Ce Jour-là

Jérusalem-Est

Secteur est de Jérusalem, annexé par Israël en 1967, en Cisjordanie occupée

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Jérusalem-Est (en arabe : القدس الشرقية, al-Quds ash-Sharqiya ; en hébreu : מִזְרַח יְרוּשָׁלַיִם, Mizraa Yerushalayim) est le secteur de Jérusalem situé à l'Est de la ligne verte (ligne d'armistice du 3 avril 1949), et faisant partie des territoires palestiniens occupés. Il est conquis et occupé par l'armée israélienne depuis 1967, et annexé unilatéralement par Israël. Selon la loi internationale, Jérusalem-Est est considérée comme une partie de la Cisjordanie et, par conséquent, comme un territoire occupé. La communauté internationale considère également les colonies israéliennes de peuplement à Jérusalem-Est comme illégales au regard du droit international.

Jérusalem-Est comprend la vieille ville, d'une superficie restreinte d'environ un kilomètre carré, et abritant de nombreux sites religieux importants pour les trois grandes religions abrahamiques (judaïsme, christianisme et islam), notamment le mont du Temple/esplanade des Mosquées, la mosquée Al-Aqsa, le mur des Lamentations, le dôme du Rocher, l'église du Saint-Sépulcre, etc.

En 2020, Jérusalem-Est comptait 595 000 habitants, dont 361 700 (61 %) sont des Palestiniens — plus de 98 % étant musulmans, environ 16 000 étant chrétiens — et 234 000 (39 %) sont des colons israéliens.

Dans le cadre du plan de partage de la Palestine adopté par l'assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Jérusalem est envisagée comme une ville internationale (un corpus separatum). Elle est cependant divisée par la guerre de 1948 qui suit la déclaration d'indépendance de l'État d'Israël. Après les accords d'armistice du 3 avril 1949, la moitié occidentale de la ville passe sous contrôle israélien, tandis que sa moitié orientale, contenant la célèbre vieille ville, passe sous le contrôle de la Jordanie. Puis, à compter du 7 juin 1967, au cours de la guerre des Six Jours de 1967, toute la ville est sous contrôle israélien. La partie orientale de Jérusalem, ainsi qu'une zone de 64 km2 de terres cisjordaniennes — dont 28 villages — est annexée par Israël. Celle passe alors de 6 km2 à 70 km2. Enfin, le 30 juillet 1980, par une loi fondamentale, le parlement israélien déclare « Jérusalem unifiée », capitale de l'État d'Israël.

L'occupation et l'annexion par Israël depuis le 7 juin 1967 du secteur Est de Jérusalem ont été constamment condamnées par le Conseil de sécurité des Nations unies et par la communauté internationale, à l'exception notable des États-Unis qui se sont abstenus lors du vote des résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité en 1980.

Un certain nombre d’États reconnaissent Jérusalem-Est comme capitale de l’État de Palestine, comme l'Argentine, le Brésil, la Chine, la Russie, les 57 membres de l'Organisation de la coopération islamique, tandis que d'autres États (tels que l'Australie, la France, la Finlande et d'autres) considèrent Jérusalem-Est comme la « future capitale de la Palestine » et comme un « territoire occupé ».

Les définitions palestiniennes et israéliennes de Jérusalem-Est sont différentes. Pour la partie palestinienne, l'occupation du secteur Est de Jérusalem le 7 juin 1967 est nulle et non avenue, car elle est uniquement le résultat d'un fait de guerre, gagnée par l'armée israélienne. La conquête de Jérusalem-Est n' a donc aucune valeur pour le droit international et les diverses mesures prises par la partie israélienne afin d'augmenter la surface de Jérusalem et d'annexer des villages anciennement sous compétence jordanienne autour de Jérusalem sont nulles et non avenues, de surcroît illégales, étant le fait d'une puissance occupante. Pour la partie israélienne, Jérusalem-Est n'existe plus depuis la décision du 28 juin 1967 prise par le gouvernement israélien, déclarant de façon unilatérale qu'il n'y a plus de secteur Est dans Jérusalem, que le conseil municipal de Jérusalem-Est est dissout et que la municipalité de Jérusalem-Ouest, celle dirigée par Teddy Kollek, maire de Jérusalem-Ouest depuis 1965, est désormais compétente pour l'ensemble de la ville, qui avait été partagée depuis 1948 entre Israéliens et Jordaniens, en deux secteurs : Jérusalem-Ouest avec une superficie d'environ 38 km2 et Jérusalem-Est de 6 km2.

