Jacobus Arminius, né le 10 octobre 1560 et mort le 19 octobre 1609, de son vrai nom Jakob Hermanszoon, est un théologien protestant néerlandais, pasteur à Amsterdam de 1587 à 1603, puis professeur de théologie à l'université de Leyde, auteur de nombreux traités de théologie.
Né sous le règne de Charles Quint (1500-1558), souverain des Pays-Bas des Habsbourg, il vit son adolescence aux débuts de l'insurrection dirigée par Guillaume d'Orange contre Philippe II, et son âge adulte dans le cadre de la république des Sept Provinces-Unies des Pays-Bas, toujours en guerre contre Philippe II (1527-1598), puis contre ses successeurs.
Ses conceptions sont à la base de la doctrine de l'arminianisme, remise en cause du texte de référence du calvinisme néerlandais, la Confessio Belgica, et du mouvement des remontrants qui apparaît aux Provinces-Unies, notamment dans la province de Hollande, dans les années 1600. Cela provoque un conflit politico-religieux qui se poursuit après sa mort : il est réglé en 1618 par le synode de Dordrecht avec les cinq points du calvinisme condamnant l'enseignement d'Arminius, mais aussi par l'arrestation et la condamnation à mort du grand-pensionnaire Johan van Oldenbarnevelt, remontrant, opposant au stathouder Maurice de Nassau, calviniste.
Origines familiales et formation initiale
Arminius est né en 1559 ou 1560 à Oudewater, dans la province d'Utrecht. En mourant, son père Herman, qu'il n'a jamais connu, laisse son épouse veuve avec de jeunes enfants. Sa mère est tuée lors du massacre de l'armée espagnole à Oudewater[réf. nécessaire] en 1575.
En effet, en 1568, les Pays-Bas sont entrés sous la direction de Guillaume d'Orange en insurrection contre leur souverain, qui est aussi roi d'Espagne, Philippe II. En 1572, Oudewater est conquise par les insurgés[réf. nécessaire].
La même année, l'éducation de Jacob est confiée à Theodorus Aemilius, un prêtre attiré par le protestantisme[réf. nécessaire]. Ils s'installent à Utrecht, où Jacob étudie, probablement à la Hieronymusschool.
Après la mort d’Aemilius en 1574 ou 1575, Arminius entre en relations avec le mathématicien Rudolph Snellius, aussi originaire d’Oudewater. Ce dernier emmène Arminius à Marburg, puis revient à Leyde où Guillaume d'Orange vient de créer (1575) une université à l'usage des provinces et villes insurgées. Snellius y est nommé professeur et Arminius y est inscrit en 1576.
Études supérieures : Leyde, Genève et Bâle (1576-1585)
Bien qu'il se soit inscrit comme étudiant en arts libéraux, il fait aussi des études en théologie. Parmi ses professeurs se trouvent le calviniste Lambert Daneau, l'hébraïsant Johannes van den Driesche, Guillaume Feuguereius (mort en 1613) et Johann Kolmann, aujourd'hui connu pour avoir enseigné que l'accent excessif mis sur la souveraineté de Dieu dans le calvinisme fait de Dieu « un tyran et un bourreau ».
L'université de Leyde est favorable à la Réforme et influencée non seulement par le calvinisme, mais aussi par les thèses luthériennes, zwingliennes et anabaptistes. Un pasteur de Leyde, Caspar Coolhaes, affirme, à l'encontre de Calvin, que les autorités civiles sont compétentes dans certaines affaires religieuses, qu'il est injuste de punir et d'exécuter des hérétiques et que luthériens, calvinistes et anabaptistes peuvent s'unir autour de principes fondamentaux. L'astronome et mathématicien Willebrord Snell utilise la philosophie ramiste pour encourager ses étudiants à chercher la vérité sans se fier à Aristote.
Sous l'influence de ces hommes, Arminius étudie avec assiduité et est peut-être déjà influencé dans l'élaboration de sa théologie qui remettrait plus tard en question la théologie dominante de Calvin. Le succès qu’il connaît au cours de ses études incite la guilde des marchands d’Amsterdam à lui permettre de faire trois années supplémentaires d'études.
En 1582, Arminius commence ses études à Genève auprès de Théodore de Bèze : mais ici, on est beaucoup moins ouvert. Il est critiqué pour l'utilisation de méthodes philosophiques ramistes, qui lui sont familières depuis son passage à Leyde et il est même publiquement sommé de ne pas enseigner la philosophie ramiste. Cela l'amène à partir à Bâle pour poursuivre ses études.
Il continua à se distinguer comme un excellent élève. En 1583, Arminius envisageait un retour à Genève lorsque la faculté de théologie de Bâle propose de lui décerner un doctorat. Il décline cet honneur en raison de sa jeunesse et revient à Genève pour terminer ses études avec Bèze[pas clair].
Les éloges de Théodore de Bèze et de Johann Grynaeus (1585)
À la fin de ses études, Arminius fait une demande de pastorat à Amsterdam.
Théodore de Bèze écrit cette lettre aux responsables réformés d'Amsterdam :
« […] Sachez que depuis le moment où Arminius nous est revenu de Bâle, sa vie et son apprentissage se sont tant distingués, que nous espérons le meilleur à son égard, s'il persiste inlassablement dans cette voie, par la bénédiction de Dieu. Nous ne doutons pas qu'il le voudra, car, entre autres dons, Dieu l'a doté d'un intellect approprié, tant en ce qui concerne l'appréhension que la discrimination des choses. Si ces dons sont portés par la piété qu’il semble assidûment cultiver, il ne pourra rien arriver d'autre que cette puissance de l’intelligence, une fois consolidée par l’âge mûr et l’expérience, produise les fruits les plus riches. Telle est notre opinion sur Arminius; un jeune homme, qui sans conteste, de ce qui nous a été donné de juger jusqu'ici, est digne de votre gentillesse et de votre libéralité. (Lettre du 3 juin 1585 de Bèze à Amsterdam). »