Jérémy Stravius, né le 14 juillet 1988 à Abbeville, est un nageur français spécialiste des épreuves de dos, de nage libre et de papillon, notamment médaillé d'or aux Championnats du monde et médaillé d'or puis d'argent, en relais, aux Jeux olympiques.
Nageur polyvalent, capable de remporter des médailles nationales dans ces trois styles de nage, il décroche son premier titre de champion de France en 2009 avant de devenir champion d'Europe en petit bassin au sein du relais 4 × 50 m nage libre en fin d'année. En 2010, il remporte la médaille d'argent du 100 m dos aux Championnats d'Europe à Budapest. L'année suivante, à Shanghai, il devient le premier champion du monde de l'histoire de la natation française du 100 mètres dos, en partageant sa médaille d'or avec Camille Lacourt. En 2012, il est champion olympique du relais 4 × 100 mètres nage libre puis champion du monde dans la même discipline en juillet 2013. Il est également en 2013 champion du monde du relais 4 × 100 mètres 4 nages où il réalise le relais en papillon. En 2016, il est médaillé d’argent du relais 4 × 100 mètres nage libre des Jeux olympiques de Rio (en). Le mercredi 29 janvier 2020, il met un terme à sa carrière.
Jérémy Stravius, après avoir passé une partie de son enfance à Saint-Valery-sur-Somme, apprend à nager dans le petit bassin d'un club de plage au Touquet-Paris-Plage, ensuite il est placé dans une famille d'accueil à Saint-Blimont proche de Friville-Escarbotin. Il a obtenu son baccalauréat scientifique en 2007 à l'issue de sa scolarité au lycée du Vimeu, à Friville-Escarbotin. C'est dans cette même ville, au sein du CN Albatros Friville, qu'il débute la natation à l'âge de sept ans. Double champion de France cadets des 50 et 100 m dos en 2005, titres convertis au niveau juniors l'année suivante avant un triplé 50-100-200 m dos en 2008 lors de sa dernière saison dans la catégorie, il rejoint le « pôle espoirs » d'Amiens et entame une collaboration avec l'entraîneur Michel Chrétien dès 2007. Après plusieurs places de finaliste lors des Championnats de France élite dès 2005 en petit bassin et plus tard à la fois en nage libre sur 200 m et en dos, il se révèle en 2009, une année marquée par l'apogée de la polémique sur l'utilisation de combinaisons plus ou moins constituées de polyuréthane, un matériau plastique flottant.
Ainsi, lors des Championnats de France 2009 organisés à Montpellier et sélectifs pour les Championnats du monde prévus durant l'été, il se distingue en décrochant le titre de champion de France du 100 m dos, record de France à la clé. Vainqueur de la finale en 53 s 16, il enlève le titre devant Benjamin Stasiulis, lui subtilisant le meilleur temps national de l'histoire établi lors des demi-finales en 53 s 58. Il valide surtout sa qualification pour les mondiaux dans cette épreuve et, suite logique, sa place au sein du collectif de l'ambitieux relais tricolore 4 × 100 m 4 nages. Bien qu'il batte également celui du 50 mètres en séries, il ne peut rivaliser avec Camille Lacourt qui reprend son bien en finale, Stravius se classant troisième. Enfin, sur 200 m dos, il finit dauphin de Stasiulis en descendant pour la première fois de sa carrière sous les deux minutes, en 1 min 59 s 12.
Avant le rendez-vous planétaire, il remporte deux médailles — une en bronze sur 50 m dos et une en argent avec le relais 4 × 200 m nage libre — à l'occasion des Jeux méditerranéens organisés à Pescara. Toujours en Italie, mais lors des mondiaux cette fois, il parvient à passer le cap des séries éliminatoires mais est éliminé en demi-finale du 100 m avec le douzième temps global. Par ailleurs titularisé au sein du relais 4 × 100 m 4 nages français, aux côtés de Hugues Duboscq, Clément Lefert et Alain Bernard, il termine cinquième de la finale à un peu plus d'une seconde du podium occupé dans l'ordre par les États-Unis, l'Allemagne et l'Australie. Il réalise à cette occasion le moins bon parcours de dos des huit dossistes chargés de lancer leur relais. En fin d'année, après avoir obtenu quatre médailles de bronze aux Championnats de France en petit bassin, notamment sur 50 et 200 m nage libre, il est sacré champion d'Europe du relais 4 × 50 m nage libre lors des Championnats d'Europe organisés à Istanbul. Intégré au relais avec Amaury Leveaux, David Maître et Frédérick Bousquet, il remporte sa première récompense dans un grand championnat international et confirme ses dispositions en nage libre.
