Jacqueline, comtesse de Ribes, née le 14 juillet 1929 à Boulogne-Billancourt (France) et morte le 30 décembre 2025 à Tolochenaz dans le canton de Vaud en Suisse, est une femme d'affaires, productrice, styliste et philanthrope française.
Les parents de Jacqueline Bonnin de La Bonninière de Beaumont sont Jean Bonnin de la Bonninière de Beaumont (1904-2002), commandeur de la Légion d'honneur, vice-président du Comité international olympique, président de l’Académie des sports et du cercle de l'Union interalliée, et Paule Rivaud de La Raffinière (1908-1999). Cette dernière, fille du banquier Olivier de Rivaud, fondateur du groupe Rivaud, est une femme de lettres : elle traduit F.D. Roosevelt's Memoirs de Tennessee Williams et le roman d'Ernest Hemingway Across the River and Into the Trees. Outre Jacqueline, le couple a deux autres enfants : Monique (1931-2021) et Marc (1934-2001).
Les autorités allemandes d'occupation réquisitionnent les immeubles de la famille et envoient les Beaumont à Hendaye. Ils vivent alors dans une loge de gardien, près d'une grande maison où s'installe un centre de torture de la Gestapo, ce qui marque la jeune Jacqueline .
À dix-sept ans, elle demande à son oncle Étienne de Beaumont de visiter les ateliers de Christian Dior, d'où lui vient sa passion pour la haute couture.
Le 30 janvier 1948, Jacqueline de Beaumont épouse le vicomte, puis comte, Édouard de Ribes, banquier, officier de la Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945. Ils ont deux enfants : Élisabeth de Ribes et Jean, comte de Ribes.
Chef d’entreprise et créatrice de mode
Vers 1950, Jacqueline de Ribes entreprend de créer, selon ses goûts, ses propres toilettes, « sophistiquées et peu guindées », qui sont rapidement remarquées, en particulier par Diana Vreeland. En outre, elle porte les créations de plusieurs maisons de haute couture.
Elle est photographiée par les photographes Robert Doisneau, Cecil Beaton, Richard Avedon ou Irving Penn.
Entre 1983 et 1995, encouragée par Yves Saint Laurent, Jacqueline de Ribes crée sa propre entreprise. La première collection est présentée le 23 mars 1983 en présence, notamment d'Yves Saint Laurent, de Pierre Bergé, ainsi que de Valentino (qui la surnomme « la dernière reine de Paris ») ou encore Emanuel Ungaro. Ses bureaux sont alors installés à Paris, New York et Tokyo. En 1985, WWD lui attribue « Four Stars », la plaçant en tête des créateurs de l’année.
Saks Fifth Avenue lui offre une exclusivité pour le lancement de ses collections aux États-Unis pour trois ans.
Elle fait partie de la jet set, côtoie de nombreuses personnalités et participe à des fêtes somptueuses, tels le « Bal du siècle » donné à Venise par Charles de Beistegui en 1951, le « Bal oriental » donné à Paris en 1969 par Alexis de Rédé ou le « bal Proust » donné au château de Ferrières par Marie-Hélène de Rothschild en 1971.
En 1999, Jean-Paul Gaultier lui dédie sa collection de haute couture, qu'il intitule « Divine Jacqueline »[source secondaire souhaitée].
En 2010, elle reçoit des mains du président de la République française Nicolas Sarkozy, au palais de l'Élysée, les insignes de chevalier de la Légion d'honneur.
Très connue et réputée aux États-Unis comme l'incarnation de l'élégance parisienne, son œuvre stylistique donne lieu à une exposition au Costume Institute du Metropolitan Museum de New-York, intitulée « Jacqueline de Ribes, the Art of style ».
Après trois ans de préparation, cette exposition, très rare pour une créatrice vivante, a lieu du 19 novembre 2015 au 21 février 2016. À cette occasion, son visage est projeté en pleine lumière sur l'Empire State Building.
Production théâtrale et télévisuelle
Jacqueline de Ribes effectue également de la production théâtrale et télévisuelle.
En 1958, elle produit la pièce de théâtre jouée au théâtre Récamier pour son inauguration Lorsque cinq ans seront passés de Federico Garcia Lorca, mise en scène par Guy Suarès, avec Pascale de Boysson et Laurent Terzieff, et des décors de Raimundo de Larrain.