Jacob (en hébreu : יעקב, Ya`aqov, « celui qui prend par le talon » ou « qui supplante » ; en arabe : يعقوب, Ya’qūb ou Ya’qob, « Dieu a soutenu » ou « protégé ») est un personnage de la Bible et du Coran. Après sa lutte avec l'ange, la Bible le connaît également sous le nom d’Israël et il est, après son père Isaac et son grand-père Abraham, l’un des trois patriarches avec lesquels Dieu contracte une alliance, lui promettant la terre qui portera désormais son nom.
Selon la Bible, Jacob, cadet d’une grossesse gémellaire, est le fils préféré de sa mère Rébecca. Il dérobe à son instigation la bénédiction que son père destinait à son frère Ésaü, dont il avait déjà obtenu le droit d'aînesse. Selon l'ordre de sa mère Rebecca, Jacob se réfugia chez son oncle Laban car son frère Esaü cherchait à le faire mourir. Jacob est exploité par Laban pendant vingt années au cours desquels il épouse ses deux filles, Léa et Rachel.
Ces dernières ainsi que leurs servantes Zilpa et Bilha lui donnent douze garçons et une fille. Revenu sur la terre de ses pères, il se réconcilie avec son frère Esaü. Il connaît bientôt une nouvelle épreuve lorsque ses fils, jaloux du traitement de faveur dont il fait bénéficier son fils Joseph, lui annoncent que celui-ci est mort. Il s’écoule vingt-deux années avant que Jacob ne le retrouve bien vivant à la tête du pays d’Égypte. Jacob s’y éteint et est inhumé dans la terre de ses ancêtres en Canaan dans la grotte du champ de Makpéla, le champ d'Abraham à Hébron.
Jacob (يعقوب, Ya’qūb) est aussi plusieurs fois évoqué dans le Coran. Il y est désigné comme l'un des plus grands prophètes.
Il est fêté par l'Église catholique le 24 décembre.
Enfance de Jacob et rivalité avec son frère Ésaü
Dans le ventre de sa mère Rébecca, Jacob se heurte à son jumeau Ésaü. Dieu prédit à Rébecca qu'elle engendrera deux peuples et que le grand servira le petit. Jacob naît en second, la main agrippée au talon d'Ésaü. Leur père Isaac a 60 ans à leur naissance. Grand amateur de gibier, il préfère Ésaü qui aime la chasse et l'aventure, tandis que Rébecca préfère Jacob qui est raisonnable et casanier.
Jacob âgé de quinze ans dort dans le sein d'Abraham lorsque celui-ci meurt, d'où l'expression « emporté dans le sein d'Abraham » utilisée par Jésus dans la parabole du mauvais riche et de Lazare. Un jour, Jacob prépare un potage de lentilles. Ésaü revient alors des champs épuisé et lui réclame de « ce potage roux ». Jacob demande que son frère jure immédiatement de lui céder son droit d'aînesse. Ésaü s'exécute et Jacob lui donne du pain et du potage.
Avant sa mort, leur père Isaac, devenu aveugle, veut rétablir Ésaü dans ses droits et le bénir. Rébecca profite de la cécité de son mari pour lui faire donner sa bénédiction à Jacob. Ésaü, furieux, décide de tuer son frère dès la mort d’Isaac. Rébecca découvre ses intentions et implore Jacob de fuir chez son oncle Laban à Harran.
Au cours de son voyage vers Harran, Jacob passe la nuit à Béthel, prend une pierre comme chevet et y a la vision d’une échelle atteignant le ciel et de Dieu se tenant en haut de cette échelle.
Jacob se réfugie chez Laban, lequel a deux filles : Léa l'aînée et Rachel la cadette. Jacob rencontre la cadette Rachel près d’un puits à proximité de Harran, probablement le puits appelé plus tard puits de Jacob. Jacob désire épouser Rachel la cadette et propose à Laban de le servir sept années pour Rachel. Au bout des sept années, Jacob demande à Laban de lui donner sa femme Rachel. Laban le trompe et lui donne sa fille aînée Léa. Laban pour se justifier évoque une coutume interdisant de marier sa fille cadette avant sa fille aînée et Laban lui accorde sa fille cadette Rachel en échange de sept nouvelles années à son service. Épouser deux sœurs sera interdit par la loi du Lévitique .
Léa lui donne successivement quatre fils, alors que Rachel reste stérile. En conséquence, Rachel invite Jacob à épouser sa servante Bilha, qui lui donne ainsi deux fils. Léa, de son côté, offre aussi à Jacob sa servante Zilpa, qui lui donne elle aussi deux fils. Léa donne encore deux fils et une fille (Dinah). Enfin, Dieu prend en pitié Rachel et lui permet d’enfanter les deux derniers fils de Jacob (Gn 29-31).
D’incessantes querelles éclatent entre les deux sœurs, ainsi qu’entre Laban et Jacob. Jacob accroît son troupeau grâce à une ruse et devient riche en bétail, serviteurs, servantes, chameaux et ânes. Voyant que Jacob s’est enrichi, les fils de Laban complotent contre Jacob. Dieu dit à Jacob de retourner dans son pays de naissance, Jacob s'enfuit alors avec ses femmes et ses enfants sans en informer son oncle Laban lequel l'apprend. Avant leur départ, Rachel vole les teraphim de la maison de Laban et les cache dans le coussin de sa selle.
Jacob et sa famille traversent l’Euphrate et se dirigent vers la région montagneuse de Galaad où il est rejoint par son oncle Laban. Laban ne parvient pas à retrouver les teraphim et conclut alors un pacte avec Jacob en un lieu qui fut appelé Yegar-Sahadutha par Laban et Galaad par Jacob (ou Mitspa), qui ne devra prendre aucune femme en dehors des filles de Laban. Laban et Jacob concluent cette alliance en dressant une stèle et en édifiant un cairn qui marquent la frontière entre le territoire des Araméens et le territoire des Hébreux. Laban retourne chez lui, Jacob poursuit son chemin et rencontre des anges de Dieu à Mahanaïm. Après sa rencontre avec les anges de Dieu à Mahanaïm, Jacob envoie des messagers vers Ésaü qui demeure au pays de Séïr dans la campagne d'Édom. Les messagers reviennent et informent Jacob qu'Ésaü vient à sa rencontre avec quatre cents hommes. Jacob prend peur et prépare un cadeau pour Ésaü.
Israël ou celui qui a lutté avec Dieu
Jacob part de Mahanaïm et fait traverser le gué du Yabboq à ses deux femmes, à ses deux servantes, à ses onze enfants et à ce qui lui appartient. Jacob reste seul et se bat toute une nuit avec un inconnu à Peniel. Jacob appelle le lieu où il a lutté : Face de Dieu.
En se fondant sur Exode 33.20, certains pensent que Jacob n'a pas vu la Face de Dieu car il est écrit « L'Éternel dit : Tu ne pourras pas voir Ma Face, car l'homme ne peut me voir et vivre ». Nous pouvons lire dans Esaïe 6.5:7 :
« Alors je dis : Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées.