Jacques Antoine Mourgue, né le 2 juin 1734 à Marsillargues (actuel Hérault) et mort le 15 janvier 1818 à Paris, est un homme politique français, ministre de l'Intérieur pendant cinq jours en 1792, à la chute du ministère girondin de Louis XVI, ainsi qu'un praticien et penseur des questions sociales, sur lesquels il a écrit plusieurs ouvrages.
Origines familiales et formation
Fils de Jean Mourgue, avocat à la Cour et de son épouse et cousine, Claudine Mourgue, Jacques-Antoine Mourgue naît à Marsillargues, au sein d’une famille de l'ancienne bourgeoisie protestante languedocienne, de qui il reçoit une culture tournée vers la curiosité scientifique, la discipline morale et l’esprit de responsabilité civique. Il reçoit une formation solide, nourrie des idées des Lumières, avec un intérêt marqué pour les sciences appliquées, l’économie et l’administration publique[réf. nécessaire].
En 1789, au début de la Révolution française, il est directeur des travaux du port de Cherbourg, dont le gouverneur est depuis plusieurs années le colonel Dumouriez.
Sous la Révolution : période de la monarchie constitutionnelle (juillet 1789-août 1792)
Il est présenté à Louis XVI par Dumouriez.
Lorsque le « ministère girondin », formé en mars 1792 est révoqué par le roi (12 juin), Mourgue est appelé à succéder à Roland comme ministre de l'Intérieur (13 juin 1792), mais il n'y reste que cinq jours, donnant sa démission dès le 18 juin, deux jours avant la première des journées insurrectionnelles qui vont aboutir à la chute de Louis XVI (10 août 1792).
Activités ultérieures, de la Première République à la Restauration
Il vit ensuite à l'écart de la politique, activité particulièrement dangereuse dans la période d'août 1792 (chute de Louis XVI) à juillet 1794 (chute de Robespierre), marquée par la Terreur. Son ami Dumouriez, menacé d'arrestation, quitte l'armée du Nord qu'il commande et passe dans les lignes autrichiennes (4 avril 1793), ce qui a des répercussions majeures à Paris, notamment les journées insurrectionnelles du 31 mai et du 2 juin.
Les choses s'étant calmées après le 9 thermidor, Mourgue se consacre tout entier à des œuvres philanthropiques : administrateur du mont-de-piété de Paris, membre du conseil général des hospices civils, il s'applique à introduire dans ces établissements des améliorations notables. Il expose aussi un plan de caisse de prévoyance pour les ouvriers[Quand ?].
Il traverse ainsi les périodes de la Convention thermidorienne, du Directoire, du Consulat et de l'Empire.
Dès le début de la Restauration, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par Louis XVIII le 5 août 1814.
Il est membre de la Société Royale des Sciences. Il aurait aussi été œnologue et est l'auteur d'un mémoire sur le vin.
Scipion Mourgue, qui s'est illustré dans le négoce et la haute administration ;
Jeanne (Eglé Fulcrande Catherine) Mourgue, mariée avec le riche planteur (esclavagiste) créole Philippe Panon Desbassayns de Richemont (1774-1840), haut fonctionnaire et homme politique, fait comte en 1827
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise de Paris (39e division).
Les archives concernant Jacques-Antoine Mourgue ont été déposées en 2008 en 2008 aux archives départementales de l'Hérault (Fonds Mourgue) .
On lui doit un grand nombre d'ouvrages traitant de matières politiques et économiques :