Ce Jour-là

Jérôme Monod

Haut fonctionnaire et homme politique française

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Jérôme Monod, né le 7 septembre 1930 à Paris 7e et mort le 18 août 2016 à Lourmarin, est un haut fonctionnaire, industriel et homme politique français.

En politique, il est connu pour son rôle auprès de Jacques Chirac. Il a notamment été secrétaire général du Rassemblement pour la République (RPR) de 1976 à 1978 puis son conseiller après son émlection à la présidence de la République, à partir de 2000. Dans le monde des affaires, il a été le PDG de la Lyonnaise des eaux de 1980 à 1997.

Issu d’une grande famille protestante du pays de Gex qui, sous Louis XV, préfère l’exil à l’abjuration avant de revenir s’installer en France à la Révolution, Jérôme Monod fait partie des 1 200 descendants de Jean Monod (1765-1836) : une famille dont de nombreux membres ont acquis une certaine notoriété dans des domaines aussi divers que la médecine, les arts, l’université, la banque ou la religion.

Petit-fils de banquier et de pasteur, fils de chirurgien, Jérôme Monod est le cousin du réalisateur Jean-Luc Godard, du biologiste Jacques Monod, de la journaliste Clara Dupont-Monod et du naturaliste Théodore Monod. Il a épousé en 1964 Françoise Gallot, catholique, petite-fille d’Henri Queuille, ancien élu radical de Corrèze et plusieurs fois président du Conseil sous la IVe République. Il est le père de Fabrice Monod, journaliste et fondateur d'Initiés-tv.

Il fait ses études à l'École alsacienne, puis est admis en khâgne au lycée Henri-IV. Il poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il est diplômé en 1952 (section Service public). Il devient boursier Fullbright et part étudier un an à l'université Wesleyenne (Middletown).

De retour des États-Unis, il est admis en 1955 à l'École nationale d'administration (promotion « France-Afrique »), dont il sort en 1957 auditeur à la Cour des comptes. Il est alors « rappelé » pour être envoyé en Algérie.

En janvier 1959, à 28 ans, il entre au cabinet du Premier ministre Michel Debré. Il y reste jusqu'en avril 1962, année où il devient conseiller technique et adjoint au directeur de cabinet de Maurice Schumann, ministre chargé de l'aménagement du territoire, jusqu'à la démission de ce dernier en mai. Il rejoint alors son corps d'origine, la Cour des Comptes, pour quelques mois.

En 1963, Jérôme Monod rejoint Olivier Guichard à la délégation de l’aménagement du territoire (DATAR) créée cette même année, et lui succède comme délégué adjoint en 1966, quand ce dernier est nommé ministre. Il apprécie chez son mentor les convictions gaullistes ainsi qu’une vision du monde profondément libérale centrée sur le « facteur humain ». Il met en œuvre la stratégie de Guichard qui passe par la décentralisation industrielle en province. Il installe aussi des instruments et des infrastructures en vue de la reconversion des bassins houillers et de la création d’emplois de remplacement issus des industries nouvelles. Il négocie par ailleurs l’implantation de Ford à Bordeaux. Il devient délégué à la DATAR en 1968, où il restera jusqu'en 1975. À ce poste, il travaille notamment avec Jacques Durand, directeur des études de la DATAR.

Jérôme Monod rachète à la famille Fournier (pour le compte de l’État) l’île de Porquerolles, menacée d’urbanisation, ceci pour un montant de 30 millions de francs. Puis il fait l’acquisition (toujours pour le compte de l'État) d’une partie de l’étang de Vaccarès afin de faciliter la création du parc naturel régional de Camargue. En 1975, il préside à la création du Conservatoire du littoral installé à Rochefort.

Il est à l’initiative de la création du CIASI (Comité interministériel d’aménagement des structures industrielles) chargé, en 1975, de sauver les entreprises industrielles qui battent de l’aile ou d’organiser leur fermeture en évitant les drames régionaux sur le plan de l’emploi. La doctrine Monod énonçait que, si l'on voulait contenir les conflits locaux, il fallait que l'État ait une politique et des outils d'intervention. Aussi, lorsqu'une affaire risquait de déraper, le pouvoir politique pouvait s'en emparer et exercer sa fonction d'arbitre ou, plus souvent, d'État-providence.

Avec Michel Pébereau, il forme alors un tandem efficace et traite par exemple, en 1975, le cas des usines Garnier, fabricant de matériel agricole en Bretagne.

En tant que responsable d'entreprise, il est président du Centre français du Commerce extérieur (1980-1983).

Depuis les années 1970, Jérôme Monod est un des amis politiques les plus écoutés de Jacques Chirac (dont il est directeur de cabinet à Matignon en 1975) et l'un des artisans de la fondation du RPR ; en 1976, il devient ainsi, sur les instances de Marie-France Garaud et Pierre Juillet, le premier secrétaire général du RPR. Le parti de droite unifié remporte alors toutes les élections (cantonales, municipales, législatives…) jusqu’en 1978, date à laquelle il quitte la politique pour rejoindre, un an plus tard, le monde de l’entreprise.

Il redevient un des plus proches conseillers politiques de Jacques Chirac en 2000, pour préparer à la fois l'élection présidentielle de 2002 et la création de l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Chirac élu président de la République, Monod, conseiller du Président, dispose d'un bureau à l'Élysée, dans le salon d'Argent. Véritable « éminence grise » du président, avec Alain Juppé (qui devient président de l'UMP), il participe de près aux tractations internes à cette formation, y compris dans la préparation des élections régionales de 2004 (il aurait notamment proposé des postes sur les listes des élections européennes de 2004 aux anciens ministres comme Roselyne Bachelot, Noëlle Lenoir ou Luc Ferry).

Proche de Chirac, ses relations avec Nicolas Sarkozy ne sont notoirement pas des meilleures. Mais en janvier 2007, il annonce son soutien au candidat de l'UMP à la présidentielle.

En 2001, il est candidat à l'élection municipale de Lourmarin, où il possède le domaine viticole du château Fontvert.

Agacé par l'influence de Garaud et Juillet, Jérôme Monod s’écarte des institutions du RPR en 1978. Il rejoint le monde de l’entreprise et entre à la Lyonnaise des Eaux en octobre 1979 pour succéder à Pierre Chaussade, ancien préfet et président depuis 1970. Il en devient président-directeur général en 1980.

En juin 1985, il poursuit l'internationalisation de la Lyonnaise des Eaux avec un premier contrat de concession d'eau potable remporté à Macao. En 1987, en partenariat avec le groupe New World de Hong Kong, il signe les premiers contrats en Chine, comme celui de la construction d’usines Degrémont de traitement de l'eau potable dans le Guandong.

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