Jacques-Henri de Bourbon, né Jaime Luitpoldo Isabelino Enrique Alejandro Alberto Alfonso Víctor Acacio Pedro Pablo María de Borbón y Battenberg, le 23 juin 1908 au palais royal de la Granja de San Ildefonso, dans la province de Ségovie en Espagne, et mort le 20 mars 1975 à l’hôpital cantonal de Saint-Gall en Suisse, est un infant d'Espagne, titré duc d'Anjou et duc de Ségovie (titres de courtoisie). Il fut chef de la maison de France comme aîné de la maison de Bourbon et prétendant légitimiste au trône de France de 1941 à 1975, d'abord sous le nom de Jacques II, puis à partir de 1957 sous le nom d’Henri VI. Il fut aussi prétendant alphonsiste et carliste au trône d’Espagne sous le nom de Jacques IV.
Jaime de Borbón y Battenberg né le 23 juin 1908 au palais royal de La Granja de San Ildefonso. Il est le second fils du roi d'Espagne Alphonse XIII (1886-1941), chef de la maison capétienne de Bourbon de 1936 à 1941, et de son épouse britannique Victoire Eugénie de Battenberg (1887-1969). À sa naissance, il fut titré infant d’Espagne par son père, dans le cadre de la monarchie constitutionnelle instituée en 1876.
Il est baptisé le 29 juin 1908 dans la salle du trône du palais de la Granja et reçoit pour parrain le prince régent Luitpold de Bavière (1821-1912), et pour marraine sa tante l’infante Isabelle (1851-1931).
La légitimité de cette monarchie était contestée par les carlistes, partisans de la loi salique et donc du duc d'Anjou et de Madrid, cousin aîné d'Alphonse XIII.
Jacques de Bourbon devint sourd puis muet après avoir dû être opéré des oreilles, à cause d’une double mastoïdite survenue en 1912 et qui avait été mal soignée. Par la suite, il apprit à lire sur les lèvres et recouvra l'usage de la parole aidé en cela par sa seconde épouse Charlotte qui fit une carrière d'artiste lyrique avant son mariage avec l'infant.
Le 14 avril 1931, Alphonse XIII fut chassé du pouvoir par les républicains espagnols. Il prit en exil le titre de courtoisie de duc de Tolède et s’installa à Paris à l’hôtel Meurice, puis à Avon (Seine-et-Marne) à l’hôtel Savoy, le gouvernement de la République française lui ayant demandé de rester à au moins 60 km de la capitale.
Puis en 1934, le roi Alphonse XIII et sa famille quittèrent la France et s’installèrent en définitive à Rome au Grand Hôtel.
Jacques-Henri est l’un des témoins de son frère le comte de Barcelone lors du mariage de celui-ci. Les autres témoins sont le prince Ferdinand de Bavière ainsi que les princes Alphonse et Charles de Bourbon-Siciles, frères de la mariée.
Chef de la maison de France (1941-1975)
Le 23 septembre 1931 à Paris, l'ex-roi Alphonse XIII vint rendre visite à son cousin aîné, Jacques de Bourbon (1870-1931), duc d'Anjou et de Madrid, alors aîné des Capétiens, qui était le prétendant légitimiste au trône de France et le prétendant carliste au trône d'Espagne. Les deux hommes se réconcilièrent. Deux jours plus tard, Jacques de Bourbon vint rendre visite à Alphonse XIII, qui résidait à Avon (Seine-et-Marne), à l'hôtel Savoy. À cette occasion, l'aîné des capétiens remit à l'ex-roi d'Espagne un collier de l'ordre du Saint-Esprit, hérité du comte de Chambord. Par ce geste, le duc d'Anjou et de Madrid voulait rappeler à Alphonse XIII qu'il deviendrait un jour, à son tour, l'aîné des descendants d'Hugues Capet (Jacques de Bourbon étant célibataire et sexagénaire, et son vieil oncle Alphonse de Bourbon étant octogénaire et sans enfant).
Jacques de Bourbon (1870-1931), duc d'Anjou et de Madrid, mourut d'une angine de poitrine le 2 octobre 1931 à Paris, une semaine après son entrevue avec Alphonse XIII à Avon. Cinq ans plus tard, son oncle Alphonse Charles de Bourbon (1849-1936), duc de San Jaime, mourut à son tour accidentellement le 29 septembre 1936 à Vienne. À cette date, l’ex-roi Alphonse XIII d'Espagne devint l'aîné de la maison de Bourbon et, pour les légitimistes, le nouveau chef de la maison de France, avec pour « dauphin » son fils aîné, Alphonse de Bourbon (1907-1938), ex-prince des Asturies, qui avait pris depuis son mariage le titre de courtoisie de comte de Covadonga.
Deux ans plus tard, la mort accidentelle du comte de Covadonga à Miami le 6 septembre 1938, fit de son frère Jacques, duc de Ségovie, le nouveau dauphin de France de droit, pour les légitimistes.
À la mort d'Alphonse XIII à Rome le 28 février 1941, le duc de Ségovie devint l’aîné des descendants d’Hugues Capet, de saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV. Les légitimistes le reconnurent alors comme roi de France et de Navarre de droit, sous le nom de Jacques II.
Pendant la Seconde Guerre mondiale
Peu après la mort de son père, l'infant se réfugie avec son épouse et leurs deux fils à Lausanne en Suisse. Invité à y demeurer par la reine Victoire-Eugénie, mère de Jacques-Henri. Le séjour dans la Confédération suisse est assez calme et les problèmes financiers du prince disparaissent en partie. C'est durant leur exil en Suisse que le duc et la duchesse de Ségovie entendirent pour la première fois des légitimistes. En effet, malgré le rapprochement entre le prétendant légitimiste et le père de Jacques-Henri en 1931, le souverain en exil avait tenté de cacher à son fils ses possibles revendications. Ainsi, c'est Emmanuelle de Dampierre qui pousse son époux à s'intéresser au mouvement royaliste français afin de donner un avenir à leurs enfants.
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jacques de Bourbon, duc de Ségovie, assuma sa position de chef de la maison royale de France en tant qu'aîné des Capétiens, en prenant le titre de courtoisie de duc d’Anjou et les pleines armes de France, et demanda par lettre datée du 28 mars 1946, à Rome, à Jacques de Bauffremont-Courtenay, qui vivait à Paris, de faire connaître sa prise de position et (lettre du 4 juin 1946) d’être son représentant en France.
Le 20 juillet 1946 à Menaggio, province de Côme (Italie), le duc d’Anjou et de Ségovie fit une déclaration enregistrée devant notaire. Il déclara notamment : « notre qualité de chef salique de la maison de France comporte pour nous seul le droit héréditaire de porter les armes appartenant au chef de cette maison soit : « d’azur à trois fleurs de lis d’or », qu’en la même qualité à laquelle est attaché héréditairement le droit de faire valoir nos titres au trône de France, nous déclarons ne renoncer aucunement à ce droit ».
En août 1946, Jacques de Bourbon chargea un lointain cousin capétien, François Xavier de Bourbon de transmettre sa déclaration aux cours européennes, accompagnée d’une lettre adressée aux cadets de la dynastie capétienne. Ce que François Xavier de Bourbon accepta, en répondant à Jacques de Bourbon le 24 août 1946 : « je sais bien que le fait de ta renonciation aux droits du trône d’Espagne ne pouvait modifier ton droit d’aîné ».