Jacques Faizant, né le 30 octobre 1918 à Laroquebrou (Cantal) et mort le 14 janvier 2006 à Suresnes, est un dessinateur de presse français, célèbre éditorialiste du Figaro, collaborateur de divers supports de presse tels que Carrefour, La Vie catholique, Bonjour dimanche, La Voix du Nord, Le Dauphiné libéré, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Jours de France, Paris Match et Le Point.
Fils d'un menuisier, il effectue sa scolarité à Biarritz avant d'intégrer l'école hôtelière de Nice. Il travaille six ans dans l'hôtellerie avant de se lancer dans le chant, le dessin animé et le dessin d'humour, publiant son premier dessin en 1942 dans le journal Dimanche Illustré, mais sa carrière de dessinateur ne commence véritablement qu'à la Libération, époque où de nombreux journaux sont créés et où il arrive facilement à placer ses productions.
En 1956, Marcel Dassault lui commande quelques dessins au lavis pour l'hebdomadaire Jours de France. En 1958, il apporte au rédacteur en chef du journal Paris-Presse, auquel il collaborait régulièrement, un dessin inspiré de l'actualité. Son dessin est publié, et il lui en fournit d'autres, quotidiennement, en rapport avec l'actualité.
À partir du 1er septembre 1960, il devient dessinateur politique dans le quotidien français Le Figaro, dont son graphisme ne tarde pas à devenir l'un des emblèmes. Quarante ans plus tard (29 novembre 1999), il est relégué dans les pages intérieures du journal, avant de quitter le journal le 3 octobre 2005, quelques mois avant sa disparition.
Le Figaro lui rend hommage du 19 au 30 décembre 2005 en publiant chaque jour un de ses dessins emblématiques, et le 31 décembre, toujours dans le Figaro, dix-sept dessinateurs issus de tous les horizons de la presse française lui rendent hommage. Dans son édition du 14 décembre 2005, l'hebdomadaire Charlie Hebdo consacre deux pages à Jacques Faizant : des hommages nettement plus grinçants lui sont rendus par Luz, Tignous, Sattouf, etc., sous le titre : Jacques Faizant prend sa retraite, les dessinateurs de Charlie postulent au Figaro.
Il est père de deux enfants, l'ainé Patrice et le cadet Michel. Ce dernier est devenu également dessinateur de presse humoristique sous le pseudonyme de Chimulus.
Jacques Faizant est mort le 14 janvier 2006 à l'hôpital Foch de Suresnes. Sa tombe se trouve au cimetière ancien de Rueil-Malmaison.
Ses dessins, d'un conservatisme politique engagé et assumé, sont souvent marqués par son admiration du Général de Gaulle. C'est de cette veine qu'il tire son dessin sans doute le plus célèbre et marquant : dans Le Figaro (édition du 11 novembre 1970, juste après le décès du général de Gaulle (qui avait quitté le pouvoir en 1969), il a représenté Marianne, l'image de la République et un de ses personnages récurrents, pleurant sur un chêne déraciné. C'est de ce dessin sobre et émouvant que se sont inspirés André Malraux pour le titre de son ouvrage Les Chênes qu'on abat... (Gallimard, 1971), et Plantu pour rendre à son tour hommage à son confrère.
Il a travaillé et connu le succès de 1962 à 1995 avec son agent Christiane Charillon, également agent du dessinateur Sempé, vendant ses dessins aussi bien aux entreprises privées qu'aux dirigeants politiques (souvent prompts à acquérir les dessins qui les représentaient), et multipliant les expositions dans les galeries parisiennes, comme la galerie Varine-Gincourt, ou la Galerie Humour, rue du Moulin Vert dans le XIVe arrondissement.
Outre un dessin quotidien dans Le Figaro, Jacques Faizant produit alors également pendant plusieurs années une page hebdomadaire dans Le Point.
Si ses traits ne manquaient pas de souligner les travers socialistes (Vive le Roué, 1989), Faizant ne s'empêche pas de lancer quelques piques plutôt tendres à l'endroit de la bourgeoisie, personnifiée par ses « vieilles dames », dans Paris Match.
Outre la minijupe de sa Marianne « maîtresse des présidents », Jacques Faizant a imposé quelques attributs visuels à certains hommes publics : le cochon-tirelire de Michel Debré, le parapluie de Laurent Fabius, le chapeau de Charles Hernu.
On estime que Jacques Faizant a produit plus de 50 000 dessins au cours de sa carrière. On lui doit aussi un dessin publicitaire célèbre, commandité par la Confrérie des maîtres pipiers de Saint-Claude : « La pipe, c'est mieux ».
Il est par ailleurs romancier et auteur de théâtre.
Plusieurs dizaines de recueils de ses dessins de presse ont été publiés.
Le 30 octobre 2018, à l'occasion du centenaire de sa naissance, 300 œuvres originales, dessins et aquarelles sont mis en vente à l'hôtel des ventes de Drouot. Presque tout le lot est vendu pour 90 000 € (105 592,23 €2025), plus du double de l'estimation initiale.
En 1988, Jacques Faizant et Georges Wolinski publient un album de dessins commun : Tous présidents !.
1975 : Oublie-moi, Mandoline, de Michel Wyn