Jérôme Carcopino, né le 27 juin 1881 à Verneuil-sur-Avre (Eure) et mort le 17 mars 1970 dans le 7e arrondissement de Paris, est un historien spécialiste de la Rome antique, un haut fonctionnaire et un homme politique français.
Il est le cousin de l'écrivain Francis Carco.
Jérôme Ernest Joseph Carcopino est issu d'une famille de tradition républicaine d'origine corse.
Son grand-père, Marc Carcopino, gendarme, est élevé au grade de chevalier de la légion d'Honneur en 1865. Son père, Joseph Carcopino, né en 1854 à Zicavo (département de Corse-du-Sud) et mort en 1913 à Paris (14e arrondissement), est médecin-chef de l'hôpital de Verneuil-sur-Avre. Il épouse, en premières noces, en 1880 à Verneuil-sur-Avre, Françoise Alphonsine Dumond, fille de propriétaires terriens, qui meurt de fièvre typhoïde en 1882. C'est la deuxième épouse de Joseph Carcopino, Amelina Combel, qui va éduquer le jeune Jérôme. Elle est issue d'une famille de la petite bourgeoisie paysanne normande.
Jérôme Carcopino est baptisé à sa naissance mais est plutôt libre penseur, son retour au catholicisme s'affirmant en 1938. Lui-même aura six enfants et une de ses filles épousera le fils d'un pédagogue réputé, Georges Bertier. Deux de ses fils meurent de la tuberculose.
Il fait ses études secondaires d'abord au collège Sainte-Barbe, où il est pensionnaire à partir de 1892, puis au lycée Henri-IV, qu'il intègre en classe de quatrième. Entré à l'École normale supérieure en 1901, il est reçu premier à l'agrégation d'histoire et géographie en 1904.
Membre de l'École française de Rome de 1904 à 1907, où il poursuit ses études en compagnie de Louis Halphen, Lucien Romier et Louis Hautecœur, il y séjourne quelque temps et se lie d'amitié avec Albert Grenier. Il y acquiert un début de renommée internationale par sa polémique avec Michel Rostovtzeff et surtout au sujet de l’inscription d'Ai'n-el-Djemala.
Il est ensuite nommé professeur d'histoire au lycée du Havre, où il enseigne de 1907 à 1911.
Après avoir été pendant un an secrétaire de Raymond Poincaré, il est chargé de cours en 1912 à la faculté d'Alger. L'année suivante, il obtient le statut d'inspecteur adjoint et devient directeur du musée national des antiquités algériennes.
Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme lieutenant de zouaves dans l’armée d'Orient et obtient deux citations et la Légion d'honneur à titre militaire. À son retour de cette guerre, il devient pacifiste, conservateur et traditionaliste.
En 1918, il soutient ses deux thèses (notamment une traitant des origines d'Ostie selon l'œuvre de Virgile) et est élu maître de conférences d'histoire romaine en 1920, professeur sans chaire en 1925 et professeur d'histoire romaine en 1930 à la Sorbonne, à la suite de son maître Gustave Bloch. À la mort de Mgr Louis Duchesne, il est nommé directeur par intérim de l'école française de Rome pour l'année scolaire 1922-1923, le temps de désigner un directeur titulaire. Cet intermède lui permet de moderniser profondément cette école et également de relancer sa carrière. En 1931, il est président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure.
En 1937, il est nommé directeur de l'École française de Rome pour six ans mais doit regagner la France après la déclaration de guerre de l'Italie.
Directeur de l’École normale supérieure et recteur de l'académie de Paris
Le 26 juillet 1940, Jérôme Carcopino est nommé, sur proposition d’Émile Mireaux, secrétaire d’État à l'Instruction publique, directeur de l’École normale supérieure. Le 13 novembre, il est nommé recteur de l'académie de Paris en remplacement de Gustave Roussy, révoqué à l'issue des manifestations étudiantes du 11 novembre 1940.
Le 19 novembre, alors que le premier statut des Juifs a été promulgué un mois auparavant, Jérôme Carcopino exclut Jean Wahl, enseignant de philosophie à l’École normale supérieure. L'historien Robert Paxton, spécialiste de l'Occupation et du régime de Vichy, insiste sur le zèle du monde universitaire « à faire appliquer le statut des Juifs sans grande pression de la part du gouvernement ».
Le 25 février 1941, Jérôme Carcopino est nommé, sous le gouvernement Darlan, ministre-secrétaire d'État à l'Instruction publique.
Durant ses fonctions, il marque une inflexion de la politique amorcée par son prédécesseur Jacques Chevalier qui revenait sur des aspects de la laïcité. Il met fin à l'enseignement des « devoirs envers Dieu » qui devient l'enseignement des « grandes valeurs spirituelles chrétiennes ».
Durant ses fonctions, il poursuit la politique antisémite mise en place par le régime de Vichy. Le 21 juin 1941, il décrète un numerus clausus contre les étudiants juifs dans les universités, qui ne peuvent excéder 3 % des effectifs. Le 11 juillet, les élèves juifs ne peuvent plus être admis à l’École normale supérieure.