Jörg Haider, né le 26 janvier 1950 à Bad Goisern et mort le 11 octobre 2008 à Köttmannsdorf, est un homme politique autrichien de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ).
Il devient dès 1970 un cadre dirigeant du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) et se trouve élu pour la première fois député fédéral neuf ans après. Il devient en 1986 président du FPÖ avec le soutien des factions ultra-nationalistes et pangermanistes.
En 1989, il est investi Landeshauptmann de Carinthie mais se trouve renversé en 1991. Il revient au Conseil national en 1992 et y préside le groupe parlementaire du FPÖ. Il retrouve le pouvoir en Carinthie en avril 1999 et négocie début 2000 l'entrée du Parti de la liberté au gouvernement fédéral.
Il cède la présidence du FPÖ peu après. En 2005, il mène la scission des éléments modérés du FPÖ qui constitue un nouveau parti conservateur et nationaliste, l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ). Il en exerce alors la direction.
Homme politique populiste et controversé, il meurt dans un accident de la route à Köttmannsdorf en 2008, à l'âge de 58 ans.
Fils d'un cordonnier, il est issu d'une famille modeste du côté de son père et bourgeoise de celui de sa mère mais toutes deux « fortement marquées par le national-socialisme ». Il est baptisé dans la religion catholique.
Il fréquente l'école élémentaire de Bad Goisern de 1956 à 1960, puis le lycée de Bad Ischl (1961-68). Il effectue un service militaire d'un an en devançant l'appel en 1968–69 et termine avec le grade d'adjudant (Wachtmeister).
Il étudie le droit et les sciences politiques à l'université de Vienne, où il soutient sa thèse de doctorat en 1973 sous la direction de Günther Winkler.
Par sa famille, engagée de longue date à l'extrême droite, il est en relation avec le chef du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) Friedrich Peter, ce qui le conduit à adhérer en 1969 au Cercle des jeunes libéraux (RFJ), l'organisation de jeunesse du parti. Il y prend rapidement l'ascendant à l'aide d'un magazine qu'il fait financer par un industriel, Harald Prinzhorn. Il devient en 1970 le président fédéral de l'organisation de jeunesse, puis intègre en 1974 le comité directeur fédéral du FPÖ et se trouve nommé deux ans après secrétaire général du parti en Carinthie.
Au cours des élections législatives du 6 mai 1979, il est élu à 29 ans député fédéral au Conseil national. Il ne se représente pas au scrutin de 1983, afin d'intégrer le gouvernement régional de Carinthie sous l'autorité de Leopold Wagner. Il est en outre désigné président régional du FPÖ.
Il revient dans la vie politique fédérale en 1986. Au mois de septembre, il prend la présidence du Parti de la liberté avec le soutien des factions d'extrême droite. À cette époque, le FPÖ réunit moins de 250 000 voix et constitue un parti libéral dirigé par le vice-chancelier Norbert Steger. Sa victoire amène le chancelier Fred Sinowatz à rompre sa coalition et convoquer de nouvelles élections.
Réélu député fédéral, Haider démissionne du gouvernement de Carinthie et devient président du groupe parlementaire. Le scrutin est alors un succès pour le FPÖ, qui remporte 9,7 % des voix et 18 députés sur 183, soit 220 000 suffrages et six parlementaires supplémentaires.
Aux élections régionales du 12 mars 1989, il conduit la campagne du FPÖ. Avec 29 % des voix, le Parti de la liberté progresse de 13 points et obtient 11 sièges sur 36 au Landtag. S'il est la deuxième force politique du Land derrière le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ), il devance nettement le Parti populaire autrichien (ÖVP).
Le 21 avril, Jörg Haider est investi à 39 ans Landeshauptmann de Carinthie. C'est la première fois sous la Deuxième République que la direction d'un gouvernement régional échappe aux deux grands partis. Il déclenche une vive polémique le 13 juin 1991 lorsqu'il déclare que « la politique de l'emploi du Troisième Reich était ordonnée », contrairement — selon lui — à celle du gouvernement fédéral. Sous pression de l'ÖVP, il remet sa démission huit jours après au profit du chrétien-démocrate Christof Zernatto.
Il fait son retour au Conseil national en cours de législature, en mars 1992, et retrouve la présidence du groupe du FPÖ. Au cours des élections du 9 octobre 1994, le Parti de la liberté réalise une nouvelle percée en rassemblant 22,5 % des voix et 42 élus sur 183. Pour la première fois depuis 1945, le parti réunit plus d'un million de voix. Les élections anticipées de l'année suivante apportent un résultat sensiblement équivalent.
Les élections régionales du 7 mars 1999 constituent un succès pour le FPÖ : avec 42,1 % des suffrages, le parti devient la première force politique de Carinthie et comptabilise 16 élus sur 36. Jamais encore depuis 1945 la première place n'était revenue à un parti autre que le SPÖ ou l'ÖVP. Il retrouve alors le pouvoir le 8 avril. Quelques mois plus tard, il négocie la formation d'un gouvernement de « coalition noire-bleue » avec l'ÖVP, bien que ce dernier soit arrivé troisième à quelques centaines de voix aux élections législatives.
Il met en œuvre en 2007 la privatisation de la banque Hypo Group Alpe Adria.
Favorable à une lutte très ferme contre l’immigration, il fait enfermer en 2008 des demandeurs d’asile dans un centre isolé au milieu des alpages, et gardé par des milices privées, sous prétexte que certains d’entre eux étaient soupçonnés de délits mineurs.