Jacqueline Huet, née le 20 octobre 1929 à Paris et morte le 8 octobre 1986 dans la même ville, est une actrice, chanteuse et présentatrice de télévision française.
Engagée à la RTF en 1956, elle fut notamment l'une des speakerines les plus populaires de la télévision française dans les années 1960 et 1970, jusqu'en 1975.
Jacqueline Huet est la fille de Jacques Huet (né le 4 mars 1902 à Paris, mort le 9 septembre 1985 à Tours) et de Jeanne Floch (née le 24 décembre 1907 à Brest, morte le 19 février 1984 à Nice).
Fille unique choyée par sa mère, Jacqueline Huet n'a pas été élevée par son père, directeur commercial d'une maison d'appareils ménagers[réf. souhaitée].
Élève au Conservatoire de Paris, elle monte sur les planches à partir de 1945, et tourne dans de nombreux films jusqu'à la fin des années 1950. Également mannequin grâce à sa beauté, elle fait la couverture de nombreux magazines de presse féminine (Paris-Match, Jours de France, Elle) ou de télévision, jusque dans les années 1970. Elle figure en 1960 dans le magazine Life (États-Unis, numéro du 22 août, page 41) pour la marque de crème de beauté Pond's qui la présente comme « one of the most exciting women in the world ».
En 1956, Jacqueline Huet est engagée à la RTF pour animer Pique, pique et colégram, la première émission pour la jeunesse, diffusée tous les jeudis.
En 1958, alors qu'elle se rend à son émission dans le bâtiment de la télévision au 16, rue Cognacq-Jay, elle apprend qu'un concours a lieu pour devenir speakerine et se présente à la dernière seconde ; elle gagne devant Anne-Marie Peysson et devient speakerine de la première chaîne de la télévision française jusqu'en 1975, devenant une des « célébrités » de la télévision française à cette période. En octobre 1961, le magazine espagnol Ondas lui décerne le prix de la meilleure speakerine européenne.
Le 5 novembre 1961, en compagnie de Pierre Tchernia, elle présente L'Ami public numéro un, une émission dont celui-ci va être présentateur. Elle présente également plusieurs émissions de variétés et de nombreux galas de chanteurs et d'humoristes, notamment de ses amis Mike Brant, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud ou Thierry Le Luron. Elle joue également à plusieurs reprises la comédie dans de grands shows télévisés à l'occasion des fêtes de fin d'année.
Ses amis chanteurs Mouloudji et François Deguelt lui écrivent des chansons qu'elle enregistre à partir de 1958. En 1965, elle est récompensée par le prix de l’Académie Charles-Cros pour sa chanson Le jour et la nuit. Jusque dans les années 1980, elle se produira dans de nombreux cabarets et music-halls.
Lors des événements de mai 1968, on la voit au théâtre de l'Odéon alors occupé par les étudiants contestataires ; elle y prend la parole.
Le 5 janvier 1975, elle clôt avec beaucoup d'émotion sa carrière de speakerine et les émissions de la première chaîne de l'ORTF, remplacée le lendemain par la nouvelle société publique TF1.
Coproductrice de l'émission Le Monde de l'accordéon sur TF1 de janvier 1975 jusqu'en 1981, elle la présente également puis participe à de nombreuses émissions comme invitée, telles que Champs-Élysées de Michel Drucker ou L'Académie des neuf de Jean-Pierre Foucault. Pascal Sevran l'invite à plusieurs reprises dans ses émissions.
À partir de 1981, malgré ses fréquentes apparitions à la télévision, elle n'a plus d'émission personnelle, évincée en raison de son engagement politique en faveur de Valéry Giscard d'Estaing pendant l'élection présidentielle de 1981, ce qu'elle considère jusqu'au bout de sa vie comme une grande injustice.
En juillet 1984, elle co-présente durant trois semaines en compagnie de Sim l'émission Cocktail Maison sur TF1.
L'une de ses dernières apparitions notables est un spot publicitaire qu'elle tourne pour la marque de surgelés « Vivagel », tourné nommément en dérision par l'humoriste Coluche dans un de ses sketchs parlant de la publicité télévisée.
Malgré une profonde dépression, elle propose de nouveaux projets d'émissions aux chaînes de télévision, recherche des rôles au théâtre ou dans des téléfilms, mais toutes les portes lui restent fermées.
Elle connaît un bref regain d’espoir après les élections législatives de mars 1986 marquées par la victoire de la droite, et envisage alors la possibilité d’un retour à la télévision.
En 1949, Jacqueline épouse le comédien Yves Vincent mais, malgré la naissance de leur fille Dominique l'année suivante, elle quitte le domicile conjugal au bout de quelques mois ; le divorce est prononcé en 1953. En 1960, elle se remarie avec un médecin dermatologue, André Fieschi, mais cette seconde union se termine elle aussi par un divorce en 1968. Elle vit par la suite avec le chanteur Théo Sarapo, qui meurt dans un accident de la route le 28 août 1970. Le projet d'une troisième union avec Jean-Claude Dauzonne, directeur de Bobino, son compagnon à partir de 1976, est finalement annulé. Son dernier compagnon est François Janin (directeur des sports de TF1), qui reste son ami et voisin jusqu'en 1986[réf. nécessaire].