais, qui ont remporté la série de tests face aux Lions durant l'été, Fouroux conduit son équipe à la victoire, 18 à 13, en s'appuyant une nouvelle fois sur la puissance du pack où seuls Bastiat et Rives sont absents pour blessures, remplacés par Jean-Luc Joinel et Alain Guilbert. La semaine suivante, les All Blacks utilisent une technique inédite sur les touches, touche réduite à deux joueurs, pour accélérer le jeu et éviter les confrontations avec le pack français. Ils s'imposent à Paris sur le score de 15 à 3.

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