Ce Jour-là

Jacques Amyot (évêque)

Évêque et traducteur des classiques (1513-1593)

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Jacques Amyot, né à Melun le 30 octobre 1513 et mort à Auxerre le 6 février 1593, est un prélat français et l'un des traducteurs les plus renommés de la Renaissance. Il est inhumé à Auxerre.

D'après l'historien local melunais Gabriel Leroy, dans son ouvrage "Le Vieux Melun", les parents de Jacques Amyot, Marie et Nicolas Amyot, appartiennent à la bourgeoisie de Melun. D'une part, Nicolas Amyot est marchand mégissier (maroquinier) au numéro 30 de la Rue Grande à Melun (principale artère commerçante de la ville à l'époque et devenue aujourd'hui rue Saint-Aspais), où naîtront ses quatre enfants, Jacques étant le second (cette maison est toujours visible de nos jours). Commerçant prospère, Nicolas Amyot possède également une autre maison à Melun, qu'il partage avec un marchand mercier. A l'occasion, Nicolas Amyot est aussi conseiller juridique, notamment en aidant Geneviève de Hémard, épouse du seigneur de Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne) à obtenir gain de cause dans un différend l'opposant à son mari, cette victoire étant officialisée par un acte notarié du 29 mars 1535. D'autre part, Marie Amyot a pour nom de jeune fille Lamour, une famille de notables melunais. Ainsi, son père, Edmond Lamour, était marguillier (administrateur) de l'église Saint-Aspais de Melun, et lui lèguera des propriétés à Chartrettes (Seine-et-Marne), en l'occurrence un terrain de mille six cents mètres carrés de vignes, ainsi qu'une foulerie de vin, et à Melun même un jardin, place du Martroy (l'actuelle place Carnot). Ce qui fait dire à un autre historien local melunais, André Laurent, dans son ouvrage "Jacques Amyot, l'Humaniste", que, sans être riches, les parents de Jacques Amyot étaient préservés de la pauvreté et de la misère . L'historien local Gabriel Leroy, toujours dans son ouvrage "Le Vieux Melun", ajoute que c'est sur les bancs des écoles de Melun, d'abord à l'abbaye des Saints-Pères (vendue comme bien national à la Révolution et partagée actuellement entre Conseil départemental de Seine-et-Marne et Préfecture de Seine-et-Marne), puis au monastère Saint-Sauveur (aujourd'hui disparu), que Jacques Amyot apprendra à lire et à écrire, en latin comme en français (une exception à une époque où la grande majorité de la population est analphabète), sachant que l'Ordonnance de Villers-Cotteret, par laquelle le roi François 1er impose le français dans les actes officiels, sera promulguée en 1539 seulement. L'écolier melunais Jacques Amyot a comme voisins de banc d'autres melunais célèbres, Simon Poncet et Sébastien Rouillard, qui deviendront tous deux avocats à Paris et feront honneur à Melun, maître Poncet par un recueil de poésie et maître Rouillard par la première "Histoire de Melun", deux ouvrages publiés en français (en vertu de la toute nouvelle Ordonnance de Villers-Cotteret) et qui feront référence au seizième siècle. Nanti de cette solide formation initiale, Jacques Amyot parvient à se rendre à Paris suivre les cours du collège de Navarre où il se met au service de riches étudiants afin de subvenir à ses besoins. Il est l'élève de Pierre Danes. À 19 ans, en 1532, il obtient sa licence à Paris et devient maître des arts. Il décide de poursuivre ses études à l'université de Bourges où enseigne le juriste milanais André Alciat, et devient docteur en droit civil de l'université de Bourges. On trouve alors à Bourges une école de grec ancien et un marché éducatif important. Il trouve à s'employer comme précepteur puis comme lecteur de grec ancien et de latin en 1537.

Professeur à l'université de Bourges

Par l'intermédiaire de Jacques Colin, abbé de Saint-Ambroix à Bourges, aumônier de François Ier, il obtient une place de précepteur de ses neveux, puis des fils de Guillaume Bochetel, secrétaire d'État, et beau-frère de Jean de Morvillier, lieutenant du Berry. Il commence alors ses premières traductions avec la Vie de Démétrius de Plutarque, en 1542. Recommandé à Marguerite de Valois, alors duchesse de Berry, il est nommé professeur de latin et de grec à l'université de Bourges. Durant les dix ans de sa chaire universitaire, il traduit le roman grec Théagène et Chariclée (sous le titre L'Histoire aethiopique) d'Héliodore. Cette traduction parue en 1547 lui vaut d'être récompensé par François Ier, qui lui octroie le bénéfice de l'abbaye de Bellozane laissée vacante par la mort de François Vatable.

