Jacques Émile Blamont, né le 13 octobre 1926 à Paris et mort le 13 avril 2020 à Châtillon, est un astrophysicien français, professeur à l'université Paris-VI.
Dès les années 1960, il est un des principaux acteurs du programme spatial français, en liaison notamment avec la NASA, le JPL, les centres spatiaux de l'Union soviétique et l'organisation indienne pour la recherche spatiale. Il a été en 1962 le premier directeur scientifique et technique de l'agence spatiale française, le CNES. Il a joué un rôle majeur dans le développement des premiers satellites français, la création de la base de lancement de Kourou en Guyane française et le développement de certaines sondes spatiales lancées pour explorer le système solaire.
Jacques Blamont est le fils de l'avocat Émile Katz (1905-1983) (connu sous le nom d'Émile Armand Katz Blamont dans la Résistance), qui a été secrétaire général de l’Assemblée consultative d’Alger puis secrétaire général de la Présidence de l’Assemblée nationale pendant la durée de la IVe République et les premières années de la Ve (1945-71).
Il est le frère de François Blamont.
Il a partagé l'intérêt de son épouse Claudie (1933-2020), présidente de 1998 à 2005 du Cercle de généalogie juive en écrivant quelques articles sur ce sujet et un ouvrage. Ses recherches montrent que son ancêtre, le rabbin marrane Roque de Leon, avait quitté la Péninsule Ibérique et son Inquisition pour se réfugier à Toulouse au XVIIe siècle mais la jalousie et la haine du crypto-judaïsme entraînent des persécutions contre sa communauté qui, poussée à fuir ces violences, abandonne tous ses biens. Ainsi, Roque de Leon condamné au bûcher pour crypto-judaïsme en 1667 rejoint de la famille à Amsterdam où il se rejudaïse avec ses enfants, fonde une maison de commerce pour finir ses jours en 1715.
Jacques Blamont est élève de l'École normale supérieure où il entre en 1948. Il y prépare sa thèse sous la direction d'Alfred Kastler.
Il obtient l'agrégation de sciences physiques en 1952 puis son doctorat en 1956.
Jacques Blamont commence sa carrière au CNRS comme attaché de recherche de 1952 à 1956, puis chargé de recherche de 1956 à 1957.
En 1958, il est nommé sous-directeur du Service d'aéronomie, puis directeur en 1962 (poste qu'il occupe jusqu'en 1985).
De 1962 à 1972, il est directeur scientifique et technique du Centre national d'études spatiales. Il est haut conseiller scientifique du CNES de 1972 à 1982 puis conseiller du directeur au CNES à partie de 1982.
En 1980, il obtient le statut de Distinguished Visiting Scientist à la NASA. Dès lors, il intervient régulièrement sur plusieurs projets spatiaux, en apportant son expertise.
De 1996 à 2007, il est chef d'équipe du système de communication, pour le Jet Propulsion Laboratory pour la sonde spatiale Mars Global Surveyor.
De 1957 à 1961, Jacques Blamont est professeur sans chaire à la Faculté des sciences de Paris, puis il est professeur titulaire à la Faculté des sciences de Paris de 1962 à 1996.
En 1977, il est le premier Vikram Sarabhai Professor de l'université d'Ahmedabad (Inde) et en 1985, il est professeur au California Institute of Technology.
Dans la première moitié des années 1990, il assure un cours d'Histoire des sciences à l'Université-Versailles-Saint-Quentin, dans lequel il soutient, entre autres, que la recherche scientifique et technique est un des moteurs de l'Histoire. Son cours reprend des idées de son ouvrage Le Chiffre et le Songe.
Il est professeur émérite à l'université Pierre-et-Marie-Curie à Paris en 1996.
Jacques Blamont meurt le 13 avril 2020 à Châtillon, à l’âge de 93 ans.
1998-2001 : Membre du jury de l'Institut universitaire de France.