Ce Jour-là

Jacques-Yves Cousteau

Explorateur océanographique français

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Jacques-Yves Cousteau ou commandant Cousteau, né le 11 juin 1910 à Saint-André-de-Cubzac (Gironde) et mort le 25 juin 1997 à Paris 17e, est un officier de la Marine nationale, explorateur océanographique français, et une des personnalités de l'écologie mondiale des années 1960 aux années 1990.

Surnommé « le commandant Cousteau », « JYC » ou encore « le Pacha », il est également connu pour avoir inventé et breveté avec Émile Gagnan le scaphandre autonome Cousteau-Gagnan à détendeur de plongée, considéré comme le premier scaphandre autonome de l'histoire de la plongée sous-marine, pièce essentielle à la plongée en scaphandre autonome moderne.

Les films et documentaires télévisés de ses explorations sous-marines en tant que commandant de la Calypso ont rencontré une large audience.

Jeunesse et début de carrière (1910-1942)

Daniel Cousteau, le père de Jacques-Yves, est avocat international et assistant d'un homme d'affaires américain. Sa mère s'appelle Elizabeth Cousteau. Ses parents avaient une pharmacie à Saint-André-de-Cubzac, près de Bordeaux, où elle a tenu à accoucher (bien qu'habitant Paris depuis 1904). C'est pourquoi Jacques-Yves est né à Saint-André-de-Cubzac et y est enterré, comme ses parents.

De 1920 à 1923, la famille vit aux États-Unis où le jeune Jacques-Yves découvre en milieu lacustre (dans le Vermont) la nage et l'apnée.

À son retour en France, il découvre la mer dans les calanques près de Marseille, où la famille vit désormais. À cette époque, la France compte déjà un explorateur marin et polaire célèbre, dont les aventures font rêver la jeunesse : Jean-Baptiste Charcot, qui navigue à bord de son fameux navire, le Pourquoi Pas ?

En 1930, après avoir fait ses classes préparatoires au collège Stanislas, à Paris, Jacques-Yves Cousteau entre à l'École navale de Brest et embarque sur la Jeanne d'Arc, navire-école de la Marine. Il devient officier canonnier en 1933. Il se destine à être pilote de l'Aéronautique navale, mais un accident de la route lui impose en 1935 une convalescence forcée à Toulon, convalescence qui prend fin en 1936 avec une affectation sur le cuirassé Condorcet. C'est à bord de ce bâtiment que Cousteau rencontre pour la première fois l'officier Philippe Tailliez, qui lui prête aussitôt des lunettes sous-marines Fernez, ancêtres des actuelles lunettes de natation. Il les utilise au Mourillon et est impressionné par la beauté de la vie sous-marine qui évolue sur le fond rocheux et dans les posidonies. Réalisant que le monde des fonds marins couvre plus des deux tiers de la Terre, il décide de consacrer sa vie à l'exploration océanographique subaquatique.

Il épouse le 12 juillet 1937 Simone Melchior, fille d'un ancien contre-amiral de la Marine nationale et cadre d'Air liquide, avec qui il aura deux enfants : Jean-Michel en 1938 et Philippe en 1940. En 1938, Tailliez rencontre lors d'une chasse sous-marine un autre chasseur du nom de Frédéric Dumas, qu'il présente à Cousteau. Ainsi réunis, les trois forment un trio d'amis consacré à la recherche subaquatique, trio que Tailliez baptisera en 1975 du surnom affectueux de « Mousquemers ». Comme les mousquetaires d'Alexandre Dumas, les « Mousquemers » seront eux aussi quatre, avec Léon Vêche qui assurait leur logistique, comme le raconte Cousteau dans son livre Le Monde du Silence.

À plusieurs reprises en 1939 et 1942, ils utilisent déjà les palmes de natation de Louis de Corlieu (initialement inventées pour les sauveteurs en mer), des appareils de prises de vues sous-marines mis au point par Hans Hass, le masque de plongée avec valve de non-retour de Maurice Fernez (alimenté en air de surface par un tuba de caoutchouc), le manodétendeur de plongée pour les bouteilles d'air comprimé « Le Prieur » et deux recycleurs fonctionnant à l'oxygène pur. En 1994, Hans Hass revendiqua publiquement la priorité de la première utilisation d'un appareil de plongée autonome et le fit clairement savoir à Jacques-Yves Cousteau.

