John Gilbert « Jack » Layton, né le 18 juillet 1950 à Montréal (Québec) et mort le 22 août 2011 à Toronto (Ontario), est un homme politique canadien. Il dirige le Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD) de 2003 à sa mort et il est chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes du Canada du 2 mai 2011 à sa mort.
Fils de Robert Layton, et de Doris Steeves, une femme réservée descendante d'un père de la Confédération, Jack grandit à Hudson (Québec) et termine ses études à Toronto (Ontario), où il s'installe. Quand il arrive sur la scène publique municipale de Toronto comme échevin et conseiller municipal, pendant les années 1980 et 1990, il est une des voix de gauche les plus fortes, aux conseils municipal et métropolitain de la ville. En 1991, il se présente sans succès à la mairie de Toronto, mais devient par la suite le chef de la Fédération canadienne des municipalités.
En 2003, c'est dès le premier tour de scrutin qu'il est élu chef du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD), un parti politique considéré « de gauche » au Canada, le parti auquel il adhère depuis alors trente-deux ans. Sous sa direction, le parti agrandit son soutien électoral de façon considérable : ses appuis doublent lors de l'élection de 2004, lui donnant ainsi la balance du pouvoir. Layton, alors nouveau député fédéral, représente la circonscription de Toronto-Danforth et obtient pour le NPD des amendements majeurs, de teneur socio-démocrate, au budget de 2005, qui sera surnommé « le premier budget néo-démocrate », mais fait chuter le gouvernement libéral de Paul Martin, sur un vote de non-confiance, à la suite du scandale des commandites. Le NPD acquiert encore plus de votes en 2006 et en 2008, frôlant ses sommets historiques atteints sous le chef Ed Broadbent durant les années 1980. Mais, en 2011, le parti surpasse de loin cette réussite, mettant fin de façon spectaculaire à sa faiblesse historique au Québec et, avec un total de 103 sièges au Canada, devient l'opposition officielle. Ce succès fait de Jack Layton le chef qui a le mieux réussi en fait d'appui électoral de toute l'histoire du NPD au fédéral.
Cependant, moins de quatre mois après cette victoire, après le congrès du NPD célébrant le cinquantième anniversaire de sa fondation, il meurt des suites d'un cancer, à l'âge de 61 ans. Jack n'a siégé qu'un mois comme chef de l'opposition officielle lors du début de la nouvelle session parlementaire en juin 2011.
Il a été élu personnalité de l'année 2011 au Canada. Son successeur à la tête du NPD et de l'opposition officielle est Thomas Mulcair élu en mars 2012 au congrès du leadership néo-démocrate. Nycole Turmel a assuré l'intérim.
Layton est né à Montréal en 1950, et il a grandi dans la ville d'Hudson, au Québec. Sa famille était très active sur la scène publique.
Son arrière-grand-père était aveugle et militant : accompagné de sa femme, il a mené la campagne sur les pensions d'invalidité à l'intention des aveugles, dans les années 1930.
Son grand-père paternel, Gilbert Layton, a été élu député en 1936 dans la circonscription provinciale de Montréal–Saint-Georges. Il fut ministre dans le gouvernement québécois, du parti de l'Union nationale, de Maurice Duplessis, mais a démissionné de son poste ministériel provincial sur un point de principe.
Son père, Robert Layton, était député conservateur du gouvernement de Brian Mulroney dans la circonscription de Lachine et Lachine—Lac-Saint-Louis. Ses parents ont consacré d'innombrables heures au bénévolat.
Il a eu deux enfants, Michael, conseiller municipal à Toronto, et Sarah, issus de sa première femme, Sally Halford, et une petite-fille de deux ans, Béatrice, fille de Sarah, qui est enceinte de son deuxième enfant.
Sa dernière femme, épousée en 1988, est Olivia Chow, ex-conseillère municipale de Toronto et députée fédérale néo-démocrate de la circonscription de Trinity-Spadina.
Layton était membre de l'Église unie du Canada.
Alors qu'il était étudiant à l'Université McGill, de Montréal, Jack Layton milite pour la construction de coopératives de logements pour étudiants. Il poursuit toute sa vie cette lutte pour le logement abordable pour tous. Inspiré par la position de Tommy Douglas à l'égard des droits de la personne pendant la Crise d'Octobre, Jack adhère au NPD en 1970. Il poursuit ses études en investissement étranger et en politique publique à l'Université York, de Toronto, y obtenant un doctorat en 1984, pour ensuite enseigner dans trois universités. Plus récemment, il a enseigné comme professeur adjoint au département de géographie de l'Université de Toronto.
Jack Layton est élu six fois au Conseil municipal de Toronto, la première fois en 1982 : il compte donc plus de vingt ans d'expérience au sein de l'administration d'une métropole. Il devient vite connu comme l'une des étoiles montantes de l'aile gauche du conseil. Il s'oppose au projet du SkyDome, et promeut les droits de la communauté gaie et des sidéens. En 1984, accusé d'intrusion par Eaton durant une grève, il est blanchi pour des motifs de liberté d'expression.
Le 9 juillet 1988, il épouse Olivia Chow, alors commissaire scolaire, qui le suit en se faisant élire au conseil municipal de Toronto puis au Parlement fédéral canadien.
Layton améliore l'image qu'il projette (portant désormais veston, cravate, cheveux courts, verres de contact), à l'occasion d'une élection à la mairie de Toronto en 1991, mais perd aux mains de June Rowlands (en). Il retourne alors à l'académie et fonde le Green Catalyst Group Inc., une firme d'experts-conseils en commerce écologique.
En 1993, il se présente pour la première fois à la Chambre des communes dans le comté de Rosedale sous la bannière du NPD, mais finit quatrième. En 1994 il réassume son rôle proéminent dans la vie municipale, devenant conseiller au Conseil métropolitain de Toronto et chef de la Fédération des municipalités canadiennes.
Layton brigue la direction du NPD en 2002-2003. Il est considéré comme un candidat de gauche, donnant suite aux revendications de la New Politics Initiative, et est appuyé notamment par Svend Robinson, l'un des leaders de cette initiative. Lors du congrès à la direction, le 23 janvier 2003, qui marque la première course au leadership soumise au suffrage universel de tous les membres du NPD, il l'emporte dès le premier tour, avec 53,5 % des voix, sur Bill Blaikie, Lorne Nystrom (en), Joe Comartin, Pierre Ducasse et Bev Meslo (en).