Précepteur des fils du roi Henri II

Il est alors en mesure de se rendre en Italie pour étudier le texte de Plutarque conservé au Vatican. Il s'attelle à la traduction des Vies parallèles des hommes illustres (1559-1565). Sur le chemin du retour, il se voit chargé d'une mission pour le concile de Trente. Rentré en France, il est nommé précepteur des fils de Henri II en 1557. Le premier, Charles IX, le nomme grand aumônier en 1561 ; le second, Henri III, le fait commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

Il est nommé maître de la Librairie en 1567, après l’éviction de Pierre de Montdoré. Sous son administration, la Bibliothèque du roi est transportée de Fontainebleau à Paris, sans doute dans une maison particulière louée à cet effet. Au cours de l'année 1593, cette maison est en partie pillée par les Ligueurs.

Pie V le nomme évêque d'Auxerre en 1570 à la suite de la mort à Rome de Philibert Babou de La Bourdaisière. Son frère cadet Jean Amyot est désigné comme son procureur le 6 février 1570 et prend possession de l'évêché pour lui le 6 mars 1570.

Jacques Amyot développe des actions en faveur des populations de son diocèse mais conserve ses fonctions à la cour auprès de Charles IX et Henri III. Il est nommé supérieur de l'hôpital des Quinze-Vingts à Paris, en 1572.

Il vit à Auxerre dans la tranquillité, occupé à la réfection du chœur de la cathédrale pour l'adapter à la pastorale prévue par les décisions du concile de Trente et la Contre-Réforme et à ses traductions. En 1579 il donne le règlement de l'Hôtel-Dieu d'Auxerre. Il fait publier le bréviaire en caractères romains en 1580. Il fonde un collège des jésuites, en 1584, qui deviendra l'actuel lycée Jacques-Amyot d'Auxerre. Il se trouve à Blois en décembre 1588 au moment de l'assassinat du duc de Guise et du cardinal de Lorraine. Il fait partie des prélats excommuniés par les résolutions de la faculté de théologie de l'université de Paris pour avoir assisté à la messe du 1er janvier 1589 en compagnie d'Henri III. Ecclésiastique pieux et consciencieux, il s'en tient courageusement à ses principes. Il aurait conseillé à l'aumônier du roi Henri III de refuser l'absolution à l'assassin des princes de Guise, assassinat qu'il est néanmoins soupçonné d'avoir approuvé. Son retour à Auxerre est difficile, perturbé jusqu'à la fin de sa vie par l'insubordination et les révoltes de son clergé malgré une absolution prononcée par le légat Caetani en 1590. Un des chanoines de la cathédrale (Claude Le Prince) tire sur lui au pistolet lors d'une procession le 29 mars 1589. Sa maison est pillée et il est contraint de quitter Auxerre pendant quelque temps. Il aurait légué à sa mort 1 200 couronnes à l'hôpital d'Orléans, en raison des « 12 deniers » qu'il y avait reçus quand, « pauvre et nu », il se rendait à Paris.

On lui doit la traduction de sept ouvrages de Diodore de Sicile (1554), les Amours pastorales de Daphnis et Chloë de Longus (1559) et les Œuvres morales de Plutarque (1572). Sa traduction vigoureuse et idiomatique des Vies des hommes illustres a été retraduite en anglais par Thomas North et a fourni à William Shakespeare la matière de ses pièces romaines. La première traduction est publiée en 1559 mais elle est revue et corrigée en 1565 et 1567.

Amyot s'intéressa surtout à Plutarque. Il ne publia pas sa traduction de Diodore, dont il avait pourtant découvert le manuscrit. L'intérêt de son travail réside aujourd'hui surtout dans son style. Son ouvrage eut un immense succès et exerça une grande influence sur plusieurs générations d'écrivains français. Montaigne lui rend un chaleureux hommage dans ses Essais (II-4) : « Je donne, avec raison, ce me semble, la palme à Jacques Amyot sur tous nos écrivains français » et : « Nous autres ignorants étions perdus, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier ».

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