Ce Jour-là

János Kádár

Personnalité politique hongroise

Anúncio

János Kádár /ˈjaːnoʃ ˈkaːdaːr/, (né Giovanni Czermanik, puis appelé János Csermanek) est un homme d'État hongrois né à Fiume (aujourd'hui Rijeka) le 26 mai 1912 et mort à Budapest le 6 juillet 1989. Il est de 1956 à 1988 le principal dirigeant de la république populaire de Hongrie.

Ouvrier métallurgiste, il rejoint au début des années 1930 le Parti communiste bulgare clandestin. Il est à diverses reprises incarcéré par la police du régime Horthy, puis appartient à la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté par la Gestapo en 1944, il réussit à s'échapper. Il occupe diverses fonctions au sein du nouveau régime communiste jusqu'à son arrestation en 1951, pendant la vague de purges staliniennes qui frappe toute l'Europe de l'Est. Il est libéré en 1954 et nommé, en octobre 1956, premier secrétaire du parti, tandis que le réformiste Imre Nagy prend la direction du gouvernement. Après l'intervention soviétique de 1956, qu'il soutient, il est placé à la tête du gouvernement.

János Kádár encourage une certaine libéralisation du modèle communiste hongrois : amnistie pour les condamnés de l’insurrection de 1956, assouplissement de la censure, autorisation des voyages à l’étranger et légalisation des relations homosexuelles. Il engage ensuite, en 1968, une réforme du système économique. Le régime qui en résulte est parfois appelé, de manière ironique, « socialisme du goulash », et la Hongrie est surnommée « la baraque la plus gaie » du bloc socialiste.

Enfant naturel né en 1912, il est placé par sa mère, une domestique qui n'est pas en mesure de s'occuper de lui, dans une famille paysanne de Kapoly. Elle le récupère en 1918 et s’installe à Budapest.

À l’issue de ses études primaires, Kádár entre en apprentissage dans une école technique dont il sort en 1929 comme réparateur de machines à écrire. La crise économique lui coûte rapidement son emploi et ses conditions d’existence, de même que celles de sa mère, sont précaires.

Il s’inscrit au mouvement de jeunesse du syndicat des travailleurs de l’acier dès l’âge de 17 ans et participe dans ce contexte à la grande manifestation du 1er septembre 1930.

Il adhère au mouvement communiste clandestin en 1931, ce qui lui vaut de subir des poursuites et des arrestations. Emprisonné jusqu'en 1937, il rencontre en prison le futur dirigeant de la Hongrie communiste, Mátyás Rákosi.

Il choisit à sa libération d’entrer au Parti social-démocrate, seul parti de gauche autorisé sous le régime de l’amiral Horthy.

Il retourne au Parti des communistes de Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale et doit de nouveau entrer dans la clandestinité pour échapper à la répression. Il monte dans la hiérarchie du parti et fait preuve d’un talent certain d’organisateur.

En 1943, il est membre du Comité central qui rédige le programme du parti qui s’intitule désormais le parti de la paix. Il défend une stratégie de front populaire et soutient que la paix doit être l’objectif du parti, sans que l’on se soucie de la provenance idéologique de ceux qui le rejoignent.

La Gestapo l'arrête en 1944, mais il réussit à s'échapper.

Un instrument de la répression soviétique

En 1945, Kádár est un des espoirs du parti hongrois et occupe des postes de haute responsabilité : membre du bureau politique, secrétaire général adjoint, ministre de l’Intérieur, chef de la police secrète AVH (1948-1951).

La rupture entre Tito et Staline conduit à une vague de purges au sein des régimes staliniens à l’encontre des communistes « déviants ». Son camarade et ami, László Rajk, qui l'avait précédé au ministère de l'Intérieur, en est l'une des plus notables victimes. Actif durant la politique de répression, il aurait assisté personnellement à certains interrogatoires. Victime d’une purge, suspecté de titisme, il est lui-même emprisonné à cause de sa participation au comité central de 1943 et de sa décision de dissolution (1951-1953).

Libéré en 1954 par Imre Nagy, Premier ministre d’un courant réformateur, il est nommé, le 25 octobre 1956, premier secrétaire du parti et dénonce les fautes commises dans le passé. Pendant l’insurrection de Budapest d'octobre 1956, Kádár est d’abord favorable aux insurgés. Dans un célèbre discours à la radio, il fait l'éloge des événements, qualifiés de « soulèvement glorieux de notre peuple contre le régime de Rákosi ». Cependant, le pouvoir est dépassé par les événements. Tandis que Nagy prend le parti des insurgés, Kádár s'effraie de l'ampleur de la révolte. Il annonce début novembre avoir constitué un « gouvernement ouvrier et paysan » qui sollicite l'aide de l'armée soviétique pour rétablir l'ordre, ce dont il se justifiera bien plus tard en disant avoir voulu éviter la guerre civile. Le slogan qu'il utilise est « Qui n'est pas contre nous est avec nous ». L'ambassadeur soviétique à Budapest, Iouri Andropov, téléguide l'opération. La répression fait environ 2 500 morts. Imre Nagy et son ministre de la Défense, Pál Maléter, seront exécutés.

Il dirige de 1956 à 1988 le parti, reconstitué sous le nom de Parti socialiste ouvrier hongrois (premier secrétaire et membre du praesidium de 1956 à 1985, secrétaire général en 1985). Il renonce en 1958 à la direction du gouvernement mais retrouve cette fonction dès 1961. S'il ne remet pas en cause la dictature du parti unique et le suivi de la politique étrangère soviétique (il participe à l'occupation de la Tchécoslovaquie en 1968), il s'emploie à libéraliser le pays dans la limite du régime socialiste : ainsi, il promulgue en 1962 une amnistie pour les condamnés de l'insurrection de 1956, atténue la répression anti-religieuse, diminue la censure et tolère une dissidence politique.

La Hongrie ne suit pas Moscou dans tous les domaines comme le montre sa volonté à l'adhésion au Fonds monétaire international et la prise de contact avec la République fédérale d'Allemagne en 1967. Les passeports sont délivrés avec beaucoup de liberté et l’homosexualité dépénalisée en 1961. D'anciens dissidents reviennent en Hongrie et reçoivent des responsabilités importantes : le gouverneur de la banque centrale, nommé à la fin des années 1970, avait passé 15 ans en Australie. Kádár refuse d'appliquer une politique antisémite comme dans d'autres pays de l'est, malgré l'antisémitisme de la société révélé par le « procès Rajk » tenu par son prédécesseur Mátyás Rákosi quelques années auparavant. La Hongrie devient même un laboratoire pour Moscou, qui souhaite voit jusqu'où la libéralisation est possible sans menacer la stabilité du régime.

En 1968, il introduit certains mécanismes du marché dans l'économie et au début des années 1980, il laisse se développer des activités économiques privées. En 1986, le Primat de Hongrie, le cardinal Lekai, est même sollicité pour devenir député, poste qu'il refusera à la suite d'un veto formel de Jean-Paul II. Pour désigner cette période de leur histoire où ils jouissaient d'une toute relative liberté, les Hongrois parlaient alors de leur pays comme de « la baraque la plus gaie du camp socialiste ». Cet allègement de la collectivisation a pour conséquence une augmentation du niveau de vie, au prix néanmoins d'un fort endettement public et d'une balance commerciale déficitaire.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
János Kádár | World in Stories