Cousteau appartient alors au service de renseignements de la marine française et est envoyé à ce titre en mission à Shanghai. En 1940, il est assigné au service de contre-espionnage, à Marseille, et son commandant lui donne toutes facilités pour continuer ses expériences de plongée lorsque son service le lui permet.

Jacques-Yves Cousteau participe comme tous les marins français aux opérations alliées de septembre 1939 à juin 1940, et notamment, en tant qu'officier canonnier, à l'opération Vado contre l'Italie. Ayant des amis parmi ses homologues italiens, il rapporte avoir pleuré en service durant le bombardement de Gênes. Mis en congé d'armistice après juin 1940, comme ses collègues, il ne cesse pas ses activités pour autant et en 1941, à la demande de son voisin François Darlan monte une opération contre les services italiens de renseignement en France. Pour ses faits de guerre, Cousteau a reçu plusieurs décorations militaires dont la croix de guerre 1939-1945 « avec palme et deux citations ». Ces distinctions lui seront cependant contestées par certains de ses coéquipiers, comme le résistant Dimitri Véliacheff, également décoré, entre-autres pour les mêmes faits, avec qui il opérait près de la frontière franco-italienne, qui était de 10 ans son aîné et son supérieur hiérarchique dans ces opérations de renseignement (dont Jacques-Yves Cousteau revendiquera la paternité après-guerre) : emprisonné et torturé à San Gimignano, Véliacheff reproche à Jacques-Yves Cousteau d'avoir fui devant la menace et abandonné la mission en cours, sans se soucier du sort du reste de l'équipe.

Le début de la plongée sous-marine moderne (1942-1946)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après l'armistice de 1940, Jacques-Yves se retrouve en « congé d'armistice ». Avec sa femme et ses enfants, il rencontre à Megève la famille Ichac. Cousteau et Marcel Ichac (cinéaste, photographe, explorateur et alpiniste) partagent la même volonté de faire découvrir au grand public des lieux inconnus et inaccessibles : pour le premier, c'est le monde sous-marin ; pour le second, c'est la haute montagne. Les deux voisins décrocheront le premier prix ex æquo du Congrès du film documentaire de 1943, pour le premier film sous-marin français : Par dix-huit mètres de fond (1942). Celui-ci a été tourné en apnée l'année précédente aux Embiez avec Philippe Tailliez (qui en écrit le commentaire) et Frédéric Dumas (qui tient le premier rôle), grâce au boîtier étanche de caméra sous-marine conçu par l'ingénieur mécanicien Léon Vèche, ingénieur des Arts et Métiers et de l'École navale. Marcel Ichac obtient, lui, le prix pour son film À l'assaut des aiguilles du Diable (1942).

En 1943, Cousteau, Tailliez et Dumas tournent Épaves, avec le soutien de l'entreprise marseillaise de renflouage Marcellin. Si Par dix-huit mètres de fond a été tourné en apnée en 1942, Épaves est le premier film sous-marin tourné à l'aide de scaphandres autonomes. Les deux prototypes utilisés dans le film sont ceux fournis par la société Air liquide ; ils sont mentionnés au générique sous l'intitulé « scaphandre autonome « Air liquide » système Cousteau ».

Le GRS et l'Élie Monnier (1945-1949)

En 1945, Cousteau projette le film Épaves au chef d'état-major général de la marine, l'amiral André Lemonnier. Celui-ci charge Tailliez, Cousteau et Dumas de mettre en place le Groupement de Recherches Sous-marines de la Marine nationale à Toulon (GRS), connu depuis 2009 sous le nom « CEllule Plongée Humaine et Intervention Sous la MER » (CEPHISMER).

En 1948, entre missions de déminage, d'exploration sous-marine et d'essais technologiques et physiologiques, Cousteau entreprend une première campagne en Méditerranée à bord de l’Élie-Monnier, aviso base du GRS avec Philippe Tailliez, Frédéric Dumas, Jean Alinat et le cinéaste Marcel Ichac. L'équipe explore aussi l'épave romaine de Mahdia en Tunisie. L'expédition est considérée par Tailliez comme la « première opération sous-marine de grande envergure comportant exploration et travail par grande profondeur, en scaphandre autonome ». Cousteau et Marcel Ichac rapportent de cette expédition le film Carnet de plongée, présenté lors du Festival de Cannes 1951. En 1957, l'assistant de Marcel Ichac, Jacques Ertaud, réalise sur la galère de Mahdia son film La Galère engloutie.

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