En rupture avec les deux années précédentes, 2010 signe la fin des combinaisons et le retour aux maillots de bains et autres bermudas en tissu. Triple médaillé mais pas titré lors des Championnats de France disputés à Saint-Raphaël, il est sélectionné pour disputer les 50 et 100 m dos aux Championnats d'Europe se tenant à Budapest début août, ainsi que le relais 4 × 200 m nage libre. Disposant de la troisième meilleure performance continentale de l'année sur 100 m derrière le Britannique Liam Tancock et son compatriote Camille Lacourt, il enlève la médaille d'argent derrière l'autre Français, auteur du deuxième meilleur temps de l'histoire, et devant Tancock. Après une cinquième place en finale du 50 m dos, il participe au relais 4 × 200 m nage libre aux côtés de ses compatriotes Yannick Agnel, Clément Lefert, futurs champions olympiques du relais 4×100 m nl à Londres et Antton Haramboure. Dernier relayeur, lancé en quatrième position à une seconde et 90 centièmes de seconde du podium, il réalise le meilleur parcours lancé de tous les finalistes en 1 min 45 s 44 et dépasse son concurrent britannique pour finir troisième et remporter une deuxième médaille à titre personnel.
2011 : champion du monde ex-aequo
En 2011, à Shanghai, il devient le premier champion du monde de l'histoire de la natation française du 100 mètres dos, en partageant sa médaille d'or avec Camille Lacourt, auteur d'un temps identique de 52 s 76. Il obtient également une médaille d'argent avec le relais 4 × 100 m composé de Fabien Gilot, Alain Bernard et William Meynard qui terminera en 3 min 11 s 14, devancé par le relais australien emmené par le champion du monde du 100 m nage libre James Magnussen. Il glane une seconde médaille d'argent avec le relais 4 × 200 m nage libre composé de Yannick Agnel, Grégory Mallet et Fabien Gilot, devancé en finale par le relais américain emmené par Ryan Lochte et Michael Phelps. Lors des Championnats de France en petit bassin, il remporte trois titres et il améliore le record de France de 200 m 4 nages.
Au mois de mars, les Championnats de France sont qualificatifs pour les Jeux olympiques de Londres. Troisième du 100 mètres dos derrière Camille Lacourt et Benjamin Stasiulis, le Picard ne se qualifie pas pour les Jeux olympiques sur cette épreuve, seuls les deux premiers étant retenus. Stravius n'est finalement retenu que pour le relais 4 × 200 mètres nage libre. Deux mois après les Championnats de France, Stravius est présent aux Championnats d'Europe. Victorieux avec Amaury Leveaux, Alain Bernard et Frédérick Bousquet du relais 4 × 100 mètres nage libre, Stravius est septième du 100 mètres dos.
Présent aux Jeux olympiques sur les relais 4 × 100 mètres et 4 × 200 mètres nage libre, Jérémy Stravius ne dispute dans les deux cas que les séries. Stravius est cependant médaillé d'or au même titre que ses coéquipiers Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel sur le 4 × 100 mètres puis médaillé d'argent sur le 4 × 200 mètres dans une finale disputée pour la France par Amaury Leveaux, Grégory Mallet, Clément Lefert et Yannick Agnel.
En novembre, Stravius remporte 6 médailles (5 en or et 1 en argent) lors des Championnats d'Europe en petit bassin disputés à Chartres où il en ressort comme l'athlète le plus titré. À cette occasion, il est l'une des confirmations de ces championnats contribuant au record de podiums (29) de l'équipe de France. Il impressionne en particulier sur 100 m dos où il s'impose en 49 s 70, soit 10 centièmes de mieux que le record de France de Camille Lacourt. Il devance son compatriote et ancien partenaire d'entraînement Benjamin Stasiulis, 2e en 50 s 31, record personnel.