La politique de « discriminations systématiques et le régime de ségrégation » imposée par l’État israélien aux habitants palestiniens de Jérusalem-Est constitue un « apartheid » selon la Cour internationale de justice.

Histoire récente de Jérusalem-Est

Plan de partage de la Palestine voté par l'ONU en 1947

Le plan de partage de la Palestine fut adopté par l'ONU au moyen de la résolution no 181 le 29 novembre 1947 ; 33 pays votèrent pour, 13 votèrent non, 10 recoururent à l'abstention et un autre (le Siam ou Thaïlande) n'avait pas alors de représentation présente. Selon cette résolution, la ville de Jérusalem (ainsi que Bethléem), soit 2 % de la superficie de la Palestine mandataire, devait être placée sous juridiction internationale et devenir un corpus separatum, qui ne soit géré ni par le futur État juif prévu sur 54 % du territoire, ni par le futur État arabe, devant s'étendre sur 44 % de la superficie du territoire palestinien, les deux États étant prévus par le plan onusien élaboré au vu à d'un rapport présenté par le diplomate suédois Folke Bernadotte, envoyé spécial de l'ONU, et des travaux du Comité spécial des Nations unies sur la Palestine (connu sous ses initiales en anglais : UNSCOP), qui avait été créé par l'ONU en mars 1947.

Mais, lors de la première guerre israélo-arabe en mai 1948, les belligérants ne respectent pas cette résolution. Alors que les Israéliens contrôlent la partie ouest de la ville (soit environ 36 kilomètres carrés) dès la création de l’État juif le 14 mai 1948, la partie Est, d'une superficie d'environ 6 kilomètres carrés, passe en juin 1948 sous contrôle des forces armées de la Légion arabe jordanienne. L'armée israélienne va essayer lors de l'opération Kedem (en) de conquérir la partie Est le 16 juillet 1948 mais elle échoue à le faire. Jérusalem-Est compte environ 70 000 habitants et passe sous contrôle de facto du royaume hachémite de Jordanie formé depuis mai 1946.

Guerre israélo-arabe de 1948 et division de Jérusalem

La résolution de l'ONU du 29 novembre 1947 n'est pas respectée par les protagonistes. Fin mai 1948, la Légion arabe jordanienne, commandée par le futur général Abdullah El Tell (en), conquiert la zone Est de Jérusalem et est victorieuse face aux forces armées israéliennes. A la même période, Jérusalem-Ouest est conquise par la jeune armée israélienne (Tsahal), qui a été créée par ordonnance du gouvernement provisoire israélien le 26 mai 1948 à partir de la Haganah, du Palmach et des groupes sionistes de droite Irgoun et Lehi. Côté Ouest, plus de la moitié de la population arabe palestinienne s’enfuit ou est expulsée. Côté Est, conquise par la Légion arabe, les habitants juifs - plus de 3000 personnes - sont expulsés de leurs maisons et doivent se rendre alors dans le secteur Ouest de Jérusalem, devenu secteur israélien. Leurs habitations sont soit détruites, soit pillées et près de 30 synagogues et écoles religieuses -yeshivas - sont détruites par les unités du génie de la Légion arabe jordanienne.

Après les accords d'armistice conclus à Rhodes le 3 avril 1949 entre le royaume hachémite de Jordanie et l’État juif, Israël se maintient sur tous les territoires qu'il a conquis au cours de la guerre israélo-arabe de 1948/1949. Israël gagne ainsi environ 23 % de la Palestine en plus de la superficie initiale du territoire juif prévu dans le plan de partage du 29 novembre 1947, qui devait représenter environ 55 % de l'ancienne superficie de la Palestine sous contrôle britannique. L’État juif détient ainsi, en avril 1949, 78 % de la superficie totale de la Palestine mandataire. Il est à noter que le 15 mai 1948, le dernier représentant britannique (haut commissaire en Palestine) quitte la Palestine.

Dès 1950, Israël fait de Jérusalem-Ouest sa capitale de facto en y installant ses principales institutions gouvernementales. Une déclaration unilatérale du gouvernement israélien, faite dès le 31 janvier 1950, proclame Jérusalem comme étant la capitale de l’État d'Israël, créé le 14 mai 1948 à Tel-Aviv, par le Conseil du Yishouv présidé par David Ben Gourion. Le chef du gouvernement israélien avait déjà par deux fois, le 9 et 13 décembre 1949, précisé devant la Knesset que « Jérusalem était naturellement la capitale de l’État juif » ; ces deux affirmations n'avaient été contestées par aucun député présent, de toutes tendances politiques, lors de la première législature de la Knesset, à la suite des élections législatives de janvier 1